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Avec Bruckner, Marek Janowski signe ses adieux à Genève

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Genève. Victoria Hall. 24-X-2012. Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°4 en mi bémol majeur « Romantique » (version 1878-1880, édition Robert Haas 1936). Orchestre de la Suisse Romande, direction : Marek Janowski

Il ne manquait que la Symphonie n°4 de Bruckner au palmarès de et des sept années passées à la tête de l’ pour fermer la boucle que le chef allemand s’était promis de diriger (et d’enregistrer) lorsqu’il a pris les rênes de la phalange suisse romande. Ainsi, le cycle est complet.

Comme chaque année, l’Etat de Genève et la Confédération Suisse fêtent les Nations Unies en offrant aux dirigeants locaux de cette institution un concert de l’. Un parterre de (hauts ?) fonctionnaires internationaux se pressait dans le vénérable Victoria Hall pour ce rendez-vous musical. Des fonctionnaires probablement si occupés à démêler les affaires internationales qu’ils n’ont que peu temps à consacrer à la culture en général. Et à la musique symphonique en particulier, sinon, ils sauraient qu’on applaudit les artistes à la fin de la symphonie et non après chacun de ses mouvements !

Il est vrai que le premier mouvement de cette Quatrième symphonie de Bruckner se termine par un fortissimo impressionnant que souligne très spectaculairement. Alors, ces applaudissements, réaction d’enthousiasme, pouvaient, à la rigueur, se comprendre tant la tension créée tout au long de cette partie de la symphonie avait réussi à capter l’attention de l’auditoire. Le soudain et brusque final arrive ainsi presque comme une délivrance à cette tension accumulée.

Reste que cette manifestation d’ignorance produit un trouble dans la concentration de chef et de ses musiciens, qui dans le second mouvement laissent entendre quelques légères fautes d’inattentions (un départ de flûte anticipé ici, celui d’une trompette là). Mais plus encore, l’impression que la sauce ne prend plus. Le charme est rompu. Alors, quand à la fin de ce mouvement, le public applaudit à nouveau…

Le troisième mouvement (lui aussi applaudi quoique plus timidement que les deux précédents !) et le quatrième donnent alors l’impression que l’orchestre et son chef veulent en finir. Ce ne sera que dans les ultimes mesures du dernier mouvement que Marek Janowski ramènera l’Orchestre de la Suisse Romande dans la ligne émotionnelle qu’il s’était donné d’apporter.

Dommage que ces adieux du chef allemand n’ont pu être ceux de l’apothéose du travail extraordinaire qu’il a fait au sein de cet orchestre pour l’amener au niveau des meilleures formations orchestrales européennes. En quittant cet orchestre, Marek Janowski laisse cependant un instrument orchestral parfaitement rôdé, largement meilleur que celui qu’il a trouvé lorsqu’il en a pris le commandement, capable de pianissimi comme il n’en avait jamais eu jusqu’ici, d’une rigueur instrumentale exemplaire, d’un évident plaisir de jouer et de faire de la musique aux plus hauts niveaux. Merci Monsieur Janowski !

Crédit photographique : Marek Janowski © Felix Broede

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Genève. Victoria Hall. 24-X-2012. Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°4 en mi bémol majeur « Romantique » (version 1878-1880, édition Robert Haas 1936). Orchestre de la Suisse Romande, direction : Marek Janowski

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