Vasily Petrenko dirige Rachmaninov. Trop facile !

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Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Caprice bohémien op.12 ; Vocalise op.34 n°14 ; Symphonie n°3 op.44. Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, Vasily Petrenko (direction). 1 CD EMI. Référence 50999677901920. Code barre 5099967901920. Enregistré au Liverpool Philharmonic Hall les 23 septembre 2009 et 7-8 juillet 2010. Notice trilingue (anglais, allemand, français). Durée 62’51’’

 

Malgré son jeune âge (35 ans), Vasily Petrenko est déjà à la tête d’une discographie riche d’une vingtaine d’enregistrements dont celui-ci est le quatrième entièrement consacré à et la première collaboration avec EMI. Et le résultat d’être tout à fait convaincant grâce à un chef parfaitement armé pour faire face à l’un de ses compositeurs fétiches (avec Chostakovitch) et un orchestre absolument splendide.

La phalange impressionne déjà dans le Caprice bohémien d’un jeune artiste tout juste diplômé du Conservatoire de Saint-Pétersbourg et déjà auteur de l’opéra « tsigane » Aleko. La pièce, qui regorge de couleurs dvořákiennes et de diverses influences russes (dont le Tchaïkovski de la Symphonie n°4), est (trop) peu jouée et trouve ici une excellente version. Petrenko traite  l’œuvre avec sérieux (même si elle ne présente pas les mêmes qualités expressives que les autres pages du disques) et dirige tout en finesse un fabuleux orchestre qu’il prend le soin de ne jamais brider. De couleurs magnifiques, il en est également question dans l’arrangement par Rachmaninov lui-même de la sa célèbre Vocalise op. 34 n°14 que le chef rend avec tendresse sans tomber dans un sentimentalisme inutile.

Pièce de résistance du programme, la Symphonie n°3, moins célèbre que la précédente, est également approchée avec une belle intelligence musicale. « Mal-aimée » depuis sa création, la partition possède un côté clinquant (le deuxième thème du premier mouvement, par exemple) que Petrenko assume parfaitement. Il semble couler l’ensemble d’une seule pièce, donne l’impression de dessiner l’œuvre à main levée sans jamais interrompre le trait (le mouvement central), parvient à éviter tout mauvais goût en ne se complaisant jamais dans la mélancolie qui caractérise certains passages et tout cela… avec une facilité déconcertante ! Une fois encore, la qualité technique de ses troupes lui permet d’avancer vite et bien même si les esprits chagrins trouveront les bois du trop peu « fruités »… Si la discographie « moderne » reste dominée par (EMI -2007), la réussite de cet enregistrement nous autorise à espérer une gravure des deux autres symphonies du maître par les mêmes interprètes –même si la concurrence est forcément plus rude dans la « Deuxième ». Une collaboration à suivre…

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