Festival des Arcs, cru 2011 sous le signe de la Russie

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Bilan du 38e Festival des Arcs, consacré cette année à la musique russe, du 17 juillet au 5 août 2011.

Après des hommages appuyés à Luciano Berio & Johannes Brahms, aux femmes compositeurs ou aux musiques françaises ou scandinaves, le Festival des Arcs se consacrait cette année au répertoire russe, alternant classiques et raretés, romantisme et contemporain.

C’est par un des plus radicaux compositeurs russes actuels, , que s’ouvrait cette 38e édition, avec la mise en musique du film muet Aelita de Yakov Protazanov. Une écriture à l’extrême du sonore, qui met cette histoire de science-fiction face à son statut de film de propagande (un ingénieur soviétique, dont on a du mal à discerner ses rêves de la réalité, met au point en secret un vaisseau spatial pour rejoindre sa bien-aimée lointaine, Aelita, qui vit sur une autre planète ; il convainc Aelita et ses compagnons du bienfait du socialisme, mais les choses tournent mal. Dépité, il retourne en Union Soviétique pour se mettre au service exclusif de sa patrie) défendue avec conviction par l’ et .

Sur la quarantaine de concerts étalés du 17 juillet au 5 août, les « découvertes » russes n’ont pas manqué : les Novelettes pour quatuor à cordes de Glazounov, cinq miniatures interprétées par le , le vaste Sextuor de Liapounov, partition de près d’une heure au souffle épique, le très original Quintette de Kapustin, sorte de  Piazzolla des bords de la Volga, l’Octuor pour cordes du jeune Chostakovitch, le très curieux – et très beau – Quatuor à deux violoncelles d’Arenski, écrit en hommage à Tchaïkovski ou encore la Sonate pour alto et piano de Glinka, qui a bénéficié du jeu très engagé de Frédéric Kirch (alto) et Frédéric Lagarde (piano).

Sur la pléthore des concerts et œuvres jouées en trois semaines, certaines soirées furent particulièrement remarquables, de véritables temps forts qui vinrent rythmer l’ensemble du festival. Outre le « prélude » Kourliandski, notons la soirée « Chaconne de Bach », successivement interprétée au violon () et au piano ( dans la version Brahms pour main gauche et dans la version Busoni) avec entre deux interprétations le visionnage d’une version chorégraphiée par . La venue de fut aussi l’occasion d’un concert d’exception, dans lequel il interpréta la Sonate pour violoncelle de Debussy (avec François Salque) et le Trio n°1 de Brahms (avec et ). Signalons aussi les deux soirées consacrées à Schubert, qui nous ont permis de découvrir une jeune soprano espagnole à qui une grande carrière se profile, , interprète successive d’une série de lieder dans leur version originale et dans la transcription pour cordes et accordéon de Bernard Cavanna. On retrouvait cette même soprano en excellente diseuse du Pierrot Lunaire d’Arnold Schoenberg le lendemain. Parmi les interprétations marquantes de ce festival, n’oublions pas le Quatuor avec piano n°1 de Fauré (Ayako Tanaka, Lise Berthaud, François Salque, Hortense Cartier-Bresson), une soirée Debussy / Ravel (, François Payet-Labonne, , ), la venue du et le Concert de Chausson avec en soliste.

Enfin le Festival des Arcs, c’est aussi la mise en avant de jeunes talents, le talentueux clarinettiste cette année, intégré à l’ensemble Calliopée (dirigé par ) dans l’Ouverture sur des thèmes juifs de Prokofiev, des extraits du Quintette avec clarinette de Mozart ou la transcription par Schoenberg de la Kaiserwalzer de Strauss fils. La transcription, thème central du prochain Festival des Arcs.

 

Crédit photographique : © DR

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