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Quel avenir pour « Rêve de Wagner » ?

À emporter, CD, Opéra

Jonathan Harvey (né en 1939) : Wagner Dream, opéra en 9 scènes pour chanteurs, acteurs, chœur, ensemble instrumental et électronique. Jean-Claude Carrière, livret. Ictus Ensemble dirigé par Martyn Brabbins ; IRCAM computeur music designer : Gilbert Nouno ; Chanteurs : Claire Booth, Prakriti ; Gordon Gietz, Ananda ; Matthew Best, Vairochana ; Dale Duesing, Buddha ; Rebecca de Pont Davies, Mother ; Richard Angas, Old Bramy ; acteurs : Johan Leysen, Wagner, Cathrine ten Bruggencate, Cosima Wagner ; Bracha van Doesburgh, Carrie Springle ; Charles van Tassel, Doctor Keppler ; Jane Oakland, Housemaid ; Basja Chanowsky, Vayrayogini. 2 CD Cypres. Réf. : CYP5624, code barre : 5 412217 056247. Enregistré en juin 2007 au Westergasfabriek, Amsterdam. Notice trilingue : néerlandais, français, anglais, livret en anglais.
Durée : 93’30

 

, compositeur  né en 1939 dont on a pu dire qu’il était le plus français des musiciens anglais doit en effet énormément à Olivier Messiaen et aux spectraux  (Tristan Murail, Gérard Grisey…). Mais c’est surtout la musique et la spiritualité de qui ont marqué en profondeur son parcours par son abord des sons électroniques, par sa réflexion d’écrits religieux (textes bouddhistes, Bible, pensée de Steiner…). S’inspirant des derniers instants de la vie de et de son projet de drame inabouti, Die Sieger (Les Vainqueurs), il crée en 2007 un opéra basé sur un livret ou plutôt un scénario de Jean-Claude Carrière qu’il intitule Wagner Dream. Ce « Rêve de Wagner » illustre une sorte d’hallucination sur l’opéra que le compositeur allemand avait espéré sur la vie de Bouddha par le biais de la légende de Prakriti et Ananda. Le drame se compose de neuf scènes se situant alternativement à Venise (où Wagner se meurt après un malaise cardiaque, absorbé entre rêve et obsession) et en Inde (où la réalité et l’exotisme s’imposent à travers l’histoire de la jeune et pauvre Prakriti et d’Ananda un moine de haute extraction). Un dispositif électronique en temps réel, et plus largement le déroulé musical délicat, amplifie et précise l’humanité des personnages avec l’approche bouddhique des sentiments et des passions à visée universelle. Wagner Dream, créé à Luxembourg, se dispense de toute citation wagnérienne, bénéficie d’un synopsis assez brillant mais reste relativement en retrait au plan musical. Sommes-nous plus proches du théâtre musical que du véritable opéra ?

L’absence d’air de franche virtuosité, la discrétion relative du chœur, le choix du parlé plus que du chanté, la douzaine d’instrumentistes enrichie par l’électronique aux effets quelquefois déterminants font pencher pour la première hypothèse. Il ne reste qu’à conseiller l’écoute de Wagner Dream de pour se forger son propre regard et sans doute à le réécouter pour moduler et affiner ce dernier.

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