Hakon Børresen (1876-1954) fidèle à la tradition

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Dossier inédit que « La série des Danois » qui met en lumière des musiciens souvent méconnus du public français. Rédiger par notre spécialiste de la musique nord-européenne, cette série d’articles va de découverte en découverte. Pour accéder au dossier : La série des Danois

 

décède à l’âge de 78 ans, le 6 octobre 1954, presque jour pour jour 23 ans après son ami Carl Nielsen. Son aisance matérielle et son attachement à la tradition lui auront permis de composer exclusivement la musique qu’il souhaitait écrire. Une chance ?

 

Vue de loin, de très loin, la vie musicale danoise du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle pourrait sembler anémique. En y regardant d’un peu plus près, en lui redonnant vie par l’apport d’informations mieux documentées, on constate que la musique dispensée à Copenhague, ville qui à l’époque résumait l’essentiel de ce qui se pratiquait au Danemark, ne déméritait nullement. En reconstituant cette riche activité on voit combien les compositeurs danois contemporains figuraient aux programmes des concerts (et plus tard, à partir de 1927, de la Radio danoise) à proximité des plus grands maîtres européens, depuis Palestrina et Bach jusqu’aux plus avant-gardistes de l’époque. On pense à Hindemith, Reger, Stravinsky, Schoenberg et Bartók, pour ne citer que les plus marquants et remarquables. Evidemment, il saurait être question de la placer à l’égal de ce qui se faisait à Paris, Berlin, Vienne, Londres, Leipzig tant au plan quantitatif (la liste des concerts parisiens est phénoménale) que qualitatif (solistes, chefs, orchestres affichaient des ambitions inégalées ailleurs). Nous avons montré dans d’autres écrits le rôle prépondérant d’un Carl Nielsen, réalisant une exceptionnelle transition entre le romantisme dominant du couple Hartmann-Gade et l’arrivée des modernistes européens puis danois. Mais Nielsen ne résumait pas à lui seul ce qui se faisait en matière de compositions et d’innovation artistique. Quelques dizaines de créateurs contribuaient régulièrement à enrichir les concerts et à former les musiciens de demain. Parmi ceux-ci opérait auquel nous allons essayer de redonner vie et le resituer dans le contexte musical de cette époque féconde mais rudement positionnée entre deux mondes esthétiques opposés et bientôt inconciliables.

Hakon Børresen naît en 1876, soit onze après Carl Nielsen (1865-1931), à une époque où (1817-1890) et Johan Peter Emilius Hartmann (1805-1900) dominaient sans concurrence sérieuse la vie musicale du royaume aux côtés de nombreux autres acteurs aujourd’hui très oubliés mais néanmoins indispensables à la constitution d’un tissu artistique plus achalandé qu’on ne l’imagine habituellement.

Il vient au monde le 2 juin 1876 au sein d’une famille opulente de commerçants et à ce titre l’apprentissage du piano fait partie de la formation du jeune bourgeois. Son nom de famille de consonance norvégienne s’explique par le fait que son grand-père était norvégien. Comme nombre de ses compatriotes désireux de progresser dans l’échelle sociale il s’installa au Danemark au début du 19e siècle. Son père avait fait une partie de sa carrière dans l’armée, était devenu grossiste et avait réussi ans les affaires.

Comme pour tant d’autres ses dispositions pour la musique se révèlent précocement dès lors qu’il commence à travailler le violon, le violoncelle et la théorie musicale. Cet élan le porte assez rapidement vers le souhait réfléchi de devenir compositeur.

Logiquement son parcours aurait dû le faire passer par le Conservatoire de musique de Copenhague mais son père décida qu’il serait plus opportun de solliciter l’avis et éventuellement l’aide du premier chef du Théâtre royal de la capitale (depuis 1883), le célèbre norvégien , également compositeur. En 1897, il n’a guère plus de vingt ans, il se présente, le rencontre à l’hôtel Le Roi de Suède dans la Havnegade, lui présente une partition pour orchestre et est accepté comme élève privé du grand maestro. Après une phase d’observation et de mise à l’épreuve, il le restera pendant cinq ans. Les vingt-six années qui les séparent n’empêchent aucunement la naissance d’une véritable amitié. Tout au long de sa longue existence le cadet se réclamera fièrement de cette relation privilégiée, relation rappelant un rapport père-fils indestructible.

Notons que l’intervention positive de son père dans le sens des désirs de l’enfant n’était pas chose fréquente à l’époque. La partition que le jeune homme propose à Svendsen est une fantaisie pour orchestre intitulée Thor kører til Jotunheim (Thor se rend à Jotunheim). Svendsen en prend connaissance, parcourt quelques pages, statue : « Cela semble intéressant » et offre un cigare au jeune garçon de 19 ans. Svendsen n’eut que peu d’élèves privés à Copenhague. Il y eut également le futur musicien très populaire , également un proche de Carl Nielsen. On oublie trop facilement de nos jours combien exerçait une influence de taille sur les jeunes musiciens danois. En tant que compositeur norvégien particulièrement attachant et que chef d’orchestre ayant très sensiblement rehaussé le niveau de l’Orchestre du Théâtre royal de Copenhague, il amplifia son aura en programmant en plus des standards romantiques, des œuvres de maîtres contemporains inconnus ou presque dans la capitale danoise comme les opéras de Wagner, les symphonies de Tchaïkovski et d’autres partitions contemporaines.

Il nourrira aussi des sentiments admiratifs pour qu’il rencontra et fréquenta également. Il confiera plus tard : « Svendsen et Grieg ont été les personnalités les plus importantes que j’ai rencontrées. Tous deux étaient vraiment altruistes, capables de se réjouir de ce qu’ils rencontraient dans la vie et dans l’art. S’ils trouvaient une œuvre bonne, c’était indépendamment de son auteur. Ils avaient cela en commun avec un autre grand musicien, Liszt. »

Lors d’une visite en Norvège il se promena dans les montagnes en compagnie de Grieg, lui très grand, Grieg très petit, et nouèrent de très cordiales relations. Svendsen déjà très fatigué les accompagnait clamant, jovial et essoufflé, qu’il donnerait n’importe quoi pour une bière très fraîche. Tous devaient se rendre au Festival de musique norvégienne à Bergen 1898.

En janvier 1901 ses débuts comme créateurs sont marqués par l’exécution quasiment privée d’un quatuor à cordes qui ne sera pas retenu lorsqu’il établira plus tard la liste de ses œuvres. Beaucoup plus conséquent la naissance quelques jours plus tard, le 28 février 1901, de la Première Symphonie en ut mineur.

