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Hans Christian Andersen mis en musique par des Danois

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Dossier inédit que « La série des Danois » qui met en lumière des musiciens souvent méconnus du public français. Rédiger par notre spécialiste de la musique nord-européenne, cette série d’articles va de découverte en découverte. Pour accéder au dossier : La série des Danois

Introduction

Dire que occupe une place inexpugnable au sein de la famille des écrivains du 19e siècle est un doux euphémisme. Ses nombreux textes, son amour de la musique, son existence même ont suscité d’innombrables commentaires à travers le monde entier. Il suffit de se rendre à Odense, sa ville natale et de visiter le beau musée qui lui est consacré pour découvrir une bibliothèque riche d’un nombre considérable de ses livres et de leurs multiples rééditions et traductions à travers les époques ainsi que des ouvrages rédigés en réaction à ses écrits sur tous les continents et dans toutes les langues (80 !). Impressionnant ! Le musée propose encore des extraits de lettres, de livres, des photographies, des bustes, des documents divers contemporains de son existence.

Ses contes, pas spécifiquement destinés aux enfants d’ailleurs, sont connus partout et ont été traduits dans presque toutes les langues. Il leur doit sa gloire de son vivant et encore bien longtemps après sa disparition. Mais ses talents furent divers et multiples, ses ambitions également. Nous nous pencherons ici sur les musiciens danois, ses compatriotes, qui mirent ses textes ou ses histoires en musique. Nous ne retiendrons que les réalisations les plus marquantes.

« Aucun écrivain danois n’a atteint une célébrité comparable à la sienne, aucun n’a semblé à ce point incarner les divers traits caractéristiques de son peuple », précise Carl Gustaf Bjurström dans le chapitre consacré à la littérature danoise de l’Histoire des littératures (La Pléiade).

 

Esquisse d’une existence bien remplie

, pour résumer les grandes lignes de son parcours d’homme et d’artiste, vient au monde dans une famille très pauvre un 2 avril 1805 à Odense, capitale de l’île danoise de Fionie (Fyn).

Âgé de 15 ans seulement (1819), il quitte sa région natale et gagne Copenhague, la capitale du royaume. Il ambitionne de devenir acteur ou danseur. Un directeur de théâtre, Jonas Collin, se prend d’affection pour lui et lui apporte une aide et un soutien exceptionnels. Après des études secondaires financées par Collin il décroche son baccalauréat en 1829.

Durant une dizaine d’années, de 1831 à 1841, il voyage beaucoup et rencontre de nombreuses personnalités de la vie culturelle et artistique européenne. Il se rend en France et en Italie au cours des années 1833-1834, gagne le succès avec son premier roman L’Improvisateur (1835) et commence la même année la publication de ses fameux Contes. Le Danemark le reconnaît et le fête. Ses Contes pour enfants paraissent alors en Allemagne et ailleurs en Europe en onze cahiers échelonnés entre 1835 et 1848.

En 1863, il jouit d’un énorme succès mais il mène une vie un peu particulière où règne surtout l’ennui et la solitude. On ne lui connaît pas de femme, ni de relation amoureuse. Il voyage en Espagne.

Andersen a vécu deux ou trois amours malheureuses. Une première fois en 1830 au cours d’un voyage, ensuite avec Louise, la fille de son bienfaiteur et protecteur Jonas Collin et enfin avec la célèbre soprano suédoise Jenny Lind surnommée le « Rossignol du Nord ».

S’il voyage beaucoup, il séjourne souvent et durablement chez des amis influents.

Un jour, il constate une fatigue tenace et écrit dans son journal : « Suis fatigué de la vie »

Celui qui considérait sa vie, un peu rapidement, comme « un beau conte de fées », décède à Copenhague le 4 août 1875, à l’âge de 70 ans.

Sa vie durant il aura vécu un conflit permanent entre ses origines plus que modestes, prolétariennes même, et sa proximité avec la haute culture européenne obtenue grâce à son entregent et à ses succès littéraires. Bien des pages de sa production résultent de ce qui précède, un déchirement auquel il ne parvint jamais à trouver de résolution satisfaisante et constante. Les héros de ses romans, à son image, issus du peuple mais doués, avancent vers la réussite sociale.

Sa production imposante et diverse se compose de trois recueils de poésies, d’une vingtaine de pièces de théâtre, de sept livres de récits de voyage, de six romans, de trois autobiographies, de journaux intimes (plus de 4500 pages !) et de nombreux contes (156) souvent basés sur de vieux thèmes populaires scandinaves. Ces Contes sont traduits dans plus de quarante langues de son vivant. Andersen est un poète et un humoriste, un observateur de nombreuses manifestations artistiques, un critique discret de la bourgeoisie et des inégalités sociales.

Ses multiples écrits, en dehors de ses singspiels, vaudevilles et livrets d’opéra, ont inspiré nombre de créateurs à travers la réalisation de films, dessins animés, comédies musicales, ballets, spectacles de marionnettes, opéras, fantaisies symphoniques…

On a noté combien ces artistes ont surtout adapté le versant léger, naïf, voire sentimental des histoires du littérateur prolixe. La production plus sombre, plus réaliste, plus morbide, plus psychologique de son écriture a beaucoup moins souvent intéressé et inspiré les musiciens. Ses personnages et les situations qu’il dresse avec le talent que l’on a souvent remarqué, par bien des critères, correspondent à certains traits constitutifs de l’âme danoise.

Ses poèmes ont retenu l’attention de nombreux compositeurs grâce à leur simplicité, leur immédiateté, leur délicatesse et leur coloration empreinte de tristesse et d’humour.

« Ce qui rend Andersen immédiatement sympathique, c’est cet amour de la créature humaine, cette émotion devant la nature vivante, devant tout ce qui existe en vérité », résume parfaitement le professeur Régis Boyer.

 

Des musiciens danois inspirés par les textes de H.C. Andersen

Hans Christian Andersen a aimé fréquenter les compositeurs et les interprètes de son temps à chaque fois qu’il en avait l’occasion. Il n’oubliait nullement ses aspirations de jeunesse à ce sujet. Avec le temps il prit grand plaisir à commenter ses rencontres et les concerts auxquels il assistait souvent. Il observait aussi l’évolution de la musique de son époque.

Il fréquenta, entre autres, de grands créateurs comme le compositeur et violoniste norvégien Ole Bull, le célèbre compositeur allemand Felix Mendelssohn-Bartholdy, le violoniste et compositeur italien Nicolo Paganini, l’immense créateur germanique Robert Schumann, sa femme la fameuse pianiste Clara Schumann, l’européen, pianiste virtuose et compositeur adulé le Hongrois Franz Liszt, son gendre le génial inventeur d’une forme unique d’opéra, l’Allemand Richard Wagner de même que son compatriote renommé … sans compter la plupart des compositeurs danois (C.E.F. Weyse, Peter Heise, , J.P.E. Hartmann…). Sa passion pour l’opéra fut durable et intense. Il étudia et commenta les opéras de Wagner bien avant qu’ils ne soient présentés au public danois.

Sur un plan plus anecdotique il tomba amoureux de la célèbre chanteuse suédoise Jenny Lind connue et célébrée dans toute l’Europe artistique. Sans réciproque !

Sa passion pour la musique ressort nettement dans son roman Simplement un violoneux (Kun en Spillemand) de 1837 où il insiste sur la nécessité quasi existentielle que représente la musique.

Par ailleurs, bien des compositeurs, danois et étrangers, trouvèrent une partie de leur inspiration en mettant en musique certains de ses poèmes ou textes en prose tandis que d’autres traduisirent en musique instrumentale pure, leur lecture de l’écrivain.

Après avoir quitté sa province natale et s’être installé à Copenhague, il n’a pas encore 15 ans, Andersen prend contact avec un musicien de l’époque qui comptait, Giuseppe Siboni, maître de chœur au Théâtre royal. Il chante devant lui faisant entendre une jolie voix aiguë, ce qui amena son aîné à lui proposer des leçons de chant. Sa situation financière précaire connue une certaine embellie lorsque les riches et influents invités de Siboni présents lors de l’audition recueillirent des fonds suite à l’initiative du célèbre compositeur C.E.F. Weyse.

On remarquera que si tôt déjà l’adolescent parvint à se faire apprécier et protéger par deux grandes personnalités du monde de la musique du temps.

Weyse (1774-1842) a laissé une Danse tzigane (Zigeunerdance) (4’) extraite de Festen påa Kenilworth… C.F.E. Weyse et dominaient le monde musical danois à l’époque même où le jeune homme plein d’espoir et de prétention se lançait dans l’aventure incertaine de Copenhague.
Weyse était organiste à l’église Notre-Dame de Copenhague reconstruite après les terribles bombardements de 1807 et sa réputation reposait aussi sur des cantates et des œuvres dramatiques, le tout contribuant à construire une puissante renommée.

Weyse et Andersen ne collaborèrent que pour une seule œuvre, un singspiel romantique nommé Fête à Kenilworth qui connut sa création au Théâtre royal de Copenhague le 6 janvier 1836 (la composition date de 1835). Ce devait être la dernière grande réalisation scénique du musicien. Si l’œuvre a aujourd’hui disparu, une seule pièce a résisté au rabotage impitoyable du temps et de l’oubli. Il s’agit de Hyrden graesser sine Får (Bergers gardant leurs moutons paissant). Toutefois l’enregistrement a sauvé de l’indifférence totale l’Ouverture et la vivante Danse tzigane, éléments notables du dernier style orchestral du vieux compositeur. Unique collaboration donc, alors qu’elle sera autrement plus riche et fournie avec le successeur de Weyse à l’orgue de Notre-Dame de Copenhague, le très jeune J.P.E. Hartmann.

Destiné à une existence des plus neutres et anonymes, sa passion de la musique conduit son professeur C.F. Cramer de Kiel (Weyse est allemand de naissance, originaire de Altona) à l’envoyer auprès de son ami le compositeur et chef J.A.P. Schulz à Copenhague. Schulz le forme et l’introduit au sommet de la vie musicale de Copenhague. Il y officie comme organiste, enseigne le chant et compose beaucoup. Son catalogue est riche de 7 symphonies, de plusieurs drames lyriques, de musique de théâtre, d’une trentaine de cantates, de nombreuses pièces de piano. Son parcours en fait un des piliers de l’histoire du chant au Danemark (romances et chansons).

Weyse saura aussi souscrire à la première publication d’Andersen, Essais de jeunesse (Ungdoms-Forsøg) en 1822. Il est fort possible que Weyse ait dressé un parallèle entre le parcours du jeune fionien et sa propre venue dans le monde musical danois quelques années plus tôt.

Au cours des années 1830 Andersen et Weyse se rencontrent régulièrement pour dîner le vendredi, au domicile du Commandant Wulff à l’Académie navale. Là, ils croisent d’autres personnalités culturelles invitées. Ils se voient aussi dans d’autres lieux, par exemple chez les Rahbeks à Bakkehuset. Toutefois, selon les lignes qu’ Andersen confia à son texte Le Conte de ma vie, solitaires et conviviaux à la fois, ils ne devinrent jamais de très proches amis.

