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Mondo della Luna vintage à Paris

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Paris, théâtre Mouffetard. 11-IV-2012. Joseph Haydn (1732-1809) : Il Monde della luna, opera buffa en trois actes sur un livret de Carlo Goldoni. Mise en scène : Alexandra Lacroix ; costumes : Aline Hersam ; lumières : Romain de Lagarde. Avec : Anna Reinhold, Lisetta ; Charlotte Dellion (Clarice) ; Cecil Gallois (Ecclitico) ; François Rougier (Cecco) ; Guilhem Souyri (Buonafede). Pianoforte : Camille Delaforge

La Compagnie Manque Pas d’Airs, habituée de l’ « opéra de poche », n’en est pas à son coup d’essai avec ce Mondo della Luna de Haydn : Orphée et Eurydice et Didon et Enée ont précédé cette dernière production, toujours au théâtre Mouffetard.

L’argument est simple : Buonafede, vieux barbon, maintient enfermées sa fille Lisetta et sa suivante Clarice. Les deux jeunes filles sont amoureuses de deux jeunes gens pas assez bien nés aux yeux du père : le scientifique Eccletico et son assistant Cecco. Eccletico est aussi le conseiller de Buonafede… Le savant fait entrevoir au vieux le monde de la lune par son télescope, l’embobine et l’endort. A son réveil, Buonafede est sur la lune, et l’empereur de la Lune (Cecco déguisé) exige d’épouser Clarice et de laisser convoler Lisette et Eccletico. Le tout après avoir négocier les dots. Les masques tombent et les noces peuvent avoir lieu.

De ce marivaudage vénitien Alexandra Lacroix en fait une comédie ratée, aux idées inabouties. Quand Buonafede regarde le monde de la Lune par le télescope, il est évident qu’il voit des images pornographiques. Et puis… c’est tout. L’idée est originale mais n’est pas exploitée. De même les bruits annexes des ordinateurs vintages d’Eccletico couvrent la musique au lever de rideau. Dommage. Et le propos, déplacé dans les années 60 sur lutte féministe, n’est guère applicable au livret, puisque Lisette et Clarice restent les enjeux de ces messieurs et, ancien régime oblige, la dot de Clarice est nettement inférieure à celle de sa maîtresse. Les chanteurs, livrés à eux-mêmes, sont gauches sur scène.

Si la scène ne réjouit pas, il reste la musique, fort bien défendue. A commencer par la pianofortiste (et directrice musicale) Camille Delaforge, excellente accompagnatrice, qui soutient vaillamment l’ensemble des chanteurs. De la distribution, aucun point faible ne ressort. La troupe possède les défauts et qualités des jeunes chanteurs à qui on ne peut que souhaiter la meilleure carrière possible.

Crédit photographique : Guilhem Souyri (Buonafede) et Cecil Gallois (Eccletico) © Accent Tonique

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Paris, théâtre Mouffetard. 11-IV-2012. Joseph Haydn (1732-1809) : Il Monde della luna, opera buffa en trois actes sur un livret de Carlo Goldoni. Mise en scène : Alexandra Lacroix ; costumes : Aline Hersam ; lumières : Romain de Lagarde. Avec : Anna Reinhold, Lisetta ; Charlotte Dellion (Clarice) ; Cecil Gallois (Ecclitico) ; François Rougier (Cecco) ; Guilhem Souyri (Buonafede). Pianoforte : Camille Delaforge

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