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Le Sacre du printemps par Jean-Claude Gallotta

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[Dijon] Auditorium, 10-X-2012. Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky, précédé de I-Tumulte et II-Pour Igor. Bande enregistrée avec la version du Sacre du Printemps dirigée en 1960 par Igor Stravinsky. Chorégraphies : Jean-Claude Gallotta. Assistante à la chorégraphie : Mathilde Altaraz. Dramaturgie : Claude-Henri Buffard. Costumes : Jacques Schiotto, Marion Mercier, Anne Jonathan. Lumières : Dominique Zape assisté de Pierre Escande. Décors : Jeanne Dard. Interprètes : Cécile Renard, Alexane Albert, Agnès Canova, Ximena Figueroa, Ibrahim Guétissi, Mathieu Heyraud, Georgia Ives, Bruno Maréchal, Gaetano Vaccaro, Thierry Verger, Stéphane Vitrano, Béatrice Warrand, Thalia Ziliotis.

Le « Sacre » d’ vient de tenter encore une fois un chorégraphe ; et pour s’attaquer à ce qu’il appelle « une sorte de montagne magique », le grenoblois désire visiblement rester dans la tradition, mais aussi mettre en relief le travail du danseur, et ancrer sa vision du ballet dans la société actuelle.

Certains connaissent la chorégraphie originelle de Nijinsky qui exprimait d’une façon admirable le carcan moral des sociétés tribales de l’ancienne Russie païenne, mais, qui n’a pas en mémoire celle de Maurice Béjart pleine de fougue juvénile et si plastiquement irréprochable ? Il semblerait que se soit souvenu des travaux du maître marseillais : les ensembles nombreux, la fluidité et la rapidité des déplacements, l’habileté avec laquelle les soli s’enchaînent avec les tutti rappellent immanquablement le style de sa chorégraphie. La nervosité des gestes qui s’allient bien à la musique ne peut que la servir : elle n’a toujours pas pris une ride. Le choix de la bande son, avec Stravinsky lui-même à la baguette en 1960, dit assez l’admiration que Gallotta professe vis-à-vis du compositeur : ce choix est justifié car les sonorités parfois acides des bois, la virulence des accents rythmiques, la lenteur assumée des passages plus lyriques, le magnifique solo des timbales dans la dernière séquence sont des sensations toujours émouvantes sous sa direction.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, Jean-Claude Gallotta nous propose deux courtes séquences : l’une, Tumulte, nous montre comme une sorte d’avant-Sacre : rien que le silence pour soutenir des enchaînements dansés de la chorégraphie à venir, puis Pour Igor, qui est interprété sur des craquements électro et sur des souffles de tempête (ou bien d’inspiration prophétique ?) et des images vidéo de vieux films dans le style d’Octobre d’Eisenstein. Pourquoi pas ? Pourtant, on sent un peu le procédé…

Les danseurs sont en tout cas irréprochables, remplis de fougue, synchronisés parfaitement, les soli sont maîtrisés, et l’énergie circule d’un bout à l’autre de la soirée sans faiblir.
Les jeans dans une jolie harmonie de vert et de violet, les tops actualisés des filles ancrent visiblement la chorégraphie dans notre époque. Il n’y a pas une élue, mais plusieurs filles dansent en solo à leur tour ; on ne termine pas le ballet par le sacrifice mais par un retour à la case départ : les danseurs s’allongent par terre comme si c’était le début. Il y a bien un épisode charnel durant lequel les participants se mettent en slip et chaussettes, mais il est central et non terminal. Chacun a droit à sa vision des choses, mais on n’est pas forcément convaincu par celle-ci : elle est habile, très agréable à voir, mais il lui manque peut-être cette force percutante qui est essentielle pour servir une musique magistrale.

Crédit photographique © Guy Delahaye

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[Dijon] Auditorium, 10-X-2012. Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky, précédé de I-Tumulte et II-Pour Igor. Bande enregistrée avec la version du Sacre du Printemps dirigée en 1960 par Igor Stravinsky. Chorégraphies : Jean-Claude Gallotta. Assistante à la chorégraphie : Mathilde Altaraz. Dramaturgie : Claude-Henri Buffard. Costumes : Jacques Schiotto, Marion Mercier, Anne Jonathan. Lumières : Dominique Zape assisté de Pierre Escande. Décors : Jeanne Dard. Interprètes : Cécile Renard, Alexane Albert, Agnès Canova, Ximena Figueroa, Ibrahim Guétissi, Mathieu Heyraud, Georgia Ives, Bruno Maréchal, Gaetano Vaccaro, Thierry Verger, Stéphane Vitrano, Béatrice Warrand, Thalia Ziliotis.

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