La Symphonie n° 1 en do mineur, op. 3 date de l’année 1901 et elle est donc créée lors d’un concert de l’Orchestre de la Société philharmonique placé, naturellement, sous la direction de son maître Johan Svendsen. Le même Svendsen avait dirigé en création la Symphonie n° 1 en sol mineur op. 7 de Carl Nielsen le 14 mars 1894. Dès le lendemain, le journal plus important de Copenhague Politiken permettait à son célèbre et redouté critique musical Charles Kjerulf de publier un long papier. « Ce n’est un secret pour personne que le véritable objet de ce concert extraordinaire de l’orchestre était la création de la symphonie de Hakon Børresen. » Le programme incluait également des pièces vocales de Schubert, Berlioz, Liszt et Wagner avec la voix d’une chanteuse réputée de la cour royale, madame Ellen Gulbrandson.
Le critique précise encore : « Les débuts de ce jeune symphoniste, dont le nom avait été dès avant la représentation proposé pour une bourse Anker, ont donc eu lieu dans un cadre prestigieux et particulièrement stimulant. » Il continue : « Ce fut un début très honorable qui a montré clairement que Monsieur Børresen est bien l’élève de son maître. » Kjerulf , souvent avare de compliments, notamment envers Nielsen, lui parfois adressé des reproches paternalistes. A l’inverse il se montre favorable à Børresen considérant que « cette symphonie peut à bon droit être considérée comme un travail d’élève prometteur. Même si elle ne révèle pas un génie véritable de la composition.»
« Il vient ici de recevoir son baptême solennel, et a même été accueilli par des applaudissements chaleureux et bienveillants », résume Charles Kjerulf dans son compte-rendu paru le 29 février 1901 dans Politiken.
D’une durée d’environ 38 minutes elle comporte quatre mouvements pour grand orchestre : 1. Lento – Andante – Allegro moderato. 2. Allegretto sostenuto. 2. Allegro molto e scherzando. 4. Adagio lamentabile. Pour grand orchestre
Børresen s’inspire visiblement des partitions et du style de son maître vénéré, Johan Svendsen, auteur de deux splendides et indémodables symphonies, d’une Romance pour violoncelle et orchestre (dont Børresen saura se souvenir d’ici peu), d’un Concerto pour violon, d’un autre pour violoncelle et de plusieurs pièces orchestrales. Proche de son idéal musical également le style de Grieg, grand ami de Svendsen. De plus, il avait entendu ce dernier diriger pour la première fois à Copenhague la Symphonie n° 1 en mineur de Sibelius (1899) et les trois dernières symphonies de Tchaïkovsky (1877, 1888 et 1893).
La Symphonie n° 1 de Carl Nielsen avait été créée en 1894 par celui qui le protégea également, Svendsen, la Seconde Les Quatre Tempéraments sera proposée dans les mêmes lieux sous la direction du compositeur lui-même le 1er décembre 1902.

La Symphonie n° 1 dénote dans son ensemble un créateur déjà bien mature et sûr de sa technique, même s’il demeure sous l’influence dominante de son maître. Kjerulf dans le même article ne s’y trompe pas. « En effet, de la première à la dernière note, la symphonie porte l’empreinte de Svendsen : dans l’inspiration, dans l’expression, dans l’élaboration et dans l’instrumentation. A ce qu’on peut en juger, le compositeur est déjà un musicien habile, sa musique est fluide et vraiment harmonieuse. » Le critique en apprécie la jeunesse et la fraîcheur et se félicite « qu’il n’entre pas dans les profondeurs inauthentiques », louant qu’il parvienne à exposer « ses idées plus ou moins géniales avec clarté et ingénuité, sans troubler le moins du monde les eaux dans lesquelles il veut pêcher. » Il lui discerne « des traits mélodramatiques servant une peinture de l’âme fort sombre… mais ces traits sont, comme nous l’avons dit plus haut, très juvéniles, presque enfantins, très candides et donc totalement inoffensifs. »
Travail d’élève doué et prometteur, il reste néanmoins très en deçà de la réussite des Symphonies n° 1 en ré majeur, op. 4 et n° 2 en si bémol majeur, op. 15 de Svendsen, créées respectivement en 1867 et 1876.

Premier mouvement. L’orchestre s’exprime dans les cordes graves puis assure une expansion vers davantage de lumière. Plus loin le ton plus détendu, plus badin, propose plusieurs passages typiques de sa manière orchestrale des débuts, à savoir des passages rythmés et des mélodies répétées. Des accumulations de tension itératives trouvent leur résolution dans des mélodies élégiaques confiées aux cordes.
Deuxième mouvement. Mouvement lent en la mineur. Basson et cor anglais exposent des mesures plaintives pour l’arrivée du premier thème ; dans la partie médiane, plus animée, en ut majeur, le soubassement mélancolique est repoussé.
Troisième mouvement. Il se rapproche de l’atmosphère de salon.
Quatrième mouvement. On entend d’abord les cordes à l’unisson auxquelles répondent des cuivres. Le mouvement et la symphonie se terminent par une danse finale. Dès la création, des commentateurs danois perçurent à juste titre la volonté de synthèse entre les mondes symphoniques scandinave et slave, et plus lointainement germanique.

Suit un Sextuor à cordes en sol majeur, op. 5, composé également en 1901, structuré en 4 mouvements : 1. Allegro moderato, ma energico, 2. Allegro, 3. Adagio, 4. Allegro molto vivace, le tout durant autour de 36 minutes. Création le 5 novembre 1901 à Copenhague peu avant son départ pour l’Europe musicale lors d’un concert de la Société de musique de chambre. Partition dédiée à . Ce dernier lui répondit de Kristiania le 16 novembre suivant : « … J’ai eu le plaisir de parcourir votre œuvre, pour laquelle je ne peux que vous féliciter chaleureusement. Vous maîtrisez admirablement le matériau ; comme l’ensemble est bien bâti, clair, limpide et sonore ! A travers votre grand talent, j’admire aussi profondément Svendsen pour avoir enseigné à ses élèves l’importance de la technique dans l’art, ce qui a d’ailleurs considérablement contribué à sa renommée. J’admire également votre capacité à vous laisser influencer par le meilleur du génie de Svendsen. »
Plus loin, le célèbre norvégien continue : « Lorsque je me rendrai à Copenhague, j’aimerais me faire inviter par vous et Svendsen pour écouter le sextuor. »
Plus tard, le pianiste et compositeur germano-danois Fritz Crome avance (Teatret 1921) : « La force de Børresen réside dans ses lignes mélodiques. Le second niveau d’expression, le timbre dans son cadre harmonique, ne lui est pas aussi naturel comme moyen d’expression que la mélodie dans sa plénitude rythmique… »
Le genre sextuor a retenu l’attention de Brahms à deux reprises, mais aussi celle de Dvorak et Tchaïkovski.
Børresen envisageait son Sextuor sans visée symphonique (comme Brahms dans son Sextuor en si bémol majeur). Il avait présenté en février de la même année sa Première Symphonie. Les débuts de la composition du Sextuor remontent très probablement au moment où il étudiait encore avec Svendsen. Ce dernier avait lui aussi publié son propre Octuor à cordes op. 3 en 1867 après ses études à Leipzig.
Børresen donne à sa partition des thèmes brefs, bien dessinés, souvent répétés, de facture limpide, le tout s’écoute sans difficulté aucune et rejoint l’immense cohorte des partitions de bonne facture, agréable sinon novatrice et riche de tout un passé récemment découvert et assimilé.
La très convoitée bourse d’étude Ancker (dont avait aussi bénéficié Carl Nielsen en 1890 et en 1889) lui permet de partir se perfectionner et élargir ses horizons en 1902 et 1903. La symphonie lui a manifestement ouvert la voie à l’obtention de cette bourse.
Une lettre de recommandation appuyée de Svendsen, qui lui-même a séjourné jadis en Allemagne (et a dirigé l’orchestre de Leipzig) et en France, lui ouvre plus facilement les portes des milieux musicaux allemands et français.

