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Romain Descharmes et Alain Altinoglu envoûtent la Cité

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Cité de la musique, 16-V-2012. Emmanuel Chabrier (1841-1894) : España, Rapsodie pour orchestre ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour piano et orchestre n° 2 en sol mineur op. 22 ; Florent Schmitt (1870-1958) : La Tragédie de Salomé, op. 50. Romain Descharmes, piano ; Orchestre de Paris, Alain Altinoglu, direction

En guise d’introduction, España d’ donne déjà un aperçu de ce qui va se passer par la suite : une soirée captivante. met en avant l’excellence des vents dans un ensemble extrêmement dynamique et vivifiant, accentuant l’atmosphère joyeuse et festive.

Ensuite, , jeune pianiste né en 1980, nous électrise dans une interprétation magistrale du Concerto n° 2 de Saint-Saëns. Sans parler d’une technique très solide, sa musicalité se remarque immédiatement dès la solennelle introduction du premier mouvement. Tout au long de celui-ci il joue en apesanteur, ce qui donne un contraste flagrant avec l’« allegro scherzando ». Il manie le clavier avec grande légèreté, non sans coquetterie, jouant sur de subtilités de couleur. Encore plus flagrant est le changement d’ambiance avec le final. Comme une tarentelle méphistophélique, des notes tourbillonnantes se suivent de façon interminable, orgueilleuses, ricaneuses ou graves, avant que ces accords pleins en fortissimo imposent la fin à ce ballet du diable. Une exécution époustouflante qui révèle une fois de plus que est un grand pianiste, ce qui est confirmé dans les deux bis, Premier Nocturne de Fauré et une Etude de Burgmüller.

Après l’entracte, La Tragédie de Salomé de Florent Schimtt. Cette fois, c’est au chef d’orchestre de montrer son génie, notamment par le magnifique traitement de masse sonore dans cette partition dense et complexe. De la grande sensualité du « Prélude » jusqu’à la tempête orchestrale de la dernière « Danse de l’effroi », sait attirer sans faille l’attention de la scène et de la salle, dans une concentration rare. Résultat : l’ brille de tout son éclat, dans sa meilleure « personnalité ». Bien que l’œuvre soit très rarement entendue, donc mal connue, le public y reconnaît pleinement le talent du chef en l’acclamant passionnément, pour obtenir finalement un bis, justement de la « Danse de l’effroi ».

Ce concert, d’une rare intensité, démontrait incontestablement la bonne santé de la jeune génération de musiciens français.

Romain Descharmes © Jean-Baptiste Millot

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