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Zanaïda : résurrection d’un opéra

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Cité de la Musique. 15-IX-2011. Johann Christian Bach (1735-1782) : Zanaïda Opéra en trois actes sur un livret de Giovan Gualberto Bottarelli. Version de concert. Sara Hershkowitz, Zanaïda ; Vivica Genaux, Tamasse ; Sharon Rostorf-Zamir, Roselane ; Pierrick Boisseau, Mustafa ; Vannina Santoni, Osira ; Daphné Touchais, Cisseo ; Julie Fioretti, Silvera ; Alice Gregorio, Aglatida ; Jeffrey Thomson, Gianguir ; Opera Fuoco, direction : David Stern.

Jusqu’à une période récente, le nom de était essentiellement associé à de la musique instrumentale. On commence néanmoins ces dernières années à s’intéresser au versant lyrique de ce compositeur, dernier fils de Johann Sebastian et Anna Magdalena Bach. En 2005, Christophe Rousset exhume l’opéra Temistocle et Philippe Jaroussky ressuscite au disque en 2009 quelques arias de castrat (La doce fiamma). La saison 2011/2012 voit quant à elle la renaissance à quelques mois d’écart de Zanaïda qui nous intéresse ici et d’Amadis de Gaule (Jérémie Rhorer).

suit un parcours assez similaire à Haendel, d’Allemagne en Angleterre après être passé par l’Italie où il se convertit à la religion catholique. Surnommé le « Bach de Londres », il voit là-bas la création successive au King’s Theater d’Orione en février 1763 et de Zanaïda en mai 1763. L’œuvre reste peu à l’affiche, et le manuscrit disparaît jusqu’à ce qu’il soit redécouvert en 2010 dans la bibliothèque d’un collectionneur privé (Elias N. Kulukundis), soit près de deux cent cinquante ans après la création. Remonté en juin 2011 par dans le cadre du Festival Bach de Leipzig, en version scénique, l’opéra était redonné avec une distribution sensiblement différente, en version de concert, à la Cité de la Musique, la production étant par ailleurs amenée à être reprise.

Écrit sur un livret de Giovan Gualberto Bottarelli d’après Siface de Métastase, cet opera seria relate des rivalités politiques et amoureuses entre la Perse et la Turquie. Pour sceller la paix entre les deux, l’union du souverain Tamasse (chanté par ) et de Zanaïda, fille de Soliman, est programmée. Or Tamasse lui préfère Osira, la fille de Mustafa. Craignant les représailles de l’empereur turc, il retient prisonnier Zanaïda, l’accusant d’un amour illicite. Elle échappe cependant à l’exécution, pardonne Tamasse, qui finit par l’épouser.

Johann Christian Bach (né trois ans après Joseph Haydn) se rattache au style galant propre à certains compositeurs de l’époque classique, une écriture qui annonce Mozart. La musique de Zanaïda n’est pas dénuée d’intérêt, notamment dans l’utilisation des vents dans l’orchestre, et particulièrement la clarinette, mais les airs, souvent virtuoses, ne suscitent pas un engouement démesuré, excepté éventuellement ceux qui, lors de la création, étaient destinés au rôle-titre (la célèbre soprano Anna Lucia de Amicis). Pour que la sauce prenne vraiment, il faut des interprètes qui transcendent l’œuvre. Ici, malgré l’énergie déployée par le chef , la qualité des musiciens d’, tout comme le bon niveau global du plateau de solistes, au sein duquel se détache (dans le rôle de Zanaïda), on a du mal à être passionné. Il est même permis de se demander s’il était absolument indispensable de recréer cette œuvre qui une fois reprise, enregistrée, retombera probablement dans les oubliettes de l’histoire.

Crédit photographique : David Stern © Sergei Bermeniev

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