A Leipzig, ville pratiquement incontournable pour nombre de jeunes musiciens scandinaves prometteurs, il rencontre le célèbre chef d’orchestre Arthur Nikisch. Contrairement à ce qu’il espérait, le maestro allemand ne dirige pas sa récente symphonie dans son entier. Il proposait d’en donner le seul troisième mouvement, ce qui ne convenait pas au jeune compositeur qui préféra refuser.
Il atteint la Belgique et à Bruxelles fait la connaissance du très célèbre violoniste virtuose . A Paris, il fréquente , Gabriel Pierné et Gustav Charpentier. On reconnaît que ’’le vérisme français’’ de Charpentier influencera le style de conversation des opéras de Børresen.

Ce séjour à l’étranger trouve un terme en 1902 lorsqu’il rentre au pays et s’installe à Copenhague comme compositeur indépendant. Sa situation financière fort enviable le dispensait en effet de la pénible obligation de trouver un travail rémunérateur pour vivre. Il pouvait ainsi se consacrer entièrement à la composition. Au fil des ans il élaborera des lieder, des pièces pour piano, pour orgue, de la musique de chambre pour violoncelle et piano, une sonate pour violon, un quatuor à cordes, une ouverture Les Normands (Die Normannen) en 1912, de la musique de scène qui connut une bonne réception…

Romance pour violoncelle et piano/orchestre, op. 4. 1903. 7’30. Composée après le retour de voyage d’études en Europe, elle est contemporaine du Concerto pour violon et de la Symphonie n° 2. Rappelons que son maître Svendsen avait écrit également une Romance pour violoncelle et orchestre (1881) très célèbre, et d’ailleurs très belle, qui servit probablement de modèle au jeune homme. La version pour violoncelle et piano est celle qui est le souvent souvent jouée, dans les deux cas la partie de violoncelle est la même. La musique s’inscrit dans un courant romantique traditionnel avec sa belle mais peu personnelle mélodie et son atmosphère vaguement méditative.

Børresen élabora son Concerto pour violon et orchestre en sol majeur, op. 11, en 1904. Durée : 32 minutes environ. Il le commença à Paris en 1902 et le compléta après son retour à Copenhague
La création eut lieu lors d’un concert au Théâtre royal de Copenhague le 3 décembre 1904. La partie soliste revenait à un violoniste de l’Orchestre royal, Julius Thornberg, tandis que la direction était assurée par Johan Svendsen. Le succès fut considérable et le Concerto réapparut à plusieurs reprises dans les programmes de concerts au Danemark pendant plusieurs années.
L’œuvre sera jouée à plusieurs reprises par Arthur Nikish en Allemagne, chef que Børresen avait rencontré à Leipzig quelques mois auparavant. Nikish le dirigea avec l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig et lors de plusieurs autres concerts en Allemagne.
En 3 mouvements notés respectivement : Introduction-Allegro moderato (15’) ; Adagio (10’) ; Molto vivace (8’), joués en pause.
Cette musique à la fois virtuose et romantique commence par une courte introduction où le premier sujet est donné par l’orchestre à l’unisson et enrichi par deux interventions du soliste (passages recitativo) qui reprend le thème et avance vers une second sujet cantabile. Passages variés, séquences de type cadence amènent à la récapitulation où l’on repère le retour d’une partie du premier sujet. Le mouvement s’achève accelerando (réminiscences du premier sujet) après un retour du second sujet.
Le second mouvement délivre un bel adagio. Un prélude orchestral initial laisse la place au violon soliste qui développe une mélodie romantique rapidement suivie d’une seconde durant lesquelles violon et masse orchestrale se partagent la vedette.
Le dernier mouvement commence par des mesures rythmées confiées à l’orchestre et rapidement conduit à l’exposé d’un premier sujet brillant au violon solo. Plus loin s’impose un second sujet vif et sautillant (récapitulation). La fin virtuose autorise au soliste et à l’orchestre de finir brillamment ce concerto romantique presque totalement oublié aujourd’hui.

De 1904 date également la composition de la Symphonie n° 2 en la majeur, op. 7, sous-titrée Havet/La Mer et dédiée à Johan Svendsen.
L’œuvre d’une durée de 35 minutes environ se compose de quatre mouvements : 1. Le Ressac. Allegro con brio, 2. Eté. Molto vivace. 3. La Tragédie. Adagio molto. 4. Traversée plaisante. Poco Andante-Allegro con fuoco.
Avec cette symphonie et son sous-titre, Børresen rejoint la cohorte des créateurs influencés et fascinés par la mer à cette époque. Rappelons simplement Debussy (La Mer, 1903-1905), Ernst Chausson (Poème de l’amour et de la mer, 1882-1890), Edward Elgar (Sea Pictures, 1897-1899), Vaugham Wiliams (A Sea Symphony, 1903-1909), (Symphonie n° 4 ’’Aux confins de l’archipel’’, 1918-1919)… Antérieurement, Félix Mendelssohn dans sa Symphonie n° 3 Ecossaise et dans son ouverture de concert Les Hébrides avait aussi à sa manière décrit la mer. Børresen et Alfvén s’étaient souvent rencontrés à Skagen et partageaient une passion pour cet élément fascinant à plus d’un titre.
La création remonte au 12 février 1907 lors d’une soirée de la Société musicale de Copenhague placée sous la direction d’une des personnalités saillantes de la vie musicale d’alors, Franz Neruda. La Mer occupa la seconde partie du concert tandis que l’autre moitié revenait au Concerto pour piano n° 4 de Camille Saint-Saëns et au Te Deum d’Anton Bruckner. Elle sera redonnée à plusieurs reprises à Copenhague au cours des années suivantes.

Le premier mouvement, en la majeur, commence avec l’ensemble de l’orchestre très rythmé ; suit un passage réservé au doux hautbois et la masse orchestrale réapparaît. Cordes et clarinettes délivrent un climat plutôt nostalgique. Un crescendo orchestral se met en place (successivement cordes graves, bois et violons, cors), il culmine brièvement et laisse s’exprimer une mer plus calme. Pour peu de temps…

Le mouvement suivant, en fa majeur, est un scherzo enjoué et insouciant, confié au dialogue établi entre les bois et les violons. Le trio, en ré bémol majeur, L’istesso tempo, repose sur un tempo plus lent.

Le troisième mouvement. En la mineur. Les cordes graves annoncent-elle une menace ? Un thème au cor, Andante (en ut majeur), semble faire penser le contraire mais le climat initial se représente et aboutit à une première acmé assurée par les cuivres. Si la tristesse revient un temps avec un solo de hautbois, elle n’empêchera pas la constitution d’une seconde culmination de l’ensemble de l’orchestre. La paix s’invite de nouveau… Existe-t-il un contenu programmatique ici ?

