Saint-Denis, la Saint Matthieu de Bach en clôture du festival

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Saint-Denis. Basilique. 5-VII-2011. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Passion selon saint Matthieu BWV 244. Lucy Crowe, soprano ; Christine Rice, mezzo-soprano ; Werner Güra, Nicolas Phan, ténors ; Stephen Morscheck, Matthew Brook, Bertrand Grunenwald, basses ; Maîtrise de Paris (chef de chœur : Patrick Marco) ; Schola Cantorum Oxford (chef de chœur : James Burton) ; Ensemble Orchestral de Paris, direction : John Nelson

Du temps où il était directeur musical de l’ (1998-2008), a fréquemment dirigé les grandes fresques sacrées du répertoire (oratorios, messes…), notamment à Notre-Dame de Paris. En clôture de l’édition 2011 du Festival de Saint-Denis, le chef américain, à présent directeur musical honoraire, retrouvait ses musiciens dans la Passion selon saint Matthieu de Bach, avec un chœur de chambre universitaire anglais (une quarantaine de choristes répartis entre le chœur 1 et le chœur 2) rejoint par la , et un plateau de solistes dominé par l’Evangéliste de . Ils ne sont pourtant plus légions (M. Corboz, H. Rilling, K. Masur, R. Chailly…) à oser donner comme lui ce répertoire sur instruments modernes, avec un effectif vocal assez important mais l’œuvre de Bach se prête à toutes sortes d’approches et n’est heureusement pas l’apanage des seuls « baroqueux ».

La battue de est élégante, les tempos plutôt allants, mais la direction pourrait être plus nerveuse, contrastée, théâtrale. Dans les tutti comme le grand chœur d’ouverture par exemple, la ligne de basse qui soutient l’ensemble est bien discrète. L’orchestre n’est par ailleurs pas dans une forme éblouissante. On peut remarquer par contre de beaux solos de flûtes, hautbois, basson, violons, viole de gambe (… l’alibi baroque) dans les arias.

Cette passion bénéficie néanmoins d’un Evangéliste de tout premier plan en la personne de (beauté du timbre, expressivité…) et la basse Stephen Morscheck campe un Jésus probant. Les solistes interprétant les ariosos et arias ne bouleversent pas vocalement, mais font preuve d’investissement dans ce qu’ils chantent. On distingue en particulier la solide voix de la mezzo-soprano , touchante surtout dans ses arias de la deuxième partie. Une ferveur évidente se dégage de la prestation des chœurs, au sein desquels ressortent surtout les voix de femmes, même s’ils n’ont pas l’homogénéité, le mordant, l’éloquence d’ensembles plus expérimentés. La prononciation de la langue de Goethe est en outre difficilement compréhensible (les consonnes !).

Ce concert était filmé et doit faire l’objet d’une publication en DVD.

 

Crédit photographique : Werner Güra © Monika Rittershaus

 

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