Le livret de Nøkken (L’Esprit des eaux ou Les Ondins) n’ayant pu être mis en musique par comme le souhaita initialement Andersen, c’est un autre compatriote danois qui en écrivit la musique, un compositeur et chef d’orchestre officiant à la Chapelle royale de Copenhague, un nommé Franz Gläser (Obergeorgenthal, 19 avril 1789- Copenhague, 29 août 1861), originaire de Bohème. Nøkken fut créé au Théâtre royal de Copenhague le 12 février 1853.

Ce même musicien a aussi mis en musique un autre livret d’Andersen à savoir Bryllupet vet Comosoen (Les Noces du lac de Côme) dont l’inauguration se déroula dans la capitale danoise le 29 janvier 1849.

Encore très jeune Hans Christian fait connaissance d’un autre camarade, étudiant en droit et musicien, qui allait devenir très vite un fidèle et intime ami pour la vie. Il s’agit de Johan Peter Emilius Hartmann (Copenhague, 14 mai 1805-Copenhague, 10 mars 1900) destiné devenir un des phares de la musique danoise avec son style issu du germanisme moderne revisité en partie par l’inspiration venue des anciennes légendes nordiques.

Nés la même année, Andersen et Hartmann allaient développer une authentique relation amicale, durable et intense. Et ce, dès leur première rencontre qui eut lieu au printemps 1830. Ils avaient l’un et l’autre 25 ans. La rencontre se déroula chez une proche relation d’Andersen le commandant Peter Frederik Wulff et sa famille.

J.P.E. Hartmann accepta de mettre en musique son premier livret Ravnen (Le Corbeau) d’après la pièce originale Il Corvo de Carlo Cozzi. Nous sommes en 1832. La première se déroula au Théâtre royal de Copenhague le 29 octobre de cette année. L’entreprise n’enregistra qu’un succès très modéré avec un total modeste de six représentations. Andersen tenta de faire accepter leur travail commun, par exemple en le montrant à Robert Schumann qui en donna une critique favorable dans la célèbre revue qu’il avait créée Neus Zeitschrift für Musik. Néanmoins, en dépit de ses efforts, l’opéra ne sera jamais donné en dehors de Copenhague. Texte et musique seront réarrangés dans les années 1860 (1859-1863) par les deux amis et la nouvelle version ne survivra pas à quatre soirées au Théâtre royal de Copenhague durant le printemps 1865. Le nouveau livret sera le dernier complété par Andersen. L’ouverture de Ravnen, op. 12, 1832, 8’ environ, souleva quelques espoirs que le corps de l’œuvre ne combla pas. Et rapidement l’opéra Ravnen sombra dans l’oubli total. Les qualités de la musique de Hartmann furent reconnues par la majorité des observateurs mais il n’a alors pas encore développé la manière « Grand Nord » qui allait le caractériser aux yeux de la postérité.

Les deux hommes collaborèrent en d’autres occasions. Pour une pièce intitulée Mulatten (Le Mulâtre) et également pour diverses cantates de circonstance comme des funérailles, dont celles du sculpteur Bertel Thorvalsen (1770-1844) et du roi Frederik VI (1768 -1839), mais aussi pour des naissances.

En 1864 Andersen écrivit le livret destiné à un opéra nommé Saul que Hartmann commença à mettre en musique sans jamais achever son travail. Il est couramment admis que les déconvenues récentes subies avec Ravnen dans sa nouvelle mouture expliquent cet abandon définitif.

Les deux artistes collaborèrent sur d’autres chansons, des œuvres chorales, des pièces de théâtre.

Hartmann et Gade occupèrent la vie musicale danoise une grande partie du 19e siècle. Après des décennies de gloire, leur influence pâlit faisant place à d’autres esthétiques. La musique danoise se divisa en deux courants majeurs. D’un côté les tenants de la tradition et du romantisme germano-scandinave, de l’autre ceux que l’on qualifia de modernistes. Parmi eux l’irruption de qui sans être un authentique iconoclaste s’éloigna des canons figés du romantisme et du sentimentalisme. Une troisième voie ne doit pas être passée sous silence, le post-romantisme, développé par plusieurs contemporains de Nielsen. Maintes personnalités ont œuvré avec conscience et talent à alimenter la production musicale de cette époque.

Par exemple, Hartmann mit en musique le fameux poème La Reine des neiges (Snee-Dronningen) dans une version allemande (Die Schneeköning) en 1836 à son retour d’un séjour en Allemagne. Cette chanson strophique à l’atmosphère dramatique figurera dans son premier recueil de chansons paru en 1840 à Leipzig : Sechs Gesängs für eine Singstimme mit Begleitung des Pianoforte (Six Chansons pour voix soliste avec piano), op. 13. Les autres textes viennent de Goethe.

Andersen écrivit en plus une petite introduction pour certaines œuvres pour piano d’Hartmann. Mais pas uniquement car il eut l’occasion de proposer de courts textes en vers en relation avec des évènements familiaux chez les Hartmann dont plusieurs membres furent décrits dans des contes. L’écrivain se rendait souvent chez ceux-ci, pour dîner, pour discuter. Il aimait beaucoup la femme de son ami, Emma, une personne admirable et admirée. Sa peine fut immense lorsqu’elle disparut prématurément en 1851. Il encouragea néanmoins son ami lorsqu’il se remaria quatre années plus tard. Andersen qui voyageait souvent et longtemps à l’étranger recevait régulièrement des lettres de son ami Johan Peter Emilius l’informant des nouvelles de la vie musicale de la capitale.

Lorsqu’il se rendit au festival de musique de Hambourg en 1841 le couple Hartmann rencontra Andersen. Andersen saisissait toute occasion de parler de la musique de son ami aux personnalités qu’il rencontrait à l’étranger, qu’il s’agisse de Mendelssohn, Wagner, Jean Verhulst ou Franz Liszt. Il réussit à convaincre ce dernier de monter l’opéra Liden Kirsten à Weimar. L’accueil fut très positif et l’art de Hartmann dans ses aspects scandinaves et sa beauté intrinsèque fut très remarqué.

La collaboration entre Andersen et Hartmann devait se prolonger et déboucher sur la création, en 1840, d’un opéra romantique destiné à un bel avenir, Liden Kirsten ou La Petite Christine. Le succès fut au rendez-vous. Des commentateurs ont associé à juste titre cet opéra au déclin voire à la disparition de l’influence de C.E.F. Weyse que l’on surnommait « le père de la musique danoise » et dont la renommée reposait surtout sur de nombreuses romances populaires. En 1832 ce dernier demanda à Andersen d’adapter le roman de Walter Scott Festen på Kenilworth pour un opéra qui sera créé en 1836. Après sept soirées l’œuvre tomba dans l’oubli en raison d’un manque de cohésion et ce en dépit de belles pages musicales.

Les deux hommes firent partie du bureau de la Fondation Ancher qui offrait des bourses aux meilleurs jeunes artistes pour aller se parfaire à l’étranger. en bénéficia par deux fois, en 1890 et 1894.

Très peu de temps avant le décès d’Andersen en juillet 1875, J.P.E. Hartmann fut l’un des derniers fidèles à lui rendre visite. Lors de ses funérailles à la Frue Kirke (Eglise de Notre-Dame) de Copenhague, il joua la Marche de funérailles, (Sørgemarsch over Thorvalsen), qu’il avait composée pour celles de Thorvaldsen trente et un ans plus tôt.

Fondateur de la société Cecilia et compositeur de pièces chorales et de chansons populaires, père de Frederik Rung, futur collègue de Carl Nielsen, Henrik Rung (Copenhague, 3 mars 1807- Copenhague, 13 décembre 1871) a mis en musique ce poème de 1850 : Le Danemark où je suis né (I Danmark er jeg født) (4’30). Pour ce faire il établit un arrangement pour chœur d’hommes créé lors d’un concert de charité au Théâtre Casino de Copenhague le 8 mai 1850. Concert organisé par le Club scandinave dont la société chorale était dirigée par le compositeur. Les bénéfices de la soirée devaient être utilisés pour l’érection d’un monument commémoratif de la victoire danoise lors de la bataille de Fredericia le 6 juillet 1849. La seconde partie du concert revenait à la musique que Rung avait composé sur le poème de Carl Ploug intitulé La Bataille de Fredericia. L’argent recueilli devait aussi servir à fabriquer la statue de H.V. Bissen : Le Fantassin, à Fredericia, en 1858.

Rung redonnera cette belle chanson quelques jours plus tard lors d’un concert identique au Théâtre Casino, et encore à la société chorale, en plusieurs occasions, pour la célébration des soldats présents.

Cette mélodie devint très populaire et fut publiée dans plusieurs livres de chants. Il en existe une version pour piano et guitare. La guitare était un instrument très à la mode à l’époque. Rung, contrebassiste de l’Orchestre royal, était aussi un très bon guitariste. Après ses études et un séjour de trois années en Italie où il étudia le chant et la polyphonie chorale du 16e siècle, il rentra au pays en 1840 et devint maître de chœur au Théâtre royal. Il écrivit pour cette institution majeure, unique dans le pays, un certain nombre de pièces et opéras.

Il mit également en musique plusieurs poèmes de H.C. Andersen. Nous citerons : la romance Gurre (Hvor Nilen vander Ægypternes Jord/ Là où les eaux du Nil recouvrent la terre des Egyptiens…), petite scène lyrique pour soliste et chœur donnée en concert en 1841 par le baryton réputé, Christian Hansen. En 1842 est créé avec triomphe le bref Aftenprospekt (Décor du soir), une chanson arrangée par le chorégraphe August Bournonville avec le même artiste accompagné de chanteurs du chœur de l’opéra.

Pour d’autres textes dramatiques d’Andersen il composa encore la musique. On rappellera surtout Lykkens Blomst (La Fleur du bonheur) avec une chorégraphie de Bournonville au Théâtre royal en février 1845 qui bénéficia d’un bon accueil initial mais dont on exécuta que six représentations.

A la demande de Rung, Andersen élabora un livret (qui était sensé être accompagné de touches de musique populaire suédoise) avec la participation du musicien. Il en résulta Nøkken (L’Esprit des eaux) qui fut proposé en mars 1845 au comité du Théâtre royal sous forme d’un livret en un acte. Le directeur du théâtre, Johan Ludvig Heiberg, ne fut d’abord pas franchement favorable mais l’accepta finalement ce qui amena Rung à en écrire la musique au cours de l’été 1845. Mais, alors qu’Andersen voyageait vers Berlin, Jonas Collin, son ami et protecteur, l’informa que Rung venait de déclarer forfait. Décision motivée semble-t-il par l’échec de son opéra Aagekarl og Sanger (Le Prêteur et le chanteur). En définitive, ce sera le compositeur Franz Gläser qui en composera la musique. La première donnée en février 1853 ne sera suivie que de six soirées (cf. supra).

