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Exceptionnelle réussite du Requiem de Berlioz au Festival de Saint-Denis

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Saint-Denis, Basilique-cathédrale. 28-VI-2012. Hector Berlioz (1803-1869) : Grande messe des morts (Requiem) op. 5. Michael Spyres, ténor ; Monteverdi Choir ; Choeur de Radio France (chef de chœur : Matthias Brauer) ; Orchestre National de France, direction : Sir John Eliot Gardiner

Pour donner le Requiem de Berlioz à la Basilique de Saint-Denis, Sir n’a pas tenté de reconstituer exactement le dispositif imaginé pour la création à l’Église des Invalides. Les timbales et les cuivres additionnels ne sont pas placés aux quatre points cardinaux, ce qui aurait été très périlleux, mais de chaque côté de l’orchestre, dans les bas-côtés de la nef. Le chœur se tient derrière l’orchestre, sur des gradins escarpés qui s’élèvent sous la tribune de l’orgue. Le résultat n’est pas seulement valide, il est phénoménal. Dans le Tuba mirum, le vacarme, pourtant terrifiant, ne couvre pas le chœur, sauf peut-être les ténors, un peu noyés, et c’est dommage, pour leur Quantus tremor. L’acoustique du lieu accentue la rondeur des voix et porte les solos des vents, comme les cors anglais du Quid sum miser. Très belle réussite, également, du Sanctus, entonné par le ténor du haut de la tribune de l’orgue, sans que le manque d’aisance du chanteur ne dissipe la magie de ce moment. Il y avait bien autre chose à admirer, toutefois, que les effets tonitruants dans l’une des œuvres les plus émouvantes de Berlioz. C’est tout le talent et la conviction de Sir de rendre aussi justice au merveilleux Quaerens me ou à l’énigmatique début de l’Agnus Dei. Les tempos vifs et cohérents éclairent la perfection formelle de l’œuvre, et les idées sont ingénieuses. Ainsi, l’accélération du Salva me crée un enchaînement plus naturel que d’habitude avec l’agitation du Confutatis.

Les spectateurs bénéficient, sur un grand écran placé sur la droite du chef, de la captation du concert, retransmis en direct sur le parvis. Le procédé est inhabituel pour ce genre de musique, mais le montage permet d’apercevoir ce qui ressemble bien à des ophicléides, et offre des vues sur les chanteurs et les instrumentistes, rassemblant les forces de Radio-France et le pour un résultat très satisfaisant. Les qualités vocales et instrumentales sont sans reproche, même si les détails se perdent nécessairement dans l’ensemble. En somme, un succès dans une œuvre notoirement dangereuse, et une grandiose conclusion pour le Festival de Saint-Denis.

Sir John Eliot Gardiner © Sheila Rock

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Saint-Denis, Basilique-cathédrale. 28-VI-2012. Hector Berlioz (1803-1869) : Grande messe des morts (Requiem) op. 5. Michael Spyres, ténor ; Monteverdi Choir ; Choeur de Radio France (chef de chœur : Matthias Brauer) ; Orchestre National de France, direction : Sir John Eliot Gardiner

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