Quatrième mouvement. Après un bref Poco andante très vite réapparaît un climat proche de la Tragédie précédente. La Traversée plaisante se manifeste sous forme d’un Allegro con fuoco. Le hautbois chante une cantilène marine (la majeur) accompagné de façon syncopée par les violons qui poursuivent leur route thématique. Après un beau passage mélodique une impulsion rythmique s’impose bientôt et l’énergie contenue peut enfin s’exprimer. Un second thème (mi majeur) confié aux clarinettes vient se superposer au style de berceuse en cours. En dépit de quelques sursauts la traversée s’achève en toute sécurité.
Havet repose sur une brillante instrumentation et propose des contrastes intéressants donnant du relief à la partition. On notera que le développement de certaines idées au fort potentiel manque un peu de force et d’amplification. Les mouvements extrêmes sont de forme sonate et le travail sur les tonalités demeure classique. Malgré les titres donnés aux mouvements il ne s’agit pas de musique à programme ni d’une peinture musicale. D’ailleurs certaines pages ne sont pas sans rappeler plus ou moins lointainement (cuivres et mélodies) Tchaïkovski et Dvorak mais aussi le Scherzo de Mendelssohn dans l’Ouverture du Songe d’une nuit d’été ; le Trio se pare de traits que l’on pourrait rapprocher de ceux d’un opéra-comique ; le finale se veut plus ample, plus intense, soutenu par un beau travail sur les rythmes.

Le musicologue allemand Walter Niemann dans Die Musik Skandinaviens
(1906) voit en Børresen « un jeune compositeur aux grandes espérances ». A ses yeux, « il possède un sens certain de l’atmosphère et un sentiment national aigu, ses harmonies et ses coloris témoignent d’une finesse extraordinaire. Il est certainement le meilleur espoir de ce groupe de tout jeunes compositeurs danois. »

Børresen à Skagen. A Skagen, au bord de la Mer du Nord, Børresen aime à passer les étés aidé par le calme indispensable à la création. « A Copenhague, j’ai un piano au-dessus de moi, un autre en dessous et à côté, le phonographe et les diffuseurs, que l’on entend malgré le mur coupe-feu, mais à Skagen, je n’entends que la grande horloge, le jeu des vagues et les oiseaux. » Avec le temps les séjours à Skagen deviennent plus longs.

La Sonate pour violon et piano en la mineur, op. 13, 1907, 22’, en trois mouvements : 1. Marcato-Molto agitato, 2. Andante espressivo, 3. Allegro con fuoco, affiche une belle tenue et développe un discours bien construit, solide, tout en restant assez éloigné de l’originalité et de la modernité (relative) des deux Sonates pour violon et piano de son ami Carl Nielsen [n° 1, op. 9, 1895 et n°2, op. 35, 1912]. Là où Nielsen tente de s’affranchir du romantisme ambiant, Børresen s’y complaît et nous livre une partition équilibrée, enrichie par le legs accepté et revendiqué de ses devanciers admirés.

Deux Pièces pour violoncelle et piano, op. 17, 1912, n° 1, Elégie n° 1, Andante espressivo, 5’30 ; n° 2 , Sérénade, Allegretto, 5’30.
Nous sommes encore proches ici du climat de la Romance elle-même.

Børresen a laissé deux opéras. Son premier opéra, L’Hôte royal (Det kongelige Gæst/The Royal Guest), en un acte, adopte le style de la conversation et s’appuie sur une nouvelle éponyme que l’écrivain danois Henrik Pontoppidan (1857-1943), futur Prix Nobel, coucha sur le papier en 1908. Le livret lui-même est du journaliste et auteur Svend Leopold (1874-1942). L’opéra voit le jour au Théâtre royal de Copenhague le 15 novembre 1919. La direction est assurée par un des plus proches amis du compositeur, le chef Georg Høeberg qui n’était autre que le petit-fils du célèbre , jadis chef de l’Orchestre des Jardins de Tivoli, lieu de détente favori des Danois situé au cœur de la capitale. Dans le rôle-titre chantait Albert Høeberg (le frère du chef d’orchestre), Poul Wiedemann et Tenna Frederiksen (qui deviendra Tenna Kraft) dans les rôles du Dr Arnorld Høyer et de sa femme Emma. La soirée fut un authentique et mémorable succès.
Cette partition deviendra l’œuvre la plus populaire de notre compositeur. C’est elle qui lui assura une grande part de sa notoriété et ce dès sa création. On en donna la 50e représentation à Copenhague en 1942. Et la 134e, toujours au Théâtre royal, fut programmée en 1964 pour la dernière fois semble-t-il. On ne le joue plus sur scène de nos jours mais on en a donné plusieurs versions de concert. Par contre le Prélude orchestral est joué régulièrement.
L’Invité royal connaîtra aussi la consécration lors des rencontres de musique nordique à Stockholm en 1929.

Le Prélude d’une durée de 9 minutes environ délivre une musique élégante et contient les principaux éléments thématiques de l’opéra. Il commence allegro con brio et forte avec un brillant thème rythmé. On le retrouvera en deux points de la partition. Suit un andante où le violoncelle délivre une mélodie romantique. Se font entendre plus tard des motifs rapides aux bois et pizzicatos de cordes (ce thème accompagne l’invité). On entend plus loin un solo de hautbois suivi d’un solo de clarinette. Si les dernières mesures lentes du Prélude conduisent directement au cœur de l’opéra, pour la version de concert le compositeur choisit de faire entendre la musique de la scène finale de l’opéra (Tempo rapide, piano-pianissimo, triangle).
L’opéra porte en sous-titre « Hymne à Eros ». La morale de cette histoire
avance que l’art et l’amour sont capables de transformer les gens et leur existence. Un couple marié, le docteur Høyer et sa femme Emmy, paisibles et statiques, reçoivent la visite nocturne d’un invité mystérieux et expansif qui leur délivre un message porteur de la joie de vivre, de l’amour et de la sensualité qui leur manquent.
L’Invité (le Prince Carnaval) loue Pan, Eros et Joie dans l’optique d’éveiller quelque ardeur chez les respectables bourgeois.
La musique de Børresen repose sur une fine écriture et une exposition franche des sentiments danois par le biais d’une instrumentation virtuose, brillante, avec diverses facettes expressives, où dominent la beauté des coloris et de riches nuances ainsi qu’un grand naturel dans les conversations chantées (une sorte de parlando).
Hayo Nörenberg compare volontiers l’œuvre à Paillasse (Leoncavallo), Cavalleria rusticana (Masagni), Gianni Schicci (Puccini) ou l’Arlecchino (Busoni).
L’opéra trouve son origine lors de l’enterrement à Skagen du grand écrivain Holger Drachmann auquel se rend Børresen ; là, il rencontre un autre littérateur, Pontoppidan, qui lui demande s’il connaît la nouvelle qu’il a écrite pour un périodique et lui révèle qu’elle conviendrait très bien à une mise en musique. Inutile de préciser que selon lui Drachmann était superposable à l’Invité de l’histoire. Sa vie, ses écrits et sa pensée avaient fait de lui un authentique Invité royal dans tous les foyers danois.
Parmi les admirateurs de cet opéra populaire on comptait le roi du Danemark, Frederik IX (1899-1972), lui-même bon chef d’orchestre. Il se rendit souvent à l’opéra voir L’Invité royal avec la partition sur les genoux et dirigea plusieurs fois le Prélude (il en existe un enregistrement).