Johan Christian Gebauer (Copenhague, 6 décembre 1808-Copenhague, 24 janvier 1884). Elève de deux célébrités musicales de l’époque, à savoir Frederik Kuhlau et C.E.F. Weyse, Gebauer se distingua d’abord comme organiste à l’église Saint Pierre (St. Petri Kirke) à partir de 1846, puis à l’église du Saint Esprit (Helligåndskirken) à dater de 1859, toutes deux situées à Copenhague. Ses qualités de pédagogue firent bientôt sa réputation notamment dans le domaine de l’histoire et de la théorie musicales. Il enseigna également dans le nouveau conservatoire de musique de la capitale danoise de 1866 à 1883, année précédant celle de sa mort.
Au plan de la composition sa réputation repose en grande partie sur des chansons pour les enfants (et notamment pour ses propres enfants) appréciées pour leurs simples mélodies en adéquation avec le choix des textes. Son style est assez modeste utilisant des traits propres aux premières chansons danoises, parfois dans le style de la ballade, parfois avec des accents. On lui doit aussi des pièces pour piano.

Il mit en musique les poèmes d’Andersen suivants. A peu près à la même époque que le travail réalisé par Hartmann, vers 1837 sans doute, Gebauer s’attaqua à La Reine des neiges et lui attribua sa propre mélodie, simple, de style ballade populaire, en tonalité mineure. Et encore, Hist, hvor vejen slår en bugt (Moderen med barnet)/ Là-bas, où la route dessine une courbe (La Mère et l’Enfant). 2’, d’après un poème publié en 1829 qui a le parfum de son île natale, la Fionie. Et encore Pandeben ! Godt det gror.(Petit Front, encore si petit, 1’40, sur un poème de 1845).

Il en utilisera d’autres encore comme Rosenknoppen (Bouton de Rose) publié dans le recueil Sange med Pianoforte-Accompagnement (Chansons avec accompagnement au pianoforte) à Copenhague en 1837-38, Danske og deres Konge (Les Danois et leur Roi), Aarets Børn (L’Enfant de l’année), sorte de calendrier où à chaque mois est attribué une petite chanson pour voix soliste et chœur à trois voix égales.

Andersen à plusieurs reprises manifesta son approbation face au travail de Gebauer, son cadet de trois ans.

Violoniste, chef d’orchestre et compositeur, (Copenhague, 22 février 1810-Copenhague, 23 décembre 1891) effectue une partie de sa carrière comme violoniste au sein de l’orchestre de la cour à Copenhague où il devient successivement musicien du rang, violon solo et premier chef. Il co-dirige le nouveau conservatoire de musique de la capitale en compagnie de Gade et Hartmann. Son admiration profonde pour Wagner le conduit à diriger les créations danoises de Lohengrin (1870), des Maîtres chanteurs (1872) et de Tannhäuser (1875). Ses orientations ne l’empêchent pas de mettre en musique des poèmes de H.C. Andersen son cadet de cinq années, comme : Lille Viggo, vil du ride ranke (Petit Viggo. Tu sauteras sur mes genoux), écrit en 1833. 3’30

Le roi du divertissement danois du 19e siècle, celui qui importa et illustra la musique de danse venue de Vienne, (Copenhague, 2 mai 1810-Copenhague, 20 mars 1874) a enchanté le tout Copenhague aux célèbres Jardins du Tivoli du centre de la capitale danoise. Son univers artistique n’était pas celui d’Andersen. Cependant on peut signaler un clin d’œil orchestral (1848) avec Nattergalen af Emil Horneman, un arrangement inspiré au compositeur danois Emil Horneman par un texte d’Andersen.

Andersen connaissait aussi intimement un autre musicien prometteur en la personne de Niels Whilhelm Gade (Copenhague, 22 février 1817-Copenhague, 21 décembre 1890) qu’il présenta à Hartmann. Gade allait épouser sa fille Sophie et devenir un pilier du romantisme scandinave et une véritable personnalité musicale poussée par son originalité et ses contacts intimes avec l’école de Leipzig. On a trop tendance actuellement à le considérer comme un passéiste ce qu’il n’était sûrement pas au début de sa carrière.

Sa première rencontre avec Andersen n’est pas précisément datée. Par contre on sait qu’ils se rendirent ensemble chez le baron Løvenskjold à Kulhus en mai 1842. Niels Gade connaissait, avant cette date, certains textes de l’écrivain, notamment le poème dramatique intitulé Agnete et le triton.

Gade travailla plusieurs années durant dans la sphère d’influence germanique du Nord, en tant que chef d’orchestre mais aussi comme compositeur dont plusieurs partitions furent programmées par l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig entre les années 1843 et 1848.

Andersen se rendit à Leipzig en février 1846 avec sous le bras le livret de Nøkken dans l’optique affichée de convaincre Gade d’en écrire la musique. En dépit de l’accord de principe de ce dernier il ne se mit jamais au travail sur ce projet (cf. Franz Gläser).

Une des oeuvres les plus populaires de Gade, une pièce de concert appréciée au Danemark, Elverskud (La Fille du roi des elfes), pour voix solistes, chœur et orchestre, de 1853, repose sur un brouillon d’Andersen.

Andersen et Gade entretinrent de chaleureuses relations personnelles. Andersen manifestait une grande affection pour la femme de Gade, Sophie, qui n’était autre que la fille de J.P.E. Hartmann. L’écrivain lut un discours lors de leur mariage en 1851 et il élabora aussi une berceuse à l’occasion de la naissance de leurs jumelles en mai 1855. Malheureusement ce climat chaleureux connut une fin douloureuse et brutale avec la mort de Sophie un mois après son accouchement. Cette disparition ne sonna pas le glas des relations entre les deux hommes qui se rencontrèrent à diverses reprises, Andersen ayant régulièrement le plaisir de lire en famille plusieurs de ses contes et romans. Ils se côtoyaient encore chez la famille Hartmann et chez la famille de , à Højbro Plad, à Copenhague, où l’on organisait assez souvent des soirées musicales.

Il mit en musique environ sept poèmes de sa relation amicale, dont trois en 1850, époque de son travail sur la Symphonie n° 4, op. 20, en si bémol majeur.

Il se pencha sur La Reine des neiges à son tour et illustra très habilement les différents épisodes de cette triste histoire. La chanson fut publiée dans le recueil Tre Digte af H.C. Andersen for én Syngestemme med Pianoforte (Trois Poèmes de H.C. Andersen pour vocaliste et pianoforte) à Copenhague en décembre 1851. Aussi Barn Jesus i en krybbe lå (Salme)/L’enfant Jésus au berceau (Psaume), 1’50, sur un poème datant de décembre 1832.

Rappelons Peter Heise (Copenhague, 11 février 1830- Stockkerup, 12 septembre 1879) dont la formation fit appel, directement ou non, à de fameux acteurs musicaux du pays comme A.P. Berggreen, C.E.F. Weyse, Henrik Rung et surtout Niels Gade. Ses études terminées en 1847, il devint chef à la Société chorale des étudiants en 1854. En 1857 il fut professeur de musique et organiste à l’Académie Sorø où il resta jusqu’en 1865.

Très tôt dans son parcours, Heise met en musique des chansons et dès l’âge de 19 ans il s’attaque à Berceuse d’ Agnete (Agnetes Vuggevise). Il compose pour divers vaudevilles (écrits par ses amis tels que Jens Christian Hostrup et Christian Richardt). Précocement, c’est le genre de la romance qui l’attire et où il donne le meilleur de lui-même. Il s’appuie sur de nombreux textes littéraires danois les accompagnant de belles mélodies et d’une réelle clarté de la forme. Avec lui la partie de piano devient plus indépendante. Avec le temps il se rapproche des écrivains nationaux contemporains (Dyveke-sangene /Chansons de Dyveke, 1879) et produit un opéra qui compte : Drot og Marsk (Le Roi et le maréchal) de 1878.

Il met encore en musique les poèmes suivants : Sol deroppe ganger under lide (Agnetes Vuggesang) ou Là-haut le soleil commence à se coucher (Berceuse d’Agnete), sur un texte d’Andersen datant de décembre 1833. 3’ ; Jylland mellem tvende have (Le Jutland entre deux mers), d’après un poème d’Andersen de 1859, qui sera le premier de ses poèmes à être publié (dans Illustretet Tidende en mars 1860), 2’30, son œuvre relative à Andersen la plus connue et la plus notable. La satisfaction définitive du musicien ne sera effective qu’à la quatrième mise en musique ! Il en fera également une version pour piano avec accompagnement d’un chœur d’hommes. Un autre poème retient son attention, Taaren (Larme), sur lequel il compose un duo. Au milieu des années 1860 il s’intéresse à Ørkenens Søn (Le Fils du désert) pour voix et piano. Heise aimait particulièrement ce texte.

Un compositeur danois aujourd’hui totalement inconnu a été l’un des premiers à s’inspirer de notre conteur avec Quatre Contes de H.C. Andersen esquissés en musique, un poème symphonique créé à Tivoli en 1848. Il s’agit de Johan Ole Emil Horneman (Copenhague, 13 mai 1809-Copenhague, 29 mai 1870), qui est le fondateur, avec un certain Emil Erslev, d’une maison d’édition en 1844. Il a publié un recueil de pièces pour le piano ayant un temps bénéficié d’une petite renommée.

Un acteur notable de la vie musicale danoise, (Frederiksborg, 8 avril 1843-Frederiksborg, 13 juillet 1923), qui a grandi près de Copenhague et étudié la musique auprès de J.P.E. Hartmann et Niels W. Gade, est issu d’une famille très amie de l’écrivain. Ils entretinrent une correspondance régulière. Plus tard, en 1862, il étudia à Munich avec Hans von Bülow avant de devenir le protégé d’Hector Berlioz à Paris jusqu’en 1869. Attiré par une offre avantageuse, il partira en 1871 pour devenir directeur de l’Institut Peabody de Baltimore (Maryland) où il exercera une forte influence. Revenu au Danemark bien des années plus tard son étoile déclinera inexorablement.

Leopold Rosenfeld (Copenhague, 21 juillet 1849-Copenhague, 19 juillet 1909) est un compositeur qui a laissé des chansons simples influencées par le courant romantique en littérature, mais aussi des chœurs, de la musique de chambre et des œuvres orchestrales. Il semble avoir exercé une plus grande influence en tant que critique pour le journal Dannebrog et d’autres périodiques comme Musikbladet. Professeur de chant et acteur de l’organisation musicale du pays, il a mis en musique un seul texte d’Andersen Danse, danse, Dukke min (Danse, danse, ma poupée !) en 1904. Son oeuvre chorale avec orchestre Henrik og Else (Henry et Elsa), donné à Copenhague le 7 février 1855 a remporté un beau succès. Il laisse encore des pièces pour piano et environ 200 mélodies.

