Armida au Met, un show à l’américaine

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Gioachino Rossini (1792-1868) : Armida. Mise en scène : Mary Zimmerman. Décors, costumes : Richard Hudson. Chorégraphie : Graciela Daniele. Lumières : Brian MacDevitt. Renée Fleming, Armida ; Lawrence Brownlee, Rinaldo ; John Osborn, Goffredo ; Yeghishee Manucharyan, Eustazio ; Peter Volpe, Idraote ; Barry Banks, Carlo, Gernando ; Kobie van Rensburg, Ubaldo ; Keith Miller, Astarotte. Orchestre du Metropolitan Opera de New York, Chorus and Ballet (chef de choeur : Donald Palumbo) direction : Riccardo Frizza. Réalisation : Gary Halorson. 2 DVD Decca. Référence et code barre : 4400743416. Enregistré en mai 2010 au Metropolitan Opera. Format image : NTSC 16/9. Format son LPCM Stereo / DTS 5.1 surround. Notice en anglais, français, allemand. Sous titrage en anglais, français, allemand, espagnol, chinois. Zone 0. Bonus : backstage at the Met with Deborah Voigt. Durée 171’

 

On se souvient, en 1993, d’une discussion sur les marches du Teatro Rossini de Pesaro, avec des festivaliers qui se demandaient ce que valait cette inconnue distribuée dans l’un des rôles rossiniensles plus exigeants. On se rappelle les avoir rassurés sur les qualités vocales de la dame, entendue l’année précédente à Covent Garden, en marquise de Folleville d’Il Viaggio a Reims. Dix-sept ans après, cette débutante est devenue une star mondiale, et se confronte à son propre souvenir. Le Met a décidé de créer un événement du retour de à l’Armida de Rossini et de la création de l’œuvre in loco, et a mis pour cela les petits plats dans les grands, au point de distribuer deux basses et six ténors différents, là où même à l’époque de la création, les chanteurs tenaient plusieurs rôles ! On trouve également sur le site de l’auguste maison, des produits dérivés proposés à la vente, photos de la cantatrice entourée d’éclairs ou sacs à main de la magicienne, plutôt attendrissants.

Etait-il cependant indispensable de réaliser une mise en scène encore plus hideuse que prétentieuse ? Les costumes sont laids, les décors criards, et les ballets grotesques. Quant aux monstres qui peuplent les enfers, ils sont tout simplement consternants. Une ballerine omniprésente,grassouillette et courte sur pattes, figure l’amour, tandis qu’un danseur coiffé d’une queue de scorpion représente la vengeance. On a très vite envie de leur tordre le cou à tous les deux.

La luxueuse distribution n’est hélas pas tout à fait à même de compenser ces avanies visuelles. est toujours aussi belle, et sa voix toujours aussi crémeuse, mais le style n’y est pas. La mollesse de sa diction et le legato de ses vocalises sont ceux d’un personnage romantique, pas d’une héroïne encore rattachée à l’univers baroque. Les sentiments sont susurrés avec tendresse, on ne retrouve à aucuns moments les élans d’érotisme et de fureur de la magicienne inspirée du Tasse.

Impeccable, Lawrence Brownlee, vocalisation exemplaire, aigus brillants, semble lui aussi rester extérieur à son rôle. Il n’est aidé ni par sa partenaire, ni par la direction clinquante de . Bref, on s’ennuie ferme !

Les autres protagonistes, tous dotés d’airs ou de duos d’une extrême difficulté, ont bien tiré les leçons de la renaissance rossinienne, et sont stylistiquement irréprochables, avec un gros coup de cœur pour .

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