Le second opéra date de 1921 : Kaddara (Images de la vie populaire au Groenland), s’appuie sur un livret de C. Norman Hansen.
Peintures d’une série de tableaux de la vie populaire du Groenland, accompagnées d’une musique variée et convaincante. Plus, Børresen se rendit même sur la grande île afin d’entrer en contact avec ces populations et d’étudier leur vie et leurs chansons.
Créé avec succès également au Théâtre royal de Copenhague en 1921. Il sera encore donné plusieurs fois au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles (1924) et Komische Oper de Königsberg (1925).
Il sera exhumé longtemps plus tard, un quart de siècle, en 1946, peu après la fin de la guerre, lors de la première visite de la délégation groenlandaise à Copenhague après la libération du Danemark.
Ayant enregistré de beaux succès avec ses musiques de scène il participe très activement en 1919 à la mise en place du deuxième Festival de musique scandinave de Copenhague. Les symphonies et la musique de chambre touchent plutôt un groupe modeste de connaisseurs.

Une musique de ballet composée en 1924 vient enrichir le catalogue de Børresen avec A Uranienborg ou Le Rêve de Tycho Brahe. Elle comprend 12 numéros pour une durée globale de 58 minutes. D’après un texte de Viggo Cavling, pour grand orchestre avec trombones, cloches, piano, tam-tam. Créé au Théâtre royal de Copenhague le 1er mars 1924, le ballet sera donné 47 fois entre 1924 et 1927. La direction orchestrale était assurée par son proche ami Georg Høeberg, la chorégraphie revenait à Elna Jørgen-Jensen. Il est donné à Stockholm en 1928.
La musique inclut des airs populaires danois, suédois et écossais. Plus largement, elle s’appuie sans complexe sur l’élément danois de la musique romantique redevable de Gade, Svendsen, Grieg et au-delà du riche legs germanique. Les différents épisodes délivrent un flux musical à la fois concis et chaleureux, varié et bien conçu pour l’atmosphère dansée du ballet.
Les personnages qui inspirent ce spectacle placé un soir d’été à Uranienborg sont Tycho Brahe, le roi James VI d’Ecosse, le comte de Morton, sa fille Lady Florence, la paysanne Kirstine, Urania, la muse de l’astronomie, Stella Nova et la Comette, tous entourés par une foule de conseillers, courtisans, élèves de Tycho Brahe, paysans… Les épisodes s’enchaînent dispensant de très agréables pages en parfaite adéquation avec l’histoire comptée.

En 1924 Hakon Børresen devient président de l’Union des musiciens danois (Association des Compositeurs danois), préfiguration syndicale, dont il garde la direction jusqu’en 1949.

Une bonne vingtaine d’années séparent la dernière symphonie en do majeur, op. 21 de la précédente en la majeur, op. 7. En effet, cette dernière fut élaborée au cours des années 1925-1926. Elle est dédiée à l’orchestre du Théâtre royal. La Symphonie n° 3 en do majeur, op. 21, compte elle aussi, comme les deux autres symphonies quatre mouvements, reliés par des transitions, répartis comme suit : 1. Andante – Allegro con moto. 2. Adagio. 3. Allegretto moderato. 4. Rondo. L’ensemble sans sous-titre dure environ 33 minutes. La création à Copenhague date du 14 novembre 1927.
La symphonie en do majeur est la plus souvent jouée de Børresen.
Remarquons que le laps de temps qui sépare les deux dernières symphonies sera marqué par un franc succès au plan de la musique d’opéra

Mouvement 1. Son début syncopé est marqué Andante avec les violoncelles et les basses. Børresen joue avec les tonalités. Le thème Allegro con moto débute pianissimo par les cordes puis tente à plusieurs reprises de s’exprimer avec davantage de puissance mais avec modération. Le second thème est annoncé par la flûte solo, une cantilène assurée par les violoncelles. Le développement est l’occasion de libérations pleines d’ énergie syncopée. Retour itératif du motif de quinte du premier thème, occasion contribuant à en fixer l’impact sur l’auditeur. Détente avec un solo de flûte et hautbois, puis ré-exposition retenue. Ensuite entrée appuyée et rude des trombones qui sera atténuée par un passage nostalgique.

Mouvement 2. Ce dernier amène directement au second mouvement avec la proposition d’une mélodie solennelle aux clarinettes sans thème franchement dessiné. Ce mouvement s’achève par une cantilène ascendante assurée par le hautbois.

Mouvement 3. Retour du climat élégiaque de l’Adagio. Puis constitution d’une danse méditative proche d’un tempo de valse. Animation renforcée ensuite mais momentanément.

Mouvement 4. Ce Rondo virtuose en ut mineur débute par une brusque irruption de l’orchestre. Des échos de la valse du troisième mouvement sont maintenant perceptibles avec sa dose de mélancolie. On l’entendra à trois reprises (à la flûte puis aux violons et enfin par l’orchestre entier). Efficacité des cuivres puis relâchement. Une deuxième section offre le thème du rondo. Le tout s’achève par un triomphal sommet en ut majeur.

Børresen, le symphoniste. Ses trois symphonies s’inscrivent dans le cadre de la musique orchestrale qualifiée assez vaguement de post-romantique. Elles se rapprochent à bien des égards des compositions plus ou moins contemporaines de , ,
Par contre, elles se trouvent fortement distancées par le cycle symphonique de Carl Nielsen. Et même si les deux premières symphonies de ce dernier demeurent manifestement dans la sphère brahmsienne, elles affichent des qualités franchement plus idiomatiques et personnelles.
Le legs symphonique de Hartmann et de Gade persistait fortement et le romantisme de leurs continuateurs fut modéré et progressif. Les échos modernistes en provenance d’Allemagne et de France principalement, intéressaient les plus jeunes générations mais ne bousculaient quasiment pas les musiciens plus âgés et bien installés dans leur expression, exception faite de Carl Nielsen, ouvert aux autres courants.
La tradition et la mentalité danoises occupaient encore la quasi-totalité du terrain esthétique au tout début du siècle. A l’inverse, après la guerre de 1914-1918 les choses évoluèrent très rapidement rejetant bientôt des créations dites romantiques tardives dans une situation très inconfortable… Leurs musiques ne faisaient plus recette, plus, elles devenaient démodées et n’éveillaient plus guère d’intérêt !
Les photographies du compositeur montrent un visage puissant, un port très altier, un regard sombre et perçant, sévère même, une indéniable classe. Sa très grande taille fut à plusieurs reprises soulignée dans divers articles. Lors de son cinquantième anniversaire, le journal Politiken daté du 2 juin 1926 publia ces quelques lignes. « Lorsque l’on pense à Hakon Børresen, on pense automatiquement à Langelinie (la rue de Copenhague située près de la Petite Sirène), car Børresen accompagné de ses deux magnifiques chiens de chasse y promène chaque matin sa silhouette élégante. Ce n’est pas un hasard qu’il soit un homme d’extérieur ; il se sent facilement à l’étroit à l’intérieur, à cause de sa grande taille, et d’ailleurs, même lorsqu’il se promène à l’extérieur, il marche le corps penché prudemment vers l’avant comme s’il voulait éviter les lanternes. On peut certainement y voir un sens caché dans le fait qu’il passe chaque été à Skagen, non seulement parce que c’est l’endroit le plus élevé du Danemark, mais aussi parce qu’il y côtoie notre vénéré roi et naturellement la personnalité la plus influente de Skagen. »