(Frederiksborg, 1er décembre 1850- Copenhague, 26 février 1926) que nous avions qualifié de “danois migraineux” écrivit en 1905 sa Kantate ved Festen i Odense paa Hundredaarsdagen (Cantate pour le festival d’Odense à l’occasion du centenaire de H.C. Andersen) sur un texte de Ernst von der Recke. L’effectif requiert des voix solistes, un chœur mixte et un orchestre. On lui doit aussi environ 200 mélodies.

Onze années après la disparition de l’auteur danois en 1875 un compatriote musicien nommé Johan Bartholdy (Hammel, 12 mars 1853-6 décembre 1904) composa en 1886 une opérette baptisée Le Porcher, basée sur un des contes d’Andersen. Cette réalisation marque une étape notable si l’on se souvient que la plupart des contemporains du littérateur considéraient que les Contes étaient assez spécifiquement destinés aux enfants. Organiste à la cathédrale d’Aarhus à partir de 1872 il fut l’élève de Helsted (voix), J.G. Gebauer (théorie), Edmund Neupert (piano), Goffred Matthison-Hansen (orgue). Pédagogue.

Lorsque naît August Enna (Nakskov, 13 mai 1859), Andersen est âgé de 54 ans tandis que Carl Nielsen naîtra six années plus tard en 1865. Hartmann et Gade sont âgés respectivement de 54 ans et 42 ans. Il décède huit ans après Nielsen, à Copenhague, le 3 août 1939. Sa vie durant il manifestera un fort attachement à l’œuvre de Hans Christian Andersen et s’appuiera sur plusieurs de ses textes pour écrire sa musique. Il nota en 1901 : « Les contes de Hans Christian Andersen me fascinent depuis que j’ai appris à lire à leur contact. Je les ai lus et relus… »

Sa carrière musicale nationale et européenne fut lancée grâce à l’intervention du célèbre Niels Gade. Cela n’empêcha pas Enna de s’éloigner du style figé de Gade et de subir les influences de Wagner et de l’opéra italien.

Enna composa non seulement une Ouverture orchestrale pour La petite fille aux allumettes (Den lille pige med svovlstikkerne) mais aussi un opéra complet en un acte qui sera créé à Copenhague le 13 novembre 1897. Dès l’écoute de l’ouverture il paraît évident que le créateur dispose de moyens intéressants au plan de la mélodie et de l’orchestration. Il se range parmi ceux que l’on qualifie de post-romantiques ; il s’appuie sur la tradition scandinave enrichie des apports récents des opéras de Richard Wagner, de ceux de Giuseppe Verdi, sans oublier l’esthétique vériste en pleine expansion et représentée par Mascagni et Puccini. Enna affiche de réelles qualités dramatiques mais se range aux côtés du courant international d’opéra des décennies 1880 et 1890. Il ne masque pas ses tendances sentimentales même passé le premier conflit mondial alors que beaucoup de créateurs s’en étaient éloignées, abandonnant le post-romantisme suranné au profit d’une esthétique plus sobre et moins intime. Même son opéra Die Hexe (La Sorcière) de 1889, pourtant joué sur plusieurs scènes européennes, porte les traces d’un passé quasiment révolu.

C’est dire que lorsqu’il décède en 1939 il est presque oublié par son public national.

Son illustration de La petite fille aux allumettes dans une adaptation de Ove Rode démontre un traitement sensible d’Andersen.

L’ouverture assez caractéristique et très bien construite donne le ton, elle dure environ 7’ et résume plusieurs passages majeurs de l’opéra. Elle fut souvent jouée. L’opéra vit le jour au Théâtre Casino à Amaliegade de Copenhague le 13 novembre 1897. Il fut donné quatorze fois au cours de cette première saison. Le Théâtre royal de la capitale n’inscrivit à son répertoire La petite fille aux allumettes qu’en 1937 avec également un fort succès puisqu’on en donna 23 représentations au cours des deux saisons suivantes. On la proposa une dernière fois à l’occasion du 80e anniversaire d’Enna le 13 mai 1939.

Enna revint vers Andersen à plusieurs reprises. En 1900 par exemple il composa un autre opéra en un acte La Princesse au petit pois (Princessen på aerten) lors de l’ouverture du Théâtre d’Aarhus le 15 septembre 1910.

Et encore Nattergallen (Le Rossignol), toujours d’après Andersen, créé à Aarhus, le 15 septembre 1900.

Enna composera en 1905 à l’occasion des célébrations du centenaire de la naissance de l’écrivain une Ouverture orchestrale intitulée Hans Christian Andersen (durée 12’). A son écoute il n’est pas évident de dégager des liens la reliant à Andersen. Sans doute s’agit-il d’une influence globale plutôt que thématique ou directement littéraire. Cette partition vint concurrencer à son avantage l’Ouverture festive composée par et jouée le jour même de l’anniversaire d’Andersen. La partition d’Enna repose sur un thème-devise qui réapparaîtra à plusieurs reprises dans le développement de la musique. Ce thème fait appel aux notes si-do-la, soit en notation germanique H-C-A, bien sûr les initiales de l’écrivain fêté.

On lui doit aussi les Contes-Tableaux symphoniques avec ses quatre mouvements séparés, respectivement intitulés : Lento maestoso-Allegro con brio, Andante lento, Allegro vivace et Allegro. Durée : 32’. Composée en 1905 cette suite, ces « tableaux symphoniques », forme une structure superposable à celle de la symphonie romantique en quatre mouvements et dispense une belle variété de climats et d’atmosphères très habilement orchestrés, où le mystère et la tristesse le partagent à la danse et au beau. Manifestement cette musique raconte Andersen. Quoi précisément ? Nul ne le sait !

Citons encore les deux opéras Ib et la petite Christine (donné à Copenhague en 1900) et Le Rossignol (Copenhague, 1912) ainsi que le ballet-pantomime La Bergère et le Ramoneur (créé à Copenhague en 1900) et l’oratorio L’Histoire d’une mère. Enna composa cinq musiques pour des ballets dont la première pour La Bergère et le ramoneur (Hyrdinden og skorstenfejeren) basée sur le conte d’Andersen mais adaptée par lui-même et l’écrivain P.A. Rosenberg. « Ces contes sont déjà imprégnés de la plus belle des musiques, écrite de la main du poète », avança Enna toujours plein d’admiration pour son célèbre compatriote. La création eut lieu au Théâtre Casino de Copenhague en mars 1900, en privé et en présence de la famille royale. La première publique se déroula un an plus tard au Théâtre royal s’assurant un franc succès.

Toutes ses œuvres sont pratiquement tombées dans l’oubli pour diverses raisons dont sans doute, mais est-ce un motif suffisant, à cause d’une esthétique romantique datée et non évolutive, ce qui ne retire rien aux qualités intrinsèques de sa musique.

Pivot central de la vie musicale danoise, Carl Nielsen (Sortelung, 9 juin 1865-Copenhague, 3 octobre 1931) pour les livrets de ses deux opéras a fait appel à Einar Christiansen (Saul et David, 1898-1901) et à Vilhelm Andersen (Maskarade, 1904-1906). Comme ses compatriotes, il apprécia la littérature de Andersen, mort alors qu’il n’avait que dix ans, mais ne se servit jamais de sa production dans le cadre de l’opéra et très peu dans celui de la chanson pour voix et piano

Ses chansons ont retenu l’attention de ses contemporains grâce à leurs caractères : une certaine simplicité, la qualité de la mélodie, le choix de nombreux poètes danois. Dans le style de la romance au début de sa carrière (J.P. Jacobsen, Ludvig Holstein), on note un changement d’esthétique par sa collaboration avec Thomas Laub pour deux recueils célébrés : En Snes danske Viser (Une vingtaine de chants danois) de 1915 et 1917.

En ce qui concerne les poèmes d’Andersen on retiendra un petit nombre de chansons assez modestes. Sur La Reine des neiges il propose sa musique (1914-17). Et la chanson est créée lors de la soirée musicale du 13 avril 1917 animée par les chanteurs Emilie Ulrich, CarlMadsen, Anders Brems et le pianiste Salomon Levysohn. Elle est imprimée dans le premier volume des Es snes danske viser (Une vingtaine de poésies danoises) publié en 1917. Le recueil, en collaboration avec Thomas Laub, contient deux autres poèmes d’Andersen. Sobriété, proximité du texte, style populaire très apprécié à l’époque, caractère de ballade, peut-être une certaine distanciation d’avec l’histoire elle-même les définissent. Le recueil ne connut pas immédiatement la reconnaissance, ne gagnant sa popularité qu’avec le temps. Ce travail sera considéré comme essentiel au renouveau de la chanson populaire danoise.

Le second volet de Une vingtaine de ballades danoises (Es snes danske viser II) composé dans les années 1916-1917 et créé à Copenhague le 13 avril 1917, retient seulement deux poèmes du conteur : Mon petit oiseau (Min lille Fugl, hvor flyver du) et Elle m’a oublié (Hun har mig glemt).

Pour un recueil de 60 canons danois assemblés par les deux compositeurs Finn Høffding et Hakon Andersen, on a inclu cette chanson de Nielsen : Traaden brister, Rokken staar (Le fil se brise, le rouet s’arrête). Recueil publié en 1930 dans le cadre éducationnel.

Autres chansons pour voix et piano : La Neige recouvre les champs (Højt ligger paa Marken den hvide Sne) et Etude d’après nature (Studie efter naturen /Solen skinner I Naboens Gaard), FS 82, datant de 1916.

Une Pastorale Italienne (Italiensk Hyrdeary), pour soprano et piano, romance op. 54, inspirée par Andersen, fut incluse dans la pièce Amor og Digteren (Cupid et le Poète) sur un texte de Sophus Michaëlis. Création au Théâtre d’Odense le 12 août 1930 pour le 125e anniversaire de la naissance de l’écrivain. La scène se déroule dans une chambre d’hôtel à Berlin en 1845 où Andersen entendit la soprano Jenny Lind chanter une aria sur un texte italien de Guido Cavalcanti, plus tard mis en musique donc, par Carl Nielsen.

La mère de Carl Nielsen avait mis en parallèle le départ de son jeune fils pour l’inconnu avec celui de Hans Christian Andersen qui avait trouvé ensuite la gloire. Tous les deux issus d’un milieu extrêmement modeste et sans aucun bagage culturel avaient gravi les étapes au point de se hisser au rang de Danois les plus connus de leur temps. Une manifestation organisée pour le 60e anniversaire du musicien fut l’occasion pour l’historien Vilhelm Andersen, lors d’un discours, de souligner la position dominante incontestable de Hans Christian Andersen, de Carl August Nielsen et de Rasmus Rask (philologue). Quelle chemin parcouru !

