Accomplissement de l’intégrale Weinberg par les Danel

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Mieczyslaw Weinberg (1919-1996), Quatuors à cordes volume 5 et 6.
Vol. 5 : Quatuor n°1, op. 2/141 ; Quatuor n°3, op. 14 ; Quatuor n°10, op. 85 ; Capriccio op.11 ; Aria op.9. 1 CD CPO 777 566-2. Code barre : 7 61203 75662 9. Enregistré entre 2007 et 2009 au Studio Stolbergstrasse, Cologne. DDD. Notice trilingue (français anglais allemand) de David Fanning. Durée : 77’18.
Vol. 6 : Quatuor n°2, op. 3/145 ; Quatuor n°12, op. 103 ; Quatuor n°17, op. 146. 1 CD CPO 777 587-2. Code barre : 7 61203 75872 2. Enregistré en 2008 et 2009 au Studio Stolbergstrasse, Cologne. DDD. Notice bilingue (anglais allemand) de David Fanning. Durée : 77’18. Quatuor Danel : Marc Danel, 1er violon ; Gilles Millet, 2nd violon ; Vlad Bogdanas, alto ; Guy Danel, violoncelle

 

Les Clefs ResMusica

Le Quatuor Danel est donc arrivé au terme de son intégrale des quatuors de Mieczyslaw Weinberg, la première réalisée du compositeur russe d’origine polonaise. Weinberg compta parmi les plus proches amis de Dimitri Chostakovitch  et entretint avec lui une amicale compétition sur la composition du plus grand nombre de quatuors, il est donc particulièrement intéressant de pouvoir disposer de ces deux massifs, qui plus est par les Danel qui avaient déjà réalisé une intégrale remarquée des quatuors de Chostakovitch (Fuga Libera, Clef ResMusica).

A l’instar de Chostakovitch, les œuvres d’après-guerre ont plus de lyrisme et sont d’un accès plus immédiat, du Quatuor n°3  de 1944 (le seul de cette période dans les deux volumes chroniqués ici, et le plus accessible) au n°8 de 1959 (vol.4), la maturité apportant distanciation et introspection, mais d’une manière moins immédiatement prégnante chez Weinberg. Plus réservé dans son expression, Weinberg appartient à la même sphère humaniste et esthétique de Chostakovitch, mais il a sa propre voix. Chez lui l’extrême douleur, la perte de sa mère et de sa sœur exterminées dans les camps par les nazis, ne se traduit pas par les pages les plus sombres. Ainsi le Quatuor n°2, composé entre novembre 1939 et mars 1940 alors que Weinberg est réfugié à Minsk et qu’il ignore ce qu’il est advenu de ses proches, s’applique à éviter toute dramatisation, et le Quatuor n°16 dédiée à sa sœur disparue est plus erratique que tragique (vol. 1). Le Quatuor n°17, ultime quatuor composé en 1986 s’oppose à l’atmosphère d’enlisement qui règne chez Chostakovitch, et tente une approche plus dynamique et positive, mais Weinberg est plus naturellement convaincant dans le crépusculaire, comme dans le Quatuor n°12 qui est la pièce centrale, à tous les titres, du dernier volume de cette intégrale.

Les admirateurs des quatuors de Chostakovitch qui n’ont pas encore décidé d’entamer l’ascension de ceux de Weinberg n’ont plus à attendre. Ils pourront commencer par le volume 3, suivi de n’importe quels autres volumes, le volume 6 pouvant être réservé pour la fin.

Stylistiquement exemplaires de bout en bout, les Danel ont accompli un jalon essentiel de la reconnaissance de Weinberg. Il est réjouissant de voir qu’une telle exigence artistique – et ici on désigne autant le compositeur que ses interprètes – ait pu être menée à si bonne fin.

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