A La Chaise-Dieu : de Bach à Beethoven

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

La Chaise-Dieu. 46ème Festival de La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint Robert. 2-IX-2012
Concert « De Bach à Bruckner », Johann Sebastian Bach : Motet « O Jesu Christ meins Lebens Licht » bwv118 , Knut Nystedt : Immortal Bach (1988) , Felix Mendelssohn: Te Deum en ré majeur, Anton Bruckner :Messe n°2 en mi mineur pour chœur et vents. chœur : Ensemble Vocal Melisme(s), orchestre : Ensemble A Venti , direction Gildas Pungier.
Concert de clôture . Luigi Cherubini : Lodoiska (ouverture) Ludwig va n Beethoven : Concerto pour piano et orchestre no 3, Symphonie no 6 ≪ La Pastorale ≫. piano : Bertrand Chamayou , La Chambre Philharmonique, direction : Emmanuel Krivine

Ce dimanche 2 septembre marque la fin du 46ème Festival de La Chaise-Dieu mais aussi la fin d’un cycle. En effet, après 20 ans de présence dont 9 ans au poste de Directeur Général, Jean-Michel Mathé quitte ce lieu prestigieux à bien des égards.

C’est et son ensemble vocal Mélisme(s), accompagné d’A Venti, qui ouvrent cette dernière journée avec un programme « de Bach à Bruckner ». Le public a découvert ce chef et ses chanteurs, venus de Bretagne proposer leur vision sensible d’œuvres connues autour de Bach sauf… le prélude du Te Deum de Marc Antoine Charpentier qui, lui, a été joué à l’orgue !

Le motet O Jesu Christ, meins Lebens Licht BWV 118 pourrait avoir été composé pour un service de funérailles. La tension perceptible dans son interprétation, jamais larmoyante, a été judicieuse, en rapport avec le texte. Un petit chœur de six sopranos, disposé sur le jubé, a donné une dimension céleste à la musique du cantor de Leipzig.

Suivait Immortal Bach, un arrangement d’un choral de Bach, écrit par , compositeur norvégien, en 1988. Interprétation spatialisée par . Bien sûr, des dissonances mais rendues agréables par les chanteurs de Mélisme(s) a cappella. Comme souvent dans la musique contemporaine, les auditeurs sont surpris, comme saisis, fascinés… Le silence avant les applaudissements était, à cet égard, éloquent.

Le Te Deum de Mendelssohn, juste accompagné d’un continuo, manquait de solennité. Mais ce parti pris a donné un moelleux, une pâte musicale agréable à l’écoute.

La Messe n°2 en mi mineur pour chœur et vents d’ constituait la seconde partie du concert. La supplication du Kyrie s’est bien fait sentir dans les différents plans sonores. Le Gloria, quant à lui, a été chanté, joué, avec enthousiasme. On notera avec plaisir la solennité superbe de l’Ad dexteram patris. Le Credo, offert au public casadéen, a démontré, s’il en était besoin, qu’il n’est point besoin d’être nombreux pour (bien) chanter du Bruckner. Le Sanctus voit le chœur s’envoler dans de superbes volutes, bientôt rejoint par les instruments. Dans le Benedictus, les chanteuses, puis les chanteurs, sont dans la prière. Les instruments, dans un très beau discours, terminent la pièce. Enfin, l’Agnus De est toujours dans la nuance, inspiré par le texte, par la musique mais surtout par le chef qui fait passer, avec élégance, l’ensemble du forte au dolce.

Ce concert, au programme peut-être pas assez attractif, n’a pas fait le plein…Dommage pour les absents qui, comme d’habitude ont eu tort. Ils ont raté la découverte de musiciens et chanteurs de talent, fort appréciés par… les spectateurs présents.

« Symphonie Pastorale », tel était le titre du concert de clôture. avait inscrit a son programme, évidemment, la Symphonie n°6 opus 68 de Beethoven. Interprétation claire, lumineuse, de , évitant le côté « tube classique » d’une œuvre entendue partout, tout le temps. Mais le héros (musical) de la soirée a été . D’abord dans le Concerto pour piano et orchestre n°3 de Beethoven. Écrit dans le mode mineur, il est propice à la délicatesse. Quelle belle prestation du jeune pianiste toulousain ! Une sensibilité, une beauté envoûtante dans un lieu pas forcément propice à l’écoute d’un instrument joué avec douceur. Justement, parlons de l’instrument : un piano forte, copie d’un Conrad Graf de 1824. Voilà un partenaire qui a sa part dans la qualité du concert. Le son est en totale harmonie avec le toucher de . Et comme pour confirmer cette impression, le choix du bis a sublimé le couple instrument/instrumentiste. Il s’agit du mouvement lent de la Sonate en ut majeur Hob XVI : 50 de Haydn. Superbe ! Une apothéose de sensibilité, celle qui touche le cœur. Ce final et du concert et du Festival marquait aussi la fin du « règne » de Jean-Michel Mathé à La Chaise-Dieu. On le retrouvera, avec plaisir, à la direction du Festival de Musique de Besançon Franche-Comté.

Le public a aimé l’hommage des nombreux bénévoles présents à leur directeur. Sur scène, ils ont montrés leur « Merci Jean-Michel ! », bien accompagnés par les applaudissements nourris des festivaliers qui ont apprécié, au fil du temps, l’ouverture du festival à d’autres répertoires que la musique sacrée. C’est l’une des plus belles traces laissées par Jean Michel Mathé.

Crédits photographiques : Ensemble Vocal Melisme(s) © DR; Bertrand Chamayou © Richard Dumas/Naïve

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