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Metz : Werner Güra aux Rencontres franco-allemandes

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Metz. Arsenal. 17-XI-2012. Reynaldo Hahn (1874-1947) : À Chloris, Mai, Dans la nuit, Le Printemps ; Franz Schubert (1797-1828) : Im Frühling D.882, Alinde D.904, Der Fischer D.225, Auf der Bruck D.853 ; Henri Duparc (1848-1933) : Phidylé, Chanson triste, Le Manoir de Rosemonde, Extase ; Robert Schumann (1810-1856) : Liederkreis op.39. Werner Güra, ténor ; Christoph Berner, piano.

Pour la quatrième année consécutive, les Rencontres musicales franco-allemandes « Je t’aime… Ich auch nicht » se sont déroulées à Metz à la mi-automne, dans le but de célébrer, dans cette zone frontalière marquée culturellement par les deux nations, les influences mutuelles exercées par la France et l’Allemagne tout au long de leur histoire musicale. Le récital du ténor et de son pianiste , consacré au lied allemand et à la mélodie française, aura été comme on pouvait s’y attendre un des clous de ce mini-festival. Et s’il est question de programmation, on commencera par souligner l’intelligence et la cohérence de la sélection musicale opérée, laquelle aura permis tout au long de la soirée de réaliser de fascinants chassés-croisés musicaux, tels par exemple celui constitué du « Printemps » de Hahn, précédant directement « Im Frühling » de Schubert…

C’est évidemment dans Hahn et dans Duparc que l’on attendait le moins le ténor allemand, lequel a cependant su faire valoir une diction claire et châtiée, mais évidemment dénuée de véritable idiomatisme. Le dramatisme intérieur des mélodies de Duparc convient davantage à la musicalité affirmée de Güra que la préciosité salonnarde un rien décadente des pièces de , qui semble échapper quelque peu à notre schubertien dans l’âme. Parmi les joyaux de la partie française on retiendra tout particulièrement un exquis « Phydilé » phrasé avec goût et raffinement, et faisant valoir un legato de rêve.

Si les lieder de Schubert ont bien entendu rallié tous les suffrages en milieu de première partie, c’est dans les frémissements schumaniens du Liederkreis opus 39 de la deuxième que Güra atteste, pour ce répertoire, sa supériorité absolue parmi les jeunes ténors de sa génération (les Padmore, Bostridge, et autres). À sa musicalité sans faille et à ses phrasés d’une beauté indicible, sans compter la beauté intrinsèque de l’instrument, Güra allie un sens du verbe et de la langue que l’on ne retrouve – en cherchant loin, très loin chez les aînés… – que chez l’incomparable Fritz Wunderlich, hélas si tôt disparu. Au sommet de toutes ces qualités on ajoutera encore cette simplicité innée qui fait malheureusement défaut aujourd’hui à de nombreux Liedersänger, coupables de confondre expression et préciosité.

Au chant de ce maître, le piano franc, direct et pourtant subtil de aura constitué le plus discret et le plus présent des accompagnements. Belle soirée de poésie et de musique, donc, qui dans ce regard perpétuel de l’intérieur vers l’extérieur donne aussi à réfléchir sur tout ce que le lied allemand de la première moitié du XIXe siècle aura su apporter à la musique française de la deuxième.

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Metz. Arsenal. 17-XI-2012. Reynaldo Hahn (1874-1947) : À Chloris, Mai, Dans la nuit, Le Printemps ; Franz Schubert (1797-1828) : Im Frühling D.882, Alinde D.904, Der Fischer D.225, Auf der Bruck D.853 ; Henri Duparc (1848-1933) : Phidylé, Chanson triste, Le Manoir de Rosemonde, Extase ; Robert Schumann (1810-1856) : Liederkreis op.39. Werner Güra, ténor ; Christoph Berner, piano.

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