Le librettiste de son opéra Kaddara Carl Martin Norman-Hansen a laissé ses impressions sur le personnage : « Lorsque l’on apprend à mieux le connaître, on conserve quelque chose de la première impression – c’est indéniablement un homme au caractère fort, que personne ne peut obliger à faire ce dont il n’a pas envie, un homme sûr de lui-même qui ne mâche pas ses mots quand quelque chose ou quelqu’un lui semble digne de son mépris. Mais au plus profond de lui, il est très loyal. De même qu’on le voit toujours en compagnie de son chien, il reste fidèle à ceux à qui il s’est attaché. Il est notamment très fidèle envers son professeur et ami Johan Svendsen, en souvenir des heureuses années d’apprentissage qui lui ont donné les lignes de conduite de son art. »

Ceux qui l’ont connu comme ceux qui se sont penchés sur la vie de Hakon Børresen rapportent qu’il « mena une vie bourgeoise bien réglée. En privé, c’était un caractère agréable, qui cultivait de nombreuses amitiés, très diversifiées. Dans ses obligations publiques, il jouait le rôle d’habile ’’avocat’’ de la musique danoise et de la collaboration entre Scandinaves. Si le modernisme d’un Carl Nielsen n’avait rien à voir avec les œuvres de Børresen, les deux principaux compositeurs danois s’entendaient toutefois à merveille. Ils se rencontraient à Copenhague pour des parties de bridge et à Skagen, où Nielsen possédait également une maison de campagne, pour faire la fête », écrit Hayo Nörenberg dans un texte de présentation pour un enregistrement CPO.

A Copenhague, il vivait dans un grand appartement situé non loin de l’église Marmokirken. Il passait tous les étés entre 1898 et 1954 à Skagen. A partir de 1916 se sera en compagnie de sa femme Nanna. Là, il fréquenta avec grand plaisir les artistes, peintres, musiciens, poètes, écrivains formant la célèbre colonie de Skagen. Il se lia d’amitié avec plusieurs peintres skagenois majeurs comme Peder Severin Krøyer et Michael Ancher. Ils en firent le portrait. Il est aussi membre du comité directeur du Musée de Skagen. La petite société qu’ils formaient aimait à se retrouver, discuter, parler littérature, poésie, peinture, musique et refaire le monde autour de tables richement garnies de victuailles et d’alcools. Y séjournèrent ou y passèrent des personnalités comme Carl Nielsen et Edvard Grieg mais également le compositeur suédois (là il établit la version piano de sa fameuse Midsommervaka). On y faisait régulièrement de la musique entre soi. A Skagen il trouvait son inspiration et composa la majorité de ses partitions.
Tous se réunissaient fréquemment chez le peintre Krøyer où siégeait un grand piano. A la mort de l’artiste Børresen en hérita puis il le légua à son tour au Musée de Skagen qui l’abrite toujours.
Børresen confia souventefois combien il aimait et se plaisait à Skagen. « Ici, on trouve la paix et le calme, c’est très beau l’été, mais aussi magnifique en hiver. Skagen est situé à l’extrême nord. La mer est la même qu’il y a cinquante ans – l’horizon majestueux et la grande peinture du ciel. Je ne peux que croire qu’il existe une relation entre la peinture et la musique. Krøyer par exemple aime travailler en musique, et j’ai souvent joué dans son atelier tandis qu’il peignait.»

Plus largement il défendit avec ardeur et souvent autorité la cause de la musique danoise et améliora la collaboration entre les pays scandinaves par le biais de fonctions administratives. Il fut une sorte de consultant gouvernemental non officiel mais efficace en matière de sujets touchant la musique.
Børresen était un familier de la famille royale. A Skagen même il la retrouvait dans les divers milieux artistiques de la région. Il indique dans ses souvenirs : « Je me rappelle que le roi Christian X est passé un jour en vélo devant ma maison. Il a frappé à ma fenêtre et a commencé directement à parler du prince héritier Frederik : ’’ Ne pourriez-vous pas m’aider, je me fais du souci à cause de l’intérêt de mon fils pour la musique, cela lui fait du tort. Ce n’est pas facile d’être roi, ça demande un grand engagement’’ Je lui ai répondu : ’’S’il sait diriger un orchestre, il saura également diriger un conseil d’Etat’’. Une autre fois le roi a fait cette remarque : ’’Vous savez Børresen, si je disparaissais un jour avec mon cheval, et vous avec vos chiens, il manquerait quelque chose aux rues de Copenhague’’ »
Au cours de l’année 1933, alors que se posent des choix drastiques quant à l’avenir du Théâtre royal, il participe activement en tant que membre du Conseil d’administration, à la recherche et la mise en application de solutions viables.

Son expertise et son implication dans ce registre conduisent à sa nomination de président du premier Conseil de la Musique du Danemark en 1935.

Le Quatuor à cordes n° 2 en do mineur est composé en 1939 autour de 4 mouvements : 1. Allegro agitato, 2. Intermezzo. Molto vivace, 3. Andante patetico, 4. Presto. Durée du quatuor : 28’.
La lumière de Skagen si régulièrement décrite et recherchée par les peintres locaux a-t-elle réussi à infiltrer ce Deuxième Quatuor à cordes ? Commencé à 64 ans (le Sextuor lui l’avait été à 25 ans) le Quatuor n° 2 étonnamment ne présente pas de grandes différences stylistiques, peut-être n’y retrouve-t-on pas ce « ton nordique » si typique issu de Grieg.
Néanmoins, il repose sur une atmosphère romantique et utilise des niveaux d’expression plus complexes que dans le Sextuor, tout en développement des passages sans doute beaucoup plus retenus et maîtrisés.
« Un des joyaux de la littérature danoise pour quatuors », selon le musicologue Hayo Nörenberg.
Il continue à manœuvrer avec ardeur à l’établissement et à la coopération musicale entre les artistes danois et aux relations avec les autres pays du Norden.
En 1941, il a 64 ans, son rôle au sein de la vie musicale danoise conduit les autorités gouvernementales à lui octroyer une donation annuelle de 3600 couronnes.