(Copenhague, 23 mars 1864-Copenhague, 22 janvier 1936) quant à lui connut une belle carrière de pianiste, violoncelliste et compositeur dominant ses collègues danois dans le maniement de l’orchestre. Contemporain, ami de Carl Nielsen et post-romantique revendiqué, Glass subit une forte influence de la musique française, assez rarement fréquentée à l’époque en Scandinavie. On a pu déceler des traces de Poulenc et Satie, notamment dans sa suite La Colline des Elfes (Elverhøjsuite). Cette suite pour orchestre, op. 67, composée en 1931, année de la mort de Carl Nielsen, dure approximativement 16’. Titre exact : Episoder af H.C. Andersens eventyr « Elverhøj ».

A la différence de plusieurs de ses collègues Glass n’écrivit pas de musique sur des livrets d’Andersen. Ses aspirations le rapprochaient davantage, mais pas de manière appuyée, vers l’esthétique d’Anton Bruckner, le symphoniste, et vers l’esthétique harmonique de César Franck. Son orchestre typiquement post-romantique dénote un orchestrateur habile et puissant, parfois monumental ; mais il excelle davantage dans les mouvements lents où il fait montre de plus de raffinement, notamment harmonique. On retrouve certaines de ses qualités dans cette Colline des elfes. Dans cette partition, il utilise de manière marquée le célesta principalement au début et la fin de la suite avec des accords « vides » où les notes Si (H-B), do (C), la (A) et mi (E) font référence au nom de l’auteur et de la pièce. Glass achève sa partition le 21 décembre 1931 moins de trois mois après le décès de Carl Nielsen. La création a lieu lors d’un concert organisé par la société de concerts « Dansk Koncert-Forening », la Société des jeunes compositeurs « Det Unge Tonekunstnerselskab » et la Radio danoise, placé sous la direction de Peder Gram. L’œuvre se divise en 5 courts mouvements aux tempéraments illustratifs nets et aux climats bien définis.

Organiste autodidacte puis exclusivement tourné vers la composition, Alfred Tofft (Copenhague, 2 janvier 1865-Copenhague, 30 janvier 1931) assura divers postes administratifs, fut critique musical du Berlinske Tidende à Copenhague et présida la Société des compositeurs danois. Il laisse deux opéras, de la musique de scène, de la musique de chambre, des oeuvres chorales, des chansons. Ses (10) Danske Sange for blandet Kor (Chants danois pour chœur mixte a cappella), op. 64, de 1929, reposent sur des textes de H. Drachmann, J. Aakjaer, L.C. Nielsen, J.P. Jacobsen, Michaëlis, F. Sneedorff-Birch, H.C. Andersen (n° 10)

Figure sympathique du monde musical danois, violoniste et compositeur, ami de Carl Nielsen et de tant d’autres collègues, nous évoquons Fini Henriques (Copenhague, 20 décembre 1867- Copenhague, 27 octobre 1940).
Après ses études à Copenhague (il travaille la composition avec Johan Svendsen) et Berlin (il parfait le violon avec ), il rejoint les rangs de l’Orchestre royal de Copenhague à partir de 1892 avant de décider de travailler comme artiste indépendant à partir de 1897. Il donne des concerts, enseigne et compose. Sa réputation repose sur une forte présence scénique qui charme les auditeurs ainsi que sur une personnalité où l’humour et la loyauté dominent.

On lui connaît des chansons pour enfants comme la série des Børnesange (Chansons pour les enfants), son opus 29, basées sur différents poètes danois bien connus où l’on ne trouve qu’un seul poème qu’Andersen écrivit en 1871 (1’30) : Danse, danse, Dukke min (Danse, danse, ma poupée !). Il existe bien d’autres poèmes illustrés musicalement par lui mais nous nous concentrons essentiellement, comme annoncé au début, sur les textes d’Andersen.

Une de ses plus grandes réussites repose sur Det døende Barn (L’enfant mourant) de 1899. Citons issus des 4 chansons Ved Vuggen (Au berceau) son opus 3 et sa vision de Agnete Vuggevise (La Berceuse d’Agnete) de 1889.

Il laisse une partition gracieuse et appréciée pour le ballet Den lille Havfrue (La Petite sirène) en 1909 sur le conte éponyme d’Andersen. L’œuvre créée au Théâtre royal en 1910 résulte de la collaboration entre le directeur Julius Lehmann et le maître de ballet Hans Beck. Le succès fut au rendez-vous grâce, en grande partie, à la musique d’Henriques.

C’est en 1927 qu’Henriques mit en musique un ballet baptisé Snedronningen (La Reine des neiges) encore une fois inspiré par un des fameux contes d’Andersen.

Il posa aussi ses notes sur le poème suivant : Moder, jeg er raet, nu vl jeg sove (Det døende barn)/ Mère, je suis fatigué, je vais bientôt dormir (L’enfant mourant), poème imprimé en 1837. 4’

Henriques composa encore l’Ouverture du Festival Hans Christian Andersen qui fut jouée au Théâtre royal 2 avril 1905 par l’Orchestre royal sous sa propre direction pour la célébration du centenaire de la naissance de l’écrivain. Le thème principal est basé sur les notes B-C-A figurant les initiales de l’écrivain H.C.A. (le B correspondant au H en danois). Partition oubliable et oubliée semble-t-il.

Nous citerons brièvement l’intérêt ponctuel pour la littérature de H.C. Andersen du très intéressant compositeur danois, Håkon Børresen (Copenhague, 2 juin 1876-Copenhague, 6 octobre 1954) avec un mélodrame sur L’Histoire d’une mère en 1929. Elève de Johan Svendsen, il se fait une place très convenable au sein du monde musical danois. Président de la Société des compositeurs danois (1924-1949), il laisse des opéras, trois solides symphonies, un concerto pour violon, de la musique de chambre, des mélodies… Nous lui consacrerons prochainement un dossier dans le cadre de cette Série des Danois.

Une des plus grandes gloires de Paul von Klenau (Copenhague, 11 février 1883-Copenhague, 31 août 1946) revient à sa musique de ballet d’après Andersen donné à Stuttgart en 1916-1918 : Kleine Idas Blumen (Les Fleurs de la petite Ida). Klenau, qui a été un élève de Max Bruch à Berlin en 1902, a effectué une partie de sa carrière en Allemagne, notamment en tant que chef à l’opéra de Fribourg-en-Brisgau puis à celui de Stuttgart. Après la Première Guerre mondiale il travaillera auprès d’Arnold Schoenberg. Il retourne à Copenhague en 1940.

Elève de Rued Langgaard, pianiste, chef d’orchestre à la Radio danoise (1927-1936), au Nouveau Théâtre de Copenhague (1942-1944) et au Théâtre royal à partir de 1950, directeur de l’Association des chefs d’orchestre danois, de Samfundet et du comité de la Société danoise, Emil Reesen (Gentoffe, près de Copenhague, 30 mai 1884- id. 27 mars 1964) a composé un opéra, des ballets, de la musique de film, des pièces pour orchestre, des cantates, des chansons et de la musique populaire.
Sa modeste réputation post-mortem repose sur une suite symphonique tirée du ballet « Gaucho » (composé en 1931) et également sur l’opérette Farinelli.

Sur le texte d’Andersen Historien om en moder (L’histoire d’une mère) il adjoint sa musique en 1941.

L’outsider de la musique danoise, le tour à tour génial ou banal Rued Langgaard (Copenhague, 28 juillet 1893-Ribe, 10 juillet 1952) s’est peu rapproché du grand poète national sauf pour le mélodrame La Mer du Nord (Vesterhavet), BNV 39, pour déclamation et orchestre (ou piano), de 1909, révision 1910, 12’. Texte : Er disse høje, sorte Masser Fjelde ?, créé au Odd-Felow Palaet de Copenhague, le 1er décembre 1913, avec la participation de Adam Poulsen (déclamation) et d’un orchestre sous la direction de Georg Høeberg. Nouvelle exécution dans sa version avec piano, le 12 février 1911, à Copenhague, avec Axel Madsen et Rued Langgaard lui-même (piano).

Peu connu et même inconnu de nos jours Erling Brene (14 novembre 1896- 17 mai 1980), né et mort à Copenhague, obtint une médaille de bronze en 1948 lors d’un concours organisé à l’occasion des Jeux Olympiques pour son œuvre Viguer (Vigueur), op. 40 pour orchestre, composée en 1943. Il enseigna à l’Ecole Ellebjerg de Copenhague de 1950 à 1970. Son rapport à Andersen se trouve dans son opéra, op. 55, intitulé Under Piletraet (Sous le saule), op. 55 de 1954.

Plus postérieur, Finn Høffding vient au monde à Copenhague le 10 mars 1899, date à laquelle Gade est décédé depuis presque dix ans, Hartmann lui mourra l’année suivante tandis que Carl Nielsen (35 ans) s’est hissé au rang de grand compositeur danois vivant.
Compositeur évidemment mais encore organisateur et enseignant à l’Académie royale de musique de Copenhague Høffding a écrit un certain nombre de musiques de qualité pour la jeunesse. Formé par Knud Jeppesen et Joseph Marx, Paul Hindemith est considéré comme étant son mentor.

Signalons sa fantaisie symphonique Der er ganske vist (C’est parfaitement vrai) de style plus avancé mais cohérent où l’influence de Carl Nielsen se ressent manifestement. 10’, op. 37, 1940-1943. L’œuvre (op. 37, 1940-1943, 10’) dédiée à Vera et Carl Johan Michaelsen, des amis intimes de Carl Nielsen, sera donnée en création à Copenhague le 6 mars 1944 et sous forme de pantomime aux Jardins de Tivoli le 1er juillet 1948. Un motif au basson suivi par une progression orchestrale très colorée, s’enrichit d’une belle métamorphose. Il ne s’agit pas d’une illustration musicale du conte mais ce dernier sert de moteur au développement lui-même.

L’ intérêt de Høffding pour Andersen fut précoce puisque dès le 29 décembre 1928 le Théâtre royal de Copenhague programma son opéra (1926) Kejserens nye Klaeder ou Les Nouveaux habits de l’Empereur, d’après une histoire très populaire du conteur.

Høffning s’appuie pour sa Fantaisie symphonique n° 2 sur C’est parfaitement vrai. Le texte lui inspire un court motif qui servira de base à des développements plus ambitieux. Musicalement nous sommes encore proches de la Fantaisie symphonique n° 1 « Evolution », de 1939, créée à Copenhague le 4 septembre 1940, quoique ici moins dramatique (occupation du Danemark en 1940). On lui attribue comme antécédent et précurseur L’Apprenti sorcier (1897) de Paul Dukas, basé lui sur un poème de Goethe. Message humaniste et atmosphère sombre se firent ressentir lors de la création le 6 mars 1944 aux Jardins Tivoli de la capitale danoise. A l’écoute, les qualités d’orchestrateur de Høffding s’imposent par le choix des thèmes, inventifs et toniques, et globalement par son engagement néoclassique ressortant du meilleur goût.

Høffning composa également 3 opéras, 4 symphonies, 4 fantaisies symphoniques… La dernière The Arsenal of Springfield pour solistes, chœur, orgue et orchestre (sur un texte de l’écrivain américain Henry Wadsworth Longfellow) de 1953 est un des sommets de sa production.

