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Debussy avant le Prélude à l’après-midi d’un faune

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Paris, Auditorium du Musée d’Orsay, 29-III-2012. Richard Wagner (1813-1883) / Claude Debussy (1862-1918) : Le Vaisseau fantôme, Ouverture, transcription pour deux pianos ; Claude Debussy : Cinq poèmes de Baudelaire ; Rêverie FL 76, Ballade FL 78, Valse romantique, FL 79 ; Première suite d’orchestre pour piano à quatre mains. Stéphanie d’Oustrac, mezzo-soprano ; Philippe Cassard, François Chaplin, pianos

Le grand debussyste est plus que jamais actif en cette année du 150e anniversaire de la naissance du compositeur. Après un récital de mélodies auprès de Natalie Dessay avec quelques pièces inédites, c’est cette fois avec Stéphanie d’Oustrac et de qu’il donne un concert rassemblant des œuvres écrites avant Le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894).

Ce sont donc des compositions de jeunesse, où son originalité commence à s’affirmer, encore assez timidement. Fervent wagnérien à ses débuts, il transcrit l’ouverture du Vaisseau fantôme pour deux pianos, en mettant en relief tous les effets sonores imaginés par le maître de Bayreuth. Les deux pianistes accentuent ces effets, jusqu’à provoquer des sons un peu criards – probablement à cause aussi de résonnances sympathiques créées par les deux pianos. Durant la même période, Debussy compose sur les Cinq poèmes de Baudelaire, dont certain chromatisme et le caractère parlé de la ligne mélodique rappellent toujours l’influence wagnérienne. La voix de Stéphanie d’Oustrac, aux couleurs chaudes et voluptueuses, avec une expression à la fois délicate et ouverte, s’accorde à merveille avec cet univers sensuel et presque mystérieux, en dépit de quelques difficultés à tenir des notes aiguës prolongées. Le timbre de mezzo-soprano et le son de piano s’entremêlent idéalement, s’adaptant l’un à l’autre dans une harmonie riche et colorée. Notons chez Cassard sa remarquable manière de lâcher la pédale à la fin de chaque morceau, subtile mais très naturelle, sans aucun excès de résonnance.

Après l’entracte, joue, un peu nerveux, trois pièces pour piano seul, datées de 1890. Il enchaine, avec , à la Première suite d’orchestre. Pour ce premier essai orchestral, Debussy compose d’abord une version pour piano à quatre mains vers 1883 (créée en 2007 seulement, précise le programme), avant de réaliser l’orchestration. Les deux musiciens goûtent ensemble à la fraîcheur de l’écriture du jeune Debussy. Le début du dernier morceau, « Cortège et Bacchanale », évoque quelque peu le Vaisseau fantôme, et la boucle est bouclée pour cette soirée à la fois variée (style) et homogène (qualité d’interprétation). Le Prélude à l’après-midi d’un faune version deux piano et le « Ballet » de la Petite suite pour piano à quatre mains, ont complété ce programme tout Debussy.

Crédit photographique : Philippe Cassard © Vincent Catala

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Paris, Auditorium du Musée d’Orsay, 29-III-2012. Richard Wagner (1813-1883) / Claude Debussy (1862-1918) : Le Vaisseau fantôme, Ouverture, transcription pour deux pianos ; Claude Debussy : Cinq poèmes de Baudelaire ; Rêverie FL 76, Ballade FL 78, Valse romantique, FL 79 ; Première suite d’orchestre pour piano à quatre mains. Stéphanie d’Oustrac, mezzo-soprano ; Philippe Cassard, François Chaplin, pianos

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