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Vedernikov et Neuburger, doublures de choix à Pleyel

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 05-X-2012. Claude Debussy (1862-1918) : En blanc et noir (orchestration Robin Holloway) ; Fantaisie pour piano et orchestre ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°4. Jean-Frédéric Neuburger, piano. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Alexander Vedernikov

Remplacés au pied levé, Myung-Whun Chung et Roger Muraro ont trouvé en et des doublures de choix. Aucune fébrilité n’était à remarquer dans ce programme entre curiosités et piliers du répertoire.

En ouverture de concert, la récente orchestration des pièces pour piano En blanc et noir due au compositeur décevait quelque peu. Refusant de singer l’instrumentation debussyste, Holloway propose une orchestration généreuse, très épaisse, qui nuit véritablement à la clarté du discours dans les mouvements extrêmes, mais fonctionne très bien dans le mouvement central, épique et narratif à souhait.

La Fantaisie qui suivait, une rareté au concert, est une belle surprise. Debussy s’y écarte de la dialectique soliste/ orchestre et intègre en maints endroits le piano dans la texture orchestrale, à la manière de la Symphonie cévenole de D’Indy. Dans ce type de configuration, la gageure pour le soliste est alors de trouver à s’affirmer, à ne pas se laisser submerger, ce que peinait quelque peu à accomplir au début de son interprétation. Il ne devait se révéler vraiment que lors du mouvement central, où de plus larges plages solistes lui sont ménagées, il est vrai.

Pour le reste, la Fantaisie est une pièce agréable, sans être sensationnelle. Le discours musical manque en effet de relief, à l’image du dernier mouvement dont la coda brillante paraît télescopée et pour tout dire convenue, comme si Debussy sacrifiait aux besoins de la claque.

En bis, Jean-Frédéric Neuburger proposait au public une pièce en forme de blues, fort chaleureusement accueillie.

Après la pause, place à un pilier du répertoire symphonique, la Symphonie n°4 de Tchaïkovski, avec sa fanfare liminaire figurant le fatum, bien connue des mélomanes. La direction de Vedernikov fait pencher tout de suite le discours du côté de la narration, ce qui s’avère idéal dans le premier mouvement, riche en contrastes de tempi et d’atmosphères. La Canzona suivante, plus sage, consacrait la qualité des bois de l’orchestre, notamment le hautbois et la clarinette. Le Scherzo ensuite était quelque peu décevant : pris dans un tempo plus lent que l’ordinaire, le discours donnait l’impression bizarre de se traîner. L’intention était sans doute de créer un choc avec le final, quasi enchaîné, pour lequel Vernikov avait du méditer longuement l’indication « con fuoco » ! C’était réussi, bien qu’à cette allure, les couplets en forme de variations manquaient quelquefois de subtilité. La soirée s’achevait comme de juste par une longue ovation de la phalange et de son chef.

Crédit photographique : Jean-Frédéric Neuburger © Rikimaru Hotta

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