La première interprétation de la Sérénade pour cor, cordes et timbales eut lieu le 12 mars 1944. L’Orchestre de chambre de Copenhague était placé sous la baguette de Grete Kolbe, la partie de cor revenant à un instrumentiste de l’Orchestre royal nommé Hans Sørensen. La Sérénade a trois mouvements séparés, d’abord un Allegro (5’) suivi d’un Allegretto espressivo (6’) et enfin un Allegro (6’), le tout durant environ 17 minutes.
La séquence des évènements est la suivante. Dialogue animé entre le cor et l’orchestre, puis apparition du premier thème du cor (ut majeur). Second thème (sol majeur), détendu et léger, aux cordes d’abord puis repris par le cor. Développement animé, puis Allegretto espressivo (fa majeur) varié en 2 parties. Ré-exposition ensuite. Certains critiques lui ont attribué des accents authentiquement danois et romantiques.
Le soliste de la création considérait la Sérénade comme « une œuvre néo-romantique, écrite dans un ton propre aux chants populaires. »

En 1949 Børresen propose les Airs populaires nordiques pour orchestre à cordes (Nordiske folketoner). Les 18 minutes que dure l’œuvre se partagent pratiquement à égalité entre les trois mouvements notés respectivement : 1. Le Glacier. Maestoso, 2. Danse à l’air libre. Moderato, 3. Rondo féroïnne. Marcato e con ritmo. Les motifs avaient été notés jadis par Johan Svendsen, en 1867 exactement, lors d’un voyage en Islande et aux îles Féroé. Børrensen les arrangea pour orchestre à cordes et dédia sa musique à la reine Alexandrine à l’occasion de son 70e anniversaire.
Nommé membre de l’Académie de musique (Musikaliska Akademien) de Stockholm et membre honoraire de l’Association des compositeurs norvégiens.
Interrogé en 1951 pour son 75e anniversaire, Børresen confia : « La composition ne quitte jamais mon esprit, je travaille beaucoup quand je suis à Skagen. Je voudrais dire, avec les mots de mon vieil ami Ancher [le peintre] : les œuvres qui n’ont pas vu le jour sont les meilleures. Les dernières pièces que j’aie couché sur le papier sont les Mélodies islandaises que j’aie dédié à la reine Alexandrine à l’occasion de son 70e anniversaire. »

Parlant de Svendsen et de Grieg, il déclara au soir de sa vie : « Ils vivaient selon le vieux principe (que j’ai également fait mien) que l’art et la science sont les formes les plus hautes de la vie spirituelle ; peut-être même l’art est-il placé le plus haut, formant en quelque sorte l’efflorescence de l’esprit ».
Børresen et son esthétique. Dès sa jeunesse Hakon Børresen évolue dans un climat dominé par la tradition romantique dano-norvégienne. Son rapprochement précoce et quasiment filial de Johan Svendsen le fixe définitivement dans cette esthétique. Sa vie durant il lui restera très attaché et fidèle. Les nouveaux courants modernistes ne l’intéressent pas et il n’opèrera jamais de rupture avec ce que l’on qualifie de musique post-romantique, d’ailleurs largement suivie par la grande majorité de ses compatriotes contemporains. Bien qu’humainement proche de Carl Nielsen, très à l’écoute de ce qui venait des esthétiques les plus modernes, il ne le suit nullement sur ce terrain « aventureux ». Tant est si bien que quasiment parvenu à la moitié du 20e siècle, Børresen, le vieil homme respecté et démodé, de même que sa musique jugée d’un autre temps ne sont plus au goût du jour. Sa musique bien écrite, parfaitement construite et pensée, ne dépasse jamais les canons hérités de ses maîtres romantiques et en conséquence paraît terriblement désuète si mise en perspective avec les courants nouveaux. Lui, ne changeant pas voit sa musique sombrer progressivement et quitter les salles de concerts. Le même sort menaçait les œuvres de très bons créateurs danois de la trempe de Lange-Müller, , August Enna, , , Otto Malling, Louis Glass…

Tous les développements modernistes qu’il rencontra ne bougèrent ni modifièrent en rien son enracinement esthétique. Plus, ces contacts confirmèrent son positionnement et l’aidèrent sans doute à maturer son art.

Dans le journal français Comœdia daté du 18 mars 1924 Børresen déclara que ses compositeurs préférés dans le domaine francophone avaient pour nom Debussy, Ravel et César Franck.
Hakon Børresen et Carl Nielsen. De onze ans plus jeune que Nielsen, Børresen n’en demeura pas moins tout au long de son existence nettement plus conservateur que son aîné. Son admiration se portait sans défection vers l’art de Gade, Grieg, Lange-Müller et Richard Wagner. Il préféra moins composer plutôt que de changer sa manière d’écrire et avec les années, c’est ce qu’il fit. A partir du milieu des années 1920 il n’écrivit plus qu’une œuvre par an, puis plus rien après 1940. Jamais il ne se rapprocha et moins encore n’adopta les nouveaux courants de la musique européenne. Ce que l’on appelait alors la modernité.

Børresen afficha une stature humaine faite de dignité, de gentillesse et de profondeur.

En 1948 une sorte de révolution de palais à la Société des compositeurs danois l’évince brutalement signant ses adieux plutôt tristes à la cause qu’il avait si longtemps défendue.

A la toute fin de sa vie Hakon Børresen était devenu depuis un bon moment une sorte de has-been, un créateur anachronique, balayé par la nouvelle histoire de la musique en train de se faire.

Hakon Børresen décède à l’âge de 78 ans, le 6 octobre 1954, presque jour pour jour 23 ans après son ami Carl Nielsen. Son aisance matérielle et son attachement à la tradition lui auront permis de composer exclusivement la musique qu’il souhaitait écrire. Une chance ?

CATALOGUE CHRONOLOGIQUE DES ŒUVRES

1895. Thor kører til Jotunheim, pour orchestre, op. 1 (œuvre d’élève).
1901. Symphonie n° 1 en do mineur, op. 3.
1901. Sextuor à cordes en sol majeur, op. 5.
1903. Romance pour piano et violoncelle/orchestre, op. 4.
1903. Sextuor à cordes, op. 5.
1903. Polonaise en do majeur, op. 6. « Pour grand orchestre au maître Jean Boldini ». Commencé à Paris.
1904. Symphonie n° 2 en la majeur, op. 7, Havet/ La Mer.
1904. Concerto pour violon et orchestre en sol majeur, op. 11.
1905. Chansons d’après J.P. Jacobsen, op. 8.
1907. Sonate pour violon en la mineur, op. 9.
1909. Marche Funèbre pour les funérailles de Krøyer.
1912. Nomannerne (Les Normands), ouverture pour orchestre, op. 16, révision 1935.
1912. Deux Pièces pour violoncelle et piano (Elégie et Sérénade), op. 17. Dédiées à Pablo Casals.
1913. Prélude pour le 500e anniversaire de la ville de Skagen.
1913. Quatuor à cordes n° 1 en do mineur, op. 18.
1913. 3 Chansons, op. 19.
1919. L’Invité royal. Prélude et opéra.
1921. Kaddara, opéra.
1924. Tycho Brahe Drøm (Le Rêve de Tycho Brahe), musique de ballet.
1925-1926. Symphonie n° 3 en do majeur, op.21.
1930. Historien om en moder (L’Histoire d’une mère), mélodrame. d’après le texte de .
1932. Musique pour la pièce de Kai Munk, Cant.
1932. Musique pour la pièce de Axel Juel, Knud Lavard.
1932. Mod døden, pour orchestre à cordes.
1936. Farende Sanger, pour chœur et orchestre.
1937. Hamlet, ouverture, op. 25.
1939. Quatuor à cordes n° 2 en do mineur.
1944. Sérénade pour cor, cordes et timbales.
1949. Airs populaires nordiques pour orchestre à cordes.
Plusieurs lieder (op. 2, 8, 12, Heimars Sang op. 15 pour baryton et orchestre) dont certains sont devenus très populaires à l’époque. Des œuvres chorales (dont des chœurs d’hommes op. 19, 24, 25).
Egalement d’autres pièces pour piano et pour orgue.