Finn Høffning décède à Copenhague le 3 mars 1997 à l’âge de 98 ans, considéré unanimement comme l’un des compositeurs danois les plus conséquents de l’après-Nielsen.

Elève de Carl Nielsen et de Thomas Laub, créateur très doué, Poul Schierbeck (Copenhague, 8 juin 1888-Copenhague, 9 février 1949) proposa son propre arrangement pour cordes du fameux I Danmark er jeg født (Le Danemark où je suis né), une des chansons chères au cœur des Danois. Durée de ce prélude pour cordes, op. 43, composé en 1941 : 7’30 environ.
Dés 1926 il avait écrit une mélodie sur ce même poème d’Andersen. Avant lui, en 1850, Henrik Rung l’avait aussi mis en musique avec un grand succès populaire.

C’est une mélodie simple, chantante, belle, équilibrée, dont on retrouve les qualités dans sa paraphrase pour cordes de 1941. Son épouse la chanteuse Sylvia Schierbeck l’interpréta avec le compositeur au piano.

Poul Schierbeck avait étudié la composition, l’instrumentation et l’orgue au Conservatoire royal de musique de Copenhague où il enseignera à son tour la composition et l’instrumentation de 1916 à 1949. Il excella dans l’écriture pour la voix, notamment des chansons, des cantates et un opéra Fête galante (1923-1930). Ses sources d’inspiration dans le domaine de la chanson populaire reposaient majoritairement sur Carl Nielsen et Thomas Laub.

Il ne composera que deux autres chansons sur des textes d’Andersen, chansons aux accents patriotiques exacerbés puisque l’on était sous l’occupation allemande du pays durant le second conflit mondial. A savoir Forvisning (Exil), Endnu er ej Danmark en Kæmpegrav (Le Danemark n’est pas encore une charrette de géant) et For Danmark (Der er en stor, alvorlig Tid)/Pour le Danemark (C’est un moment capital et grave) sur des poèmes publiés dans le quotidien Fædrelandet en mars 1848. Schierbeck proposa de la musique pour voix et piano, pour un chœur mixte et pour un chœur d’hommes avec le titre « Deux chants oubliés mais patriotiques », travail publié par l’éditeur danois Wilhelm Hansen comme opus 58.

A l’occasion de son 50e anniversaire, en 1938, Schierbeck écrivit Praeludium eller Parafrase for Strygere (Prélude sur une Paraphrase pour cordes), op. 43, une mélodie largement diffusée au Danemark. Elle sera jouée pour la première fois en 1938 par Erik Tuxen et l’Orchestre symphonique de la Radio.

Précisons que le compositeur Bo Holten (né en 1948) écrira trois variations sur cette mélodie de Schierbeck pour un ensemble de cuivres.

Schierbeck élabora aussi une musique orchestrale pour le conte Le Briquet, comme arrière-plan à une lecture du texte présentée la première fois à la radio lors d’une soirée folklorique le 29 septembre 1942 avec Mogens Wieth comme narrateur et comme chef d’orchestre. Une version pour piano fut publiée ultérieurement, elle est due à l’organiste Edwin Nielsen.

La réputation, trop modeste, de Ebbe Hamerik (Copenhague, 5 septembre 1898- Copenhague, 11 août 1951) repose sur ses 5 symphonies, Cantus firmus I-V, pièces originales et denses mais aussi sur deux opéras. L’un Marie Grubbe d’après J.P. Jacobsen en 1940, l’autre d’après Hans Christian Andersen Rejsekammeraten (Le Compagnon de voyage) composé en 1945 et présenté à Copenhague le 5 janvier 1946. Lunn regrette que ces deux partitions « les plus importantes œuvres de la musique dramatique danoise du 20e siècle » « soient si peu jouées ». Explication : « Elles exigent énormément au point de vue de l’exécution musicale et de la technique scénique ».

Der var en kone på landet (Konen med aeggene)/Il y avait une paysanne dans la campagne (La Paysanne aux œufs), poème de 1836 fut mis en musique par Kai Normann Andersen (Copenhague, 11 avril 1900- Copenhague, 24 juin 1967), 3’30. Banquier tout en pratiquant très tôt la musique, Kai Normann Andersen s’est illustré dans la composition de musiques de film (on compte une cinquantaine de participations entre 1930 et 1965) dont certaines dirigées par le célèbre chef d’orchestre finlandais Georg Schnéevoigt dans les années 1930.

Knud Vad Thomsen (Fredericia, 23 mars 1905-2 février 1971), compositeur danois dont la renommée, fort modeste semble-t-il, repose sur des mélodies de bonne facture. Il enseigne son art après avoir été diplômé en 1926 et participe au chant scolaire de Frederiksberg. Il laisse donc des chansons, plus de 900 chansons dont certaines jouirent d’un réel succès. Plusieurs de ses chansons s’appuient sur des poèmes de Hans Hartvig Seedorff, Nis Petersen, Jens Petersen Louis, Paul Sorensen, Aage Berntsen… Il laisse aussi de la musique pour le cinéma, pour des revues , des pièces pour la radio dans le cadre d’émissions pour les enfants… Ses mélodies retenaient l’attention des auditeurs.
Unique poème d’Andersen (1830) mis en musique par ce compositeur : I himlen sidder Guds engle små (Fantasistykker i min egen manér)/Les petits anges se tiennent assis dans le paradis de Dieu (Fantaisie à ma façon). 2’30

Diplômé en droit en 1945 et chef d’orchestre, Henning Wellejus (Roskilde, 23 août 1914-Frederiksborg, 8 décembre 2002) a étudié auprès de Svend Erik Tarp et composé beaucoup de musique. Des pièces pour la scène, des musiques orchestrales et de chambre, des oeuvres pour piano ainsi que des chœurs et des chansons constituent son vaste catalogue. Son esthétique néoclassique rejette tout modernisme et se complait dans la tradition servie par un sens mélodique très développé. On l’a surnommé « l’anti-avant-gardiste de la musique ».

Il compose une suite en 9 sections pour orchestre à partir du ballet inspiré par Andersen Le Cygne (Svanen) intitulée Nos amis d’enfance (Vor barndoms venner), op. 15, 13’, de 1950. De la partition initiale destinée au Théâtre d’Odense (1950) il tira deux suites dont chaque partie est inspirée par un des personnages des histoires de l’écrivain.
Au cours de sa carrière Wellejus mit en musique les poèmes d’Andersen suivants : I regning er jeg noget sen (Et barns skriftemål)/Je suis plutôt lent en arythmétique) (L’Aveu d’un enfant), texte de 1845, 1’45 ; En lille laerke kvidrende kom (I forå i Køge) (Til lille Charlotte)/Une petite alouette vint gazouiller (Printemps à Køge) (Pour la petite Charlotte), poème de 1875, durée 0’40 ; Hvor bølgen højt mod kysten slår (Hytten)/ Là où la mer monte haut vers la plage (La Cabane). 2’. Poème d’amour de 1831 ; Man har et sagn (Perlen)/C’est une légende (La Perle), poème de 1831. 1’; Høj og stolt jeg fronen bar (Bøgetraeet)/ J’étais grand et fier de ma couronne (Le Hêtre), poème de 1830. 1’ ; Jeg har en angst som aldrig før (Salme)/ Je me sens plus anxieux que jamais (Psaume) (poème de 1864). 1’45 ; Du smiler her fra haekkens grønne blade (Rosen)/Tu souris depuis le feuillu verdoyant (La Rose), poème de 1832. 2’15 ; Det er liv at rejse/ Voyager c’est la vie (texte de 1842). 1’50.

Sven-Erik Werner (1937- ). Werner a étudié à l’université de Copenhague et a fait ses débuts comme compositeur au festival de Palerme en 1968. Il travaille au service des programmations de la Radio danoise (1964-1970) avant d’être engagé par l’Académie Carl Nielsen d’Odense comme professeur de théorie musicale et d’histoire de la musique. Il devient directeur de l’Académie (1972-1989) puis vit comme compositeur indépendant tout en participant à la vie musicale du pays.
Au plan de la création il est influencé par les modernistes polonais des années 1960 (Lutoslawski, Baird), par Olivier Messiaen et par le pluralisme des années 1970.

Son premier contact de créateur avec Hans Christian Andersen se situe en 1975 époque où il compose la musique pour un ballet télévisé de Flemming Flindt autour du Briquet.

La musique destinée à La chose la plus incroyable, de 1997 revient à l’Orchestre symphonique d’Odense dans le cadre de concerts pour les élèves de 12-15 ans.

Le plus incroyable est l’un des derniers et des plus intenses contes qu’Andersen écrivit en 1870, cinq ans avant sa mort, à la suite du choc ressenti lors de l’absurdité et la violence de la guerre franco-prussienne. Il écrit : « Car une loi est une loi, même si c’est la plus incroyable chose ».

Cette musique inspirée des visions d’Andersen propose des citations et des collages, impacts du chant grégorien et des avancées contemporaines. Elle véhicule habilement des impressions pénibles et douloureuses de la guerre. Cette remarquable partition (36’) traduit avec beaucoup de sensibilité et d’inventivité la vision d’Andersen récitée par une narratrice chargée d’introduire beaucoup de dramatisme dans sa diction.

On lui doit aussi Fabliau d’après Andersen, poème symphonique avec narrateur.

Un autre compositeur danois ayant connu une période de grand succès a mis en musique Konen med Aeggene (La Femme aux œufs) en 1992. Un travail arrangé et orchestré par Sven-Erik Werner en 1997. Durée : 8’. Il s’agit de Fuzzy (23 février 1939- ). De son vrai nom Jens Wilhelm Pedersen, il est connu pour ses apparitions télévisées, fantaisistes, ses partitions harmonisées pour le théâtre, le cinéma et des séries télévisées. A côté de cela, il a produit de la musique de chambre, de la musique pour le théâtre, des pièces de musique électronique dont il est un des pionniers dans son pays. Formé à l’Académie royale de musique de Copenhague il y a pour maîtres des noms prestigieux comme , Finn Høffding et . Il parfait sa formation à l’étranger auprès de personnalités importantes comme Jan Bark, et Karlheinz Stockhausen. Conférencier à l’Académie de musique d’Aarhus pendant plusieurs années, il devient compositeur free-lance. Il est souvent invité à enseigner au Danemark et à l’étranger. Compositeur plein d’imagination, peu soucieux du respect des genres académiques, il s’impose comme un improvisateur riche et doué.

Fuzzy a mis en musique le conte Le Briquet (pour les enfants et a écrit la musique pour le dessin animé de Jannick Hastrup intitulé H.C. Andersen og den skaeve skygge (H.C. Andersen et l’Ombre malhonnête) en 1997.

