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Munich. Prinzregententheater. 20-VII-2011. Franz Schubert (1797-1828) : 10 Lieder sur des poèmes de Goethe. Carl Loewe (1796-1869) : 11 Lieder et Ballades. Michael Volle, baryton ; Helmut Deutsch, piano.

Le Lied sourit aux barytons. Thomas Quasthoff, Christian Gerhaher, Mathias Goerne, Simon Keenlyside ne sont que quelques-uns des artistes qui incarnent la bonne santé de ce genre discret : en fait aussi certainement partie, surtout quand il est accompagné par un spécialiste aussi incontestable que . Ce dernier, après plus de quatre décennies de carrière, est ici un atout de taille : il ne s’agit pas seulement d’une longue familiarité avec le répertoire ou d’une capacité à trouver la poésie juste de chaque mélodie, mais de se mettre au service d’un chanteur particulier. Accompagner nécessite de sortir des sentiers battus : pas de poésie du coin du feu, guère d’élégie, mais une puissance dramatique (et sonore) qui rend indispensable un accompagnement dense, aux contours marqués et à la polyphonie charpentée. Volle est chanteur d’opéra (et même membre de la troupe de l’Opéra de Munich) : le Prométhée de Schubert et Goethe qui ouvre le récital est ainsi torturé comme jamais, la fierté du concurrent du Dieu suprême est constamment minée par la douleur qui la sous-tend. Cette conception surpuissante du Lied, appuyée sur un choix pertinent dans l’œuvre de Schubert, mérite certainement d’être défendue, et Michael Volle, avec sa voix d’airain et son tempérament entier, en est un avocat aussi convaincant qu’il est possible.

On aimerait avoir été aussi convaincu par la seconde partie du concert. Michael Volle n’est pas le premier à vouloir défendre , quasi-contemporain de Schubert mais constamment dans l’ombre de celui-ci comme de Schumann. Il n’est sans aucun doute pas inintéressant de découvrir ce qui faisait les délices de la bourgeoisie cultivée du XIXe siècle, mais on se lasse vite de la monotonie de cet art où l’exacte correspondance entre le texte et la musique est la vertu première. Et ce d’autant plus que Loewe ne choisit pas toujours ses textes chez Goethe ou Heine : ce n’est pas nécessairement un compliment que de dire que Loewe a trouvé le ton juste pour mettre en musique Le comte Eberstein, où se trouvent réunies trois grandes passions de son temps, la grivoiserie, la chose militaire et l’imagerie moyenâgeuse. Et l’intensité qu’y met Michael Volle ne fait par contraste qu’en souligner la trivialité.

Crédit photographique : IMG artists

 

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Munich. Prinzregententheater. 20-VII-2011. Franz Schubert (1797-1828) : 10 Lieder sur des poèmes de Goethe. Carl Loewe (1796-1869) : 11 Lieder et Ballades. Michael Volle, baryton ; Helmut Deutsch, piano.

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