Marek Janowski, franco-suisse

À emporter, CD, Musique symphonique

Vincent d’Indy (1851-1931) : Symphonie cévenole pour piano et orchestre op. 25 ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Symphonie n°2 en la mineur op. 55 ; Ernest Chausson (1855-1899) : Soir de fête op. 32. Martin Helmchen, piano. Orchestre de la Suisse Romande, direction : Marek Janowski. 1 CD Pentatone classics. Enregistré au Victoria Hall de Genève en juillet 2010. Code barre : 8 27949 03576 0. Livret trilingue (anglais, allemand, français). Durée totale : 62’36 ».

 

Il est toujours bienvenu de jouer des oeuvres délaissées depuis les lustres. Pratiquée régulièrement jusqu’aux années 1960, la Symphonie cévenole de est devenue une grande rareté ! Cette nouvelle interprétation  en  est une réussite parfaite, et ce n’est que justice pour cette oeuvre inspirée. Deux caractéristiques retiennent notre attention en particulier. Tout d’abord le rôle de piano, tantôt partie intégrante de l’orchestre et tantôt concertant, dont tient la partie sans ciller et avec une grande intelligence des plans sonores. Ensuite la place de la fameuse mélodie cévenole, dont les multiples transformations irriguent et motivent le discours, d’une visibilité particulièrement claire ici, comme il se doit. On ne boude pas son plaisir à redécouvrir l’oeuvre donc, et une fois redécouverte à la réécouter pour s’imprégner de ses richesses.

Autre surprise de cet enregistrement, la Symphonie n°2 de Saint-Saëns, oeuvre curieuse, en quatre mouvements comme il se doit, mais de peu d’ampleurs : le premier mouvement passionné n’a pas de développement, le mouvement lent est un intermezzo proche par sa simplicité de certains andante de Haydn, le scherzo file et le finale est une sorte de saltarelle dont on nous dit qu’elle se souvient de Mendelssohn mais qui n’évite pas certaines lourdeurs rhétoriques. C’est donc une oeuvre d’expérimentation, pas désagréable à écouter, somme toute particulière, qui offre de beaux moments à l’, et dont ce dernier se régale.

La dernière pièce programmée est encore une rareté, le Soir de fête de Chausson, une évocation pleine de couleur et de feu, entrecoupé d’un passage plus méditatif, et qui anticipent à certains moments sur les collages stylistiques d’un Mahler. Le discours est maîtrisé, les mélodies très chantantes, mais il est vrai que cette oeuvre exigeante, profondément originale, ne se laisse appréhender qu’après plusieurs auditions attentives. On goûtera alors l’attention accordée aux timbres, la richesse harmonique, la science du détail, tout éléments qui avoisinent parfois à la pure magie. On n’était décidément pas à l’abri de bonnes surprises.

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