En 1992, en compagnie du chanteur populaire Poul Dissing (jazz, chansons, rock) il réalise un CD comprenant des vers du conte d’Andersen La Femme aux œufs que l’écrivain publia initialement dans le journal progressiste Den Danske Bondeven en 1836. La musique originale de Fuzzy est respectée dans l’orchestration enregistrée (réalisée par Sven Erik Werner) mais reçoit des préludes et interludes additionnels où l’on peut percevoir des allusions plus ou moins masquées à Bellman, Grieg (Peer gynt), Hartmann… La version Fuzzy-Werner (1992/1997) enregistrée chez Dacapo est de toute beauté avec une narratrice, Vigga Bro, remarquable et impressionnante.

Le père, Herman David Koppel (1908-1998) avait été un élève et un brillant défenseur de la musique de piano de Carl Nielsen avant d’occuper à son tour un rôle non négligeable dans la musique de son temps. Le fils, Thomas Koppel (Orebro, Suède, 27 avril 1944- 25 février 2006), lui, a composé à la fois de la musique dite sérieuse mais aussi de la musique populaire d’avant-garde. Né dans un camp de réfugiés pour juifs en Suède, il se rend au Danemark avec sa famille pour plus tard étudier à l’Académie de musique de Copenhague où son père enseignait le piano. A son tour, il devient pianiste et compositeur et élabore des quatuors à cordes, des opéras, des cantates, des symphonies… A l’âge de 18 ans il achève son premier opéra L’Histoire d’une mère, d’après le conte d’Andersen, qui sera donné au Théâtre royal de Copenhague le 17 octobre 1965.

Autre compositeur danois formé auprès de Knud Jeppesen (théorie) et Rudolf Simonsen (histoire de la musique) au Conservatoire de Copenhague (1929-1931) où il enseignera à son tour (1936-1942), Sven Erik Tarp (Thisted, Jutland, 6 août 1908 – Copenhague, 19 octobre 1994) s’investit aussi dans divers postes administratifs et la vie musicale du pays. Le chorégraphe Bartholin a travaillé sur Skyggen (L’ombre), ballet créé le 1er avril 1960, d’après le conte de H.C. Andersen sur la musique, que Tarp composa en 1941-1944. Malgré de bonnes pages musicales le ballet ne rencontra pas un bon accueil.

Après une période de succès on parle moins de ce compositeur octogénaire à la production musicale abondante et variée. Ib Nørholm (né le 24 janvier 1931) a étudié auprès de , Bentzon et Høffding au Conservatoire royal de Copenhague dans les années 1950-1954. Critique musical, organiste, pédagogue (conservatoires de Copenhague et Odense). Son esthétique qui s’appuie sur la tradition, ne manque pas de lyrisme tout en se montrant ouverte aux acquis de la modernité.

Le premier opéra qu’il écrivit à l’âge de 17ans pour son école repose sur le conte d’Andersen intitulé L’Escargot et le Risier. Bien plus tard, en 1972, on le charge d’écrire la musique pour un film de marionnettes de Jørgen Vestergaard sur Le Compagnon de voyage et une autre pour L’Ombre en 1974 dont la suite op. 59 (13’) en quatre parties intitulées s’appuie sur des épisodes de ce texte : Au Sud ; Le Poète et sa Muse ; Valse de la Princesse et Triomphe de l’Ombre. Il compose encore pour un drame télévisé en 1987 de Brigitte Price, La Bergère et le Ramoneur, dont il tire une suite op. 104, 27’, en 6 sections (Prélude-Intermezzo-La Fuite-L’Ascension-Le Retour-Postlude).
La Cloche, pour orchestre avec soprano et narrateur.

Des Poèmes choisis ont servi à façonner des lied avec orchestre, solistes et chœur de chambre.

Karl Aage Rasmussen (Kolding, 13 décembre 1947-) s’est fait un nom au Danemark comme compositeur, écrivain, pédagogue et acteur actif de la vie musicale du pays. Au Conservatoire d’Aarhus ses principaux mentors s’appellent et Pelle Gudmundsen-Holmgren. Musicien au style à la fois cosmopolite et néoclassique, en 2004-2005, il compose une version pour orchestre des Cinq Lieder mis en musique par Robert Schumann (op. 40, 1840) sur des textes d’Andersen.

Knud (Torben) Christensen Sebastian (19 décembre 1949- ). Chanteur, musicien (guitariste) et compositeur, il a écrit de nombreuses chansons, de la musique pour le cinéma et des comédies musicales. Sa musique, très appréciée, provient en droite ligne de la tradition musicale danoise. Il est l’un des propagateurs du rock danois. Il perce en 1972. En 1980, en collaboration avec l’homme de théâtre Preben Harris, il met en musique Nattergalen (Le Rossignol) d’Andersen.
En 1989 le Théâtre royal lui demande de composer la musique pour un ballet basé sur le conte de fées Dyndkongens Datter (La Fille du roi de la vase) qui ne sera jamais créé au Théâtre royal.

En 1996 il écrit une partition sur la vie d’Andersen, une comédie intitulée simplement Hans Christian Andersen, produite au Théâtre Gladsaxe de Copenhague sur un texte de Fleming Enevold qui ménage une place à plusieurs personnages des Contes. A cette occasion il produisit plusieurs accompagnements musicaux sur des poèmes bien connus dont I Danmark er jeg født (Le Danemark où je suis né). Sa version est lyrique et assez proche de la version de Schierbeck.

En décembre 2005, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’écrivain il compose la musique pour le drame romantique Mulatten de 1840.

Beaucoup plus près de nous, certains trouvent encore leur inspiration dans la littérature d’Andersen, on pense par exemple à Frederik Magle, né le 17 avril 1977, compositeur et organiste, élève de Leif Thybo. Il est connu en tant que compositeur pour la famille royale danoise. Il compose une musique mélodique tout en lui injectant des éléments de musique atonale. La Chanson est un conte de fées, 20 chansons basées sur des histoires de Hans Christian Andersen, date de 1994.

Compositeur danois, auteur de chansons réputées pour la qualité de leur mélodie dont certaines ont été sélectionnées dans des livres de chansons sur des poésies de grande qualité, Bjarne Haahr a mis ses propres notes sur : Så smukt er ingen steder (Nul endroit n’est aussi beau), poème de 1844, 1’30 et Alt farer hen som vinden (Tout s’envole au loin comme le vent), poème de 1869. 1’50

Une simple évocation, un bref survol même, de la production très récente lancée dans le cadre d’un ambitieux projet officiel baptisé « Contes de fées symphoniques » impliquant John Frandsen (né en 1956) avec L’Ombre pour narrateur, solistes (ténor et baryton), 2 danseuses, chœurs de garçons et de filles, chœur mixte, 35’ ; Jesper Koch (né en 1967) avec La Reine des neiges, poème symphonique (28’) ; Bent Lorentzen (né en 1936) avec Le Briquet pour narrateur, chœur mixte, chœur d’enfants et percussion (30’) ; Sven Erik Nielsen (né en 1937) avec Le Porcher, pour narrateur, solistes (soprano, mezzo-soprano, ténor et baryton) et chœur de filles ; Svend Hvidfeldt Nielsen (né en 1958) avec Poucette pour narrateur, soliste (soprano et alto), chœur d’enfants, chœur mixte et orchestre symphonique (1999-2000) et un opéra de chambre La Petite sirène (1999-2000) créé en Fionie en mai 2000 ; Per Nørgård (né en 1932) avec Les feux follets sont arrivés en ville, pour chœur d’enfants et orchestre et récitant ; Morten Olsen (né en 1961) avec La Petite fille aux allumettes, conte orchestral avec introduction parlée. Et aussi sur des poèmes choisis, des lied avec orchestre et solistes vocaux.

Un mot des chorégraphies danoises inspirées par les textes de H.C. Andersen. Nous réservons une présentation séparée du chorégraphe August Bournonville. Le célèbre chorégraphe qui modernisa Den lille Havfrue (La Petite sirène) après le travail original de Hans Beck ne connut pas de succès. Lander et le premier chef au Théâtre royal Johan Hye-Knudsen travaillèrent sur le conte Svinredrengen (Le petit porcher) en 1936.

En février 1942, une soirée Riisager avec une chorégraphie de Ralov présenta un divertissement sur le conte de Andersen Tolv med posten (Douze en voiture de poste).

Comme on vient de le lire, certains poèmes de Hans Christian Andersen ont connu une très grande popularité et inspiré plusieurs compositeurs pour le même texte. Ainsi en est-il de Snees-Dronningen (La Reine des neiges) successivement mis en musique par J.P.E. Hartmann, Niels W. Gade et Carl Nielsen. Sur ce même texte les musiques empruntent divers styles allant de la ballade populaire à la chanson romantique et à la simple chanson populaire comme apparue au début du 20e siècle. Ce poème de jeunesse initialement imprimé dans le quotidien Kjøbenhavns-Posten le 17 mars 1829 sera inclus dans le premier recueil de poèmes en janvier 1830 intitulé Digte (Poèmes). Les compositeurs Fredrika Bremer (suédoise) et A.P. Berggreen (danois) l’ont aussi mis en musique.

Un autre poème très connu et apprécié des Danois, publié dans le quotidien Fædrelandet (La Terre Patrie) le 5 mars 1850, Le Danemark où je suis né, fut mis en musique par plusieurs compositeurs et même proposé en remplacement de l’hymne national. On citera principalement Henrik Rung et Poul Schierbeck (plusieurs mélodies chacun) dont la participation se concrétisa (ensemble ou isolément) dans plusieurs éditions parues en 1922, 1928, 1940, 1958, 1976, 1988, 1993, 1996 ! Le texte d’allure franchement patriotique fut stimulé par les évènements centrés autour de la guerre contre la Prusse en 1848-1850. Sebastian en propose plus tard sa version dans sa comédie musicale Hans Christian Andersen au Théâtre Gladsaxe en 1996.

 

Des Danois certes mais pas uniquement…

Parmi les compositeurs scandinaves qui ont abordé la littérature d’Andersen il convient de citer le Norvégien (1843-1907) et le Suédois Otto Lindblad (1809-1864). Plus récemment John Speight, un Islandais, a composé une œuvre vocale sur le conte L’Empereur et le Rossignol en 1995, créée à Reykjavik en 1996. Une œuvre de style plutôt traditionnel avec la participation de danseurs et de chanteurs.

Hors du champ musical et culturel nordique on rappellera les participations intéressantes de l’Allemand Robert Schumann (1810-1856) concrétisées notamment dans les Fünf Lieder (Cinq Chants), op. 40, 1840.

 

Enregistrements évoqués dans le texte

Music inspired by Hans Christian Andersen’s Fairytales.Orchestre symphonique d’Odense, dir. Ole Schmidt. Dacapo 8.226047.Enregistrement de mai 1986. Initialement publié par Unicorn-Kanchana DKP 9036.

August Enna : Ouverture to Den lille pige med svovlstikkerne.

C.E.F. Weyse : « Sigøjnerdans » from Festen på Kenilworth.

