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À Munich, Mariss Jansons en demi-teinte

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Munich. Herkulessaal. 19-X-2012. Rodion Chtchedrine (né en 1932) : Autoportrait. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour piano et trompette op. 35. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 3 « Eroica », op. 55. Yefim Bronfman, piano ; Hannes Läubin, trompette. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise ; Mariss Jansons, direction

On avait laissé rayonnant à la tête des Viennois lors du festival de Salzbourg ; hélas, les habituelles « raisons de santé » avaient encore eu raison de lui au début du mois d’octobre pour plusieurs concerts à la tête du Concertgebouw, son autre admirable orchestre, mais il est bien là, pour la première fois de la saison, à la tête de l’Orchestre de la Radio Bavaroise. Pour ce chef d’exception, on est prêt à supporter la banalité de la pièce de , l’un de ses compagnons de route musicaux. Comme son titre l’indique, la pièce se veut introspective, intime : elle n’en paraît que d’autant plus théâtrale, avec ses appels stridents dans l’aigu de la clarinette, qui se transmettent ensuite aux cordes. L’ensemble apparaît comme une sorte de Chostakovitch atténué, rentré dans le rang, et sentant l’effort. Le contraste n’en est que d’autant plus grand avec le vrai du premier concerto pour piano, celui de l’insouciance (relative) des années 30 : met dans son jeu une virtuosité jazzy discrète mais réelle, à laquelle son compagnon trompettiste, soliste de l’orchestre, répond avec un peu trop de retenue.

Pour autant, c’est bien pour Beethoven que le public est venu, comme le montre l’ovation qui salue les derniers accords de l’Eroica ; mais ces transports, hélas, nous ne les partageons pas tout à fait. Il y a quelques années à peine, Jansons nous avait enthousiasmé avec cette œuvre dans le vaste hangar de la Philharmonie, beaucoup plus qu’ici, dans l’acoustique plus intime, mais pas nécessairement plus chaleureuse de la Herkulessaal. Le premier mouvement, en particulier, laisse entendre des solistes moins à l’aise qu’à l’accoutumée, des cordes plus ingrates, et si certains effets de dynamique sont admirablement menés, on ne retrouve pas ce soir cette qualité exceptionnelle du son tel que le sculpte habituellement , enveloppant et chaleureux, dans une œuvre qui est pourtant un des joyaux de son répertoire très choisi. Dans les mariages les mieux assortis, il y a des soirs où la routine trouve le moyen de se glisser : il suffit d’attendre le lendemain.

Crédit photographique : Mariss Jansons © Marco Borggreve

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Munich. Herkulessaal. 19-X-2012. Rodion Chtchedrine (né en 1932) : Autoportrait. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour piano et trompette op. 35. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 3 « Eroica », op. 55. Yefim Bronfman, piano ; Hannes Läubin, trompette. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise ; Mariss Jansons, direction

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