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Christian Ferras : l’art et la manière

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon et orchestre op.61 ; Alban Berg (1885-1935) : Concerto pour violon et orchestre « A la mémoire d’un ange ». Christian Ferras (violon). Orchestre Philharmonique de Berlin. Karl Böhm (direction). Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, Massimo Freccia (direction).1 CD Audite. Référence 95.590. Code barre : 4022143955906. Enregistré le 19 novembre 1951 à la Jesus-Christus-Kirche de Berlin (Beethoven) et le 23 mars 1964 à la Großer Sendsaal de la maison de la radio de Berlin (Berg). Notice bilingue (anglais, allemand). Durée 72’03’’

 

Dix-huit ans ! C’est l’âge qu’a en ce 19 novembre 1951, date de ses débuts avec l’ sous la baguette de dans le Concerto pour violon de Beethoven. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le prodige français ne semble impressionné ni par la partition –qu’il domine magistralement – ni par ses prestigieux partenaires… ! Abordé dans un tempo très modéré, le redoutable chef-d’œuvre du maître de Bonn est rendu avec une pureté stylistique et une poésie rare –le sortir de la cadence de l’Allegro ma non troppo ferait pleurer les pierres. Le chant racé et noble de Ferras rend toute confrontation inutile avec les dizaines de gravures disponibles sur le marché. Car il n’est plus question de s’avoir si celle-ci s’impose ou non ; elle est, tout simplement -le premier motif du deuxième mouvement étant manquant sur la bande originale, les producteurs du label Audite ont décidé de ne pas reconstituer artificiellement, ce qui rend de toute façon cette version unique et impossible à comparer. En partenaire de choix, est fidèle à son style fait de basses très présentes et de respiration maîtrisée.

En « complément » de luxe, Audite nous offre une belle version d’une œuvre dont Ferras fut un des plus grands défenseurs : le concerto A la mémoire d’un ange d’ (une autre de ses gravures, avec Joseph Keilberth, sort également au même moment chez Testament Records !). Captée live sous la direction de Massimo Freccia (1964), cette interprétation souffre d’une prise de son (relativement) plus discutable. Lyrique et intense, le soliste joue parfois comme si sa vie en dépendait. L’année de cet enregistrement marque également le début de sa collaboration avec Herbert von Karajan. Les deux hommes immortaliseront Beethoven, Brahms, Sibelius, Tchaïkovski et Bach. Moins léché, ce disque est le témoignage émouvant d’un des plus grands violonistes de la second moitié du XXe siècle. L’alcoolisme et la dépression le mèneront, on le sait, au suicide (en 1982). Lourde perte que celle de ce musicien au génie instinctif que l’on retrouve ici avec autant d’intérêt que d’émotion.

 

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon et orchestre op.61 ; Alban Berg (1885-1935) : Concerto pour violon et orchestre « A la mémoire d’un ange ». Christian Ferras (violon). Orchestre Philharmonique de Berlin. Karl Böhm (direction). Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, Massimo Freccia (direction).1 CD Audite. Référence 95.590. Code barre : 4022143955906. Enregistré le 19 novembre 1951 à la Jesus-Christus-Kirche de Berlin (Beethoven) et le 23 mars 1964 à la Großer Sendsaal de la maison de la radio de Berlin (Berg). Notice bilingue (anglais, allemand). Durée 72’03’’

 
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