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Fleming et Thielemann interprètent Richard Strauss à Salzbourg

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Richard Strauss (1864-1949) : Befreit Op.39 n°4 ; Winterliebe Op.48 n°5 ; Traum durch die Dämmerung Op.29 n°1 ; Gesang der Apollopriesterin, Op.33 n°2 ; Arabella : « Mein Elemer! », scène finale de l’acte I ; Eine Alpensinfonie Op.64. Renée Fleming (soprano). Orchestre Philharmonique de Vienne, direction : Christian Thielemann. 1 DVD Opus Arte. Références : OA 1069 D, code barre : 8 0947801069 2. Enregistré les 7 et 8 août 2011 au Groβes Festspielehaus de Salzbourg. Image : NTSC 16:9. Son : DTS 5.1, PCM Stéréo. Zone 0. Notice trilingue (anglais-allemand-français). Durée : 84’.

 

L’affiche est belle puisqu’elle réunit avec deux de ses meilleurs interprètes actuels, la soprano et le chef , sans compter le Philharmonique de Vienne, le tout dans le cadre du prestigieux festival de Salzbourg, ce devrait être la fête.

Pourtant si ce concert se regarde et s’écoute sans déplaisir, il ne passionne pas plus que ça et ne marque pas durablement la mémoire. La principale raison en est sans doute la direction moins inspirée et parfois même mécanique de , en tout cas moins convaincant que quelques jours plus tôt dans une superbe Femme sans ombre (si on fait abstraction de sa désolante mise en scène). D’ailleurs à l’image qui le montre souvent de face, il apparaît souvent manquer d’expression, donnant assez peu d’indication à son orchestre, et on ne peut s’empêcher d’y percevoir un effet sur ce que l’on entend. Déjà sensible lorsqu’il accompagne en première partie de concert, ce déficit expressif se creuse plus nettement dans l’Alpensinfonie après l’entracte.

Mais revenons au récital de lieder, au programme joliment composé même s’il ne fait pas appel aux plus célèbres lieder avec orchestre du compositeur bavarois. Les quatre réunis ici permettent à René Fleming de montrer ses qualités coutumières, bien captés par les micros qui, proximité acoustique oblige, permettent de plus facilement profiter qu’en salle de toutes les nuances et subtilités expressives réalisées par la chanteuse. Profitons en donc, d’abord dans les quatre lieder où nous donnerons un léger avantage expressif au Befreit introductif d’emblée bien en place qui s’écoule avec un grand naturel. Les trois suivants sont incontestablement maîtrisés, la voix a du corps et du charme, mais comme le tissu orchestral qui l’entoure, ne transmet pas le petit frisson supplémentaire qui fait toute la différence. Plus conséquent est la fin de l’acte I d’Arabella qui clôt cette première partie de soirée, on y perçoit plus d’intention et surtout de présence que récemment à Bastille, sans y être pour autant chaviré.

Peut-être aurait-il fallu une prise de son plus flatteuse, ou simplement plus richement sonore, pour mieux apprécier le spectaculaire poème symphonique Eine Alpensinfonie, car il nous a paru à la fois moins animé ou contrasté, et moins agréablement sonnant que les meilleurs versions (certaines disponibles en SACD sont de ce point de vue bien supérieures). L’orchestre s’y montra certes digne de sa réputation, sans pour autant emporter le morceau à lui tout seul. Et puisqu’on parle de morceau, rappelons que cette symphonie en comporte vingt deux qu’il faut enchaîner avec naturel et souplesse tout en donnant à chacun sa couleur et son climat particulier, belle gageure que la direction, à notre sens trop sévère et uniforme, de Christian Thielemann ne relève pas totalement. Un peu plus de liberté de ton, d’air entre les phrases, de force de conviction n’auraient pas nuit à cette version qui, si elle reste honorable, ne vient pas s’immiscer parmi les sommets alpins qui peuplent déjà la discographie.

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