Poul Schierbeck : I Danmark er jeg født, op. 43, Prélude pour cordes.

J.P.E. Hartmann : Overture to Ravnen, op. 12.

: Episoder af H.C. Andersens eventyr “Elverhøj”, Suite pour orchestre, op. 67.

Finn Høffding : Det er ganske vist, op. 37.

Musical Fairytales by Hans Christian Andersen.Vigga Bro (récitante), Orchestre symphonique d’Odense, dir. Jan Wagner. Dacapo 8.224099. Enregistrement de mai 1998.

Sven Erik Werner : Det Utroligste (The Most Incredible Thing)

Fuzzy : Konen med Aeggene (The Woman with the Eggs) (arrangement orchestral de Sven Erik Werner)

Hans Christian Andersen : Det er ganske vist (It’s Perfectly True!)

Finn Høffding : Det er ganske vist (It’s Perfectly true).

“Et saligt Digterhjerte”. Tekster af H.C. Andersen.Enregistrement de mai 1996. Sunget af Annie Birgit Garde. Ved flygdet Henning Wellejus. Danacord DACOCD 448.

22 textes de H.C. Andersen mis en musique par John. Chr. Gebauer [Hist, hvor vejen slår en bugt (Moderen med barnet) ; Pandeben ! Godt det gror !], Fini Henriques [Danse, danse dukke min ; Moder, jeg er traet, nu vil jeg sove (Det døende barn)], Henning Wellejus [En lille laerke kvidrende kom (Til lille Charlotte) ; Hvor bølgen højt mod kysten slår (Hytten) ; Man ar et sagn (Perlen) ; Høj og stolt jeg kronen bar (Bøgetraeet) ; Jeg har en angst som aldrig før (Salme) ; Du smiler her fra haekken grønne blade (Rosen) ; Det er liv at rejse], H.S. Paulli [Lille Viggo, vil du ride ranke], Knud Vad Thomsen [I himlen sidder Guds engle små] ; Niels W. Gade [ Barn Jesus i en krybbe lå], Peter A. Heise [Sol deroppe ganger under lide (Agnetes Vuggesang) ; Jylland mellen tvende have], Kai Normann Andersen [Der var en kone på landet (Konen med aeggene)], Bjarne Haahr [Så smukt er ingen steder ; Alt farer hen som vinden], C.A. Polenz [Hvor skoven dog er frisk og stor], Henrik Rung [I Daanmark er jeg føodt].

Nordic Light. Danish National Radio Choir, dir. Stefan Parkman. 1995. Chandos CHAN 9464. Une quinzaine de compositeurs sont enregistrés dont C’est au Danemark que je suis né de Henrik Rung.

A Danish Christmas. Chants de Nielsen, Gade, Weyse, Hartmann, Lange-Müller et autres. 31 chansons enregistrées par Musica Ficta, dir. Bo Holten. 1996. Naxos 8.554627. Dont un texte d’Andersen Barn Jesus i en krybbe lå avec la musique de Niels Gade.

Dans le CD intitulé Melchior & Flagstad in Copenhagen nous sont proposés des chansons de compositeurs danois et du Norvégien Grieg. Dans le cadre de notre sujet retenons de Henrik Rung : Hvor Nilen vander (Where the Nile waters), enregistré par Melchior en septembre 1939 et par Flagstad en 1936. Danacord DACOCD 325.

August Enna. Symphonie n° 2 (34’) ; Ouverture Hans Christian Andersen (12’) ; Contes-Tableaux symphoniques (32’). NDR Radiophilharmonie Hannover, dir. Michael Hofstetter.2004-2005. CPO 777 035-2.

August Enna. La Petite fille aux allumettes, conte musical en un acte, d’après Andersen, livret du Danois Ove Rode. Avec (soprano), Gitta-Maria Sjøberg (soprano), Sokkelund sangkor, Danmarks Radio Pige kor, The Danish Radio Sinfonietta, dir. Roman Zeilinger. 1998. CPO 999 595-2.

La Bergère et le Ramoneur (Hyrdinden og Skorstensfejeren), ballet pour orchestre et narrateur, basé sur le conte de Hans Christian Andersen. Frits Helmuth (narrateur), The Danish Radio Sinfonietta, dir.Roman Zeilinger. 2000. CPO 999 595-2

Niels Gade.Intégrale des chansons, en 3 vol.

Le volume 2 propose 26 chansons dont 5 sur des textes de Hans Christian Andersen. Majken Bjerno (soprano), Tove Lønskov (piano). 1998. Kontrapunkt 32279. Il s’agit de : Vise om Agnete og Havmanden/Song of Agnete and the merman (2’) ; Agnetes Vuggevise/Agnete’s Lullaby (5’30) ; Martsvioler (Marsch violets (1’30) ; Romance (1’30) ; Snee-dronningen/The Snow-Queen (3’).

Le volume 3 contient 27 chants dont deux d’Andersen. Lars Thodberg Bertelsen (baryton), Tove Lønskov (piano). 1998. Kontrapunkt 32289. Citons donc : Hemming spillemands sang /Song of Hemming the fiddler (2’30) ; Fiskerdrengens vise/ The Fisherboy’s song (1’).

Fini Henriques. Musique orchestrale. Sept compositions dont, extraits de Den lille Havfrue (La Petite sirène) : Air (5’30) et Livsglædens Galop. Allegro (3’). Orchestre symphonique d’Helsingborg, dir. Giorfano Bellincampi. 2000-2001. Dacapo 8.224173.

Ebbe Hamerik. Rejsekammeraten (Le Compagnon de voyage). Opéra-conte de fées en 4 actes adapté de l’histoire de Hans Christian Andersen. 1979. Ole Hedegaard, Edith Guillaume, Erik Keiling, Lars Waage. The Danish Philharmonic Orchestra South Jutland, dir.Francesco Cristofoli. Danacord DACOCD 507.

Henning Wellejus. Œuvres pour orchestre dont Nos amis d’enfance, op. 15. The Danish Radio Concert Orchestra, dir.Peter Ettrup Larsen. 1995. Dacapo Marco Polo 8.224040.

Carl Nielsen. The Lesser Known Nielsen. Songs by Carl Nielsen.

Vol. I. Peder Severin (ténor), Dorte Kirkeskov (piano). 1988. Rondo RCD 8319.

D’après Andersen on retiendra : Studie efter Naturen (1’10) ; Hun mig har glemt (2’30) ; Min lille Fugl (1’20).

Vol. II. Peder Severin (ténor), Elisabeth Rehling (soprano), Dorte Kirkeskov (piano). 1988. Rondo RCD 8323. Une seule utilisation des textes d’Andersen : Højt ligger på marken den hvide sne (1’40).

Nielsen. Complete works a cappella choir. Canzone-Koret, dir. Frans Rasmussen. 1984. Danacord DACOCD 368. 38 pièces dont une seule revient à Andersen dans les 6 Kanoner (Six Canons) composés en mai 1930 : Traaden brister, Rokken staaer (1’).

Poul Schierbeck. Musique de chambre. Six œuvres dont I Danmark er jeg født, paraphrase pour orchestre à cordes. 1998. Københavns Yngre Strygere (KYS), Morten Ryelund Sørensen. Classico CLASSCD 290.

Ib Nørholm. Symphonic Fantasy, Hearing Andersen, op. 104. 27’. The Shadow, orchestral suite, op. 59, 13’. Symphoniy n° 5, The Elements, op. 80, 29’. The Danish Radio Symphony Orchestra, dir.Michael Schønwand, Tamás Vetö, . 1987, 1974 et 1984. Kontrapunkt 32005.

Principaux textes utilisés pour cette étude

Hans Christian Andersen. Œuvres I. Textes traduits, présentés et annotés par Régis Boyer. NRF Gallimard. La Pléiade. 1992.

Hans Christian Andersen. Œuvres II. Textes traduits, présentés et annotés par Régis Boyer. NRF Gallimard. La Pléiade. 1995.

Régis Boyer. Andersen. Encyclopédie Universalis. 1968.

Régis Boyer. Histoire des littératures scandinaves. Fayard. 1996.

Jean-Luc Caron. Carl Nielsen. L’Age d’Homme. 1990.

Jean-Luc Caron. Jenny Lind (1820-1887). Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen, n° 9, 1993.

Jean-Luc Caron. Niels W. Gade.Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen n° 17, 1997.

Jean-Luc Caron. Les Musiciens danois de l’âge d’or. Un survol. La Série des Danois (V). Etude mise en ligne sur Resmusica.com le 30 avril 2009.

Jean-Luc Caron. . Un roi du divertissement au Danemark. Etude mise en ligne sur Resmusica.com le 23 juin 2008.

Jean-Luc Caron. Hans Christian Lumbye. Comment définir le style de la musique de Lumbye. Etude mise en ligne sur Resmusica.com le 23 juin 2008.

Jean-Luc Caron. Louis Glass. « Le » post-romantique danois par excellence. Etude mise en ligne sur Resmusica.com le 22 septembre 2008.

Jean-Luc Caron. Asger Hamerich. Danois, cosmopolite et ami de Berlioz. La Série des Danois (IX). Etude mise en ligne sur Resmusica.com le 12 février 2010.

Jean-Luc Caron. . Le Danois migraineux. La Série des Danois. Etude mise en ligne sur Resmusica.com le 20 décembre 2008.

Jean-Luc Caron. Fini Henriques. Le sourire du Danemark. La Série des Danois (VI). Etude mise en ligne sur Resmusica.com le 3 juillet 2009.

Jean-Luc Caron. La Petite Christine, opéra romantique danois de J.P.E. Hartmann. La Série des Danois XII. Etude mise en ligne sur Resmusica.com le 29 août 2011.

Frédéric Durand. Les littératures scandinaves. PUF Que sais-je ? n° 1586. 1974.

Anna Harwell Celenza. Hans Christian Andersen and Music. The Nightingale Revealed.Ashgate. 2005.

Sven Lunn. La vie musicale au Danemark. Copenhague. 1962.

Alda Manghi. Andersen.Le Nouveau Dictionnaire des Auteurs de tous les temps et de tous les pays. Bouquins Robert Laffont. Edition de 1994.

Ulla Naumann. Andersen. Dictionnaire des auteurs européens. Sous la direction de A. Benoit-Dusasoy et G. Fontaine. Hachette. 1992.

D.W. La Famille Hartmann. Dossier inédit d’un descendant de la famille Hartmann confié à l’auteur.

Encyclopédie de la littérature. Encyclopédie d’aujourd’hui. La Pochothèque Garzanti. Livre de Poche. 1997.

Histoire des littératures. II. Littératures occidentales. Encyclopédie de La Pléiade. Volume publié sous la direction de Raymond Queneau. 1956.

Plus de détails

Dossier inédit que « La série des Danois » qui met en lumière des musiciens souvent méconnus du public français. Rédiger par notre spécialiste de la musique nord-européenne, cette série d’articles va de découverte en découverte. Pour accéder au dossier : La série des Danois

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