BØRRESEN A L’ECOUTE

La discographie relative au catalogue de Hakon Børrensen nous permet de découvrir et d’apprécier quelques-unes de ses œuvres principales. Incomplète certes mais suffisante pour se faire une idée assez exacte de son écriture musicale. Les enregistrements signalés sont assez aisément trouvables sur Internet.

Symphonie n° 1 en do majeur, op. 3. Sérénade pour cor, cordes et timbales. Airs populaires nordiques pour orchestre à cordes.
Xiao-Ming Han (cor), Stephan Böhnlein (timbales), Orchestre symphonique de la Radio de Sarrebruk (Rundfunk-Sinfonieorchester Saarbrücken), dir. Ole Schmidt. Enregistrement : 19-23 janvier 1998. Durée : 74’04 (38’31, 17’13, 18’16). CPO 999 578-2.
Concerto pour violon en sol majeur, op. 11. Kai Laursen (violon), Orchestre symphonique du Sud-Jutland, dir. Carl Garaguly. Enregistrement : août 1975. Danacord DACCO 465. Durée : 28’24 + Concertos pour violon de August Enna, Lange-Müller, Siegfried Salomon et Gustav Helsted.
Concerto pour violon en sol majeur, op. 11. Symphonie n° 1 en do majeur.
Rebecca Hirsch (violon), Orchestre symphonique d’Aalborg, dir. Owain Arwel Hughes. Enregistrement : 19-22 août 1996. Dacapo 8.224059. Durée : 71’48 (32’28 + 39’06).
Symphonie n° 2 en la mineur, op. 7 ‘’La Mer’’. Orchestre symphonique de la radio danoise, dir. . Danacord DACCOCD 370-371. In Danish Symphonies of the Late Romantic Period. Oeuvres de Louis Glass, Herman Sandby et Rudolf Simonsen.
Symphonie n° 2 en la mineur, op. 7 ’’La Mer’’. Symphonie n° 3 en do majeur, op. 21.
Rundfunk-Sinfonie-Orchester Frankfurt, dir. Ole Schmidt. Enregistrement : 2-4 mai 1995 et 28-30 octobre 1997. Durée : 69’16 (35’22 et 33’20). CPO 999 353-2.
Symphonie n° 2 en la majeur, op. 7 « La Mer ». Symphonie n° 3 en do majeur, op. 21.
Orchestre symphonique d’Aalborg, dir. Owain Arwel Hughes. Enregistrement : 21-26 octobre 1996. Dacapo 8.224061. Durée : 76’09 (41’16 + 34’28).
Sextuor à cordes en sol majeur, op. 5. Quatuor à cordes n° 2 en do mineur.
Copenhagen Classic. Enregistrement : 24-25 mai 1997 et 26-27 janvier 1998. Durée : 66’25 (36’29 et 28’33). CPO 999 613-2.
Prélude de « L’Invité royal ». Musique pour le ballet « At Uranienborg-Le Rêve de tycho Brahe ». Romance pour violoncelle et piano, op. 4
Henrik Brendstrup (violoncelle), Orchestre symphonique d’Aalborg, dir. Owain Arwell Hughes. Enregistrement : 31 août – 3 septembre 1998. Dacapo 8.224105. Durée : 74’56 (8’54+ 58’31 + 7’26).
The Royal Guest.
, Stig Fogh Andersen, Guido Paevatalu, Orchestre symphonique d’Odense, dir. Tamās Vetö. Enregistrement Juin 2003. Dacapo 8.226020. Durée : 79’20
Romance pour violoncelle et piano, op. 4. Deux Pièces pour violoncelle et piano (Elégie et Sérénade), op. 17. Henrik Brendstrup (violoncelle), Per Salo (piano). Enregistré en 1998. Marco Polo Dacapo 8.224092. In Cello Miniatures. Oeuvres d’Emborg, Heise, Fabricius, Ludolf Nielsen et Glass. Durée : 6’50 (Romance) et 10’54 (Deux Pièces op. 17).
Sonate pour violon et piano en la mineur, op. 13. Arne Balk-Møller (piano), Christina Bjørkøe (piano). Enregistrement : 2000. Dacapo 8.226005. In Romantic Violin Sonatas. Avec Louis Glass et Fini Henriques. Durée : 22’24 Børresen).
Deux chants de l’op. 8 : Lanscape (n° 2) et In The Seraglio Garden (n° 3). Peder Severin (ténor) et Dorte Kirkeskov (piano). 1991. Marco Polo DCCD 9114 + chansons de Ludolf Nielsen, August Enna, Fini Henriques, , Rued Langgaard.

LECTURES UTILES

Finn Benestad. Johan Svendsen. The Man, the Music, the Maestro. Traduction anglaise de William H. Halverson. Peer Gynt Press, 1995.
Jean-Luc Caron. Carl Nielsen. L’Age d’Homme. 1990.
Jean-Luc Caron. Hakon Borresen. In Grands symphonistes nordiques méconnus. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen n° 8, 1991, p. 37-40.
Jean-Luc Caron. Johan Svendsen. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen (A.F.C.N.) n° 15, 1996.
Jean-Luc Caron. On trouvera de nombreuses informations sur Børresen et la musique danoise dans les études de La Série des Danois et dans celles de Sur les traces de Carl Nielsen, mises en ligne du Resmusica.com (2008-2012).
Jens Cornelius. Hakon Børresen (2004). Texte de présentation (2004) pour le CD Dacapo 8.226020.
Nils Dittmer. Hakon Børresen. Texte de présentation (1998) pour le CD Dacapo 8.224105.
Nils Dittmer. Hakon Børresen. Texte de présentation (1997) pour le CD Dacapo 8.224061.
Nils Dittmer. Hakon Børresen. Texte de présentation (1997) pour le CD Dacapo 8.224059.
Anders Edling. Parisian Influences and National Tendencies in the Music of Some Scandinavian Contemporaries of Klami. In Symposium Uno Klami, 1900-2000. Helsinki les 15 et 16 septembre. 2000. Sibelius Academy-Est Publication Series n° 10. 2003.
Edvard Grieg. Lettres à Hakon Børresen. In Letters to Colleagues and friends. Edited by Finn Benestad. Peer Gynt Press/Columbus, 2000.
Jens Martin Jensen. Børresen. Article du New Grove Dictionary of Music and Musicians. Edited by Stanley Sadie. MacMillan publishers limited, 1980.
Svend Kragh-Jacobsen. Le Théâtre musical depuis 1931. In La vie musicale au Danemark, sous la direction de Sven Lunn. Copenhague 1962.

Hayo Nörenberg. Débuts grandioses et fin nordique : La Première Symphonie, la Sérénade pour cor, cordes et timbales et les Mélodies populaires nordiques. Texte de présentation du CD CPO 999 578-2.
Hayo Nörenberg. Une musique qui était dans l’air du temps : 2e et 3e symphonies de Hakon Børresen. Texte de présentation du CD CPO 999 253-2.
Hayo Nörenberg. Œuvres de jeunesse et de la maturité nourries d’un même esprit : le Sextuor à cordes en sol majeur et le Quatuor à cordes en ut mineur. Texte de présentation du CD CPO 999 613-2.

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