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François-Frédéric Guy à Liège

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Liège. Salle Philharmonique. 22-XI-2012. Leoš Janácek (1854-1928) : De la maison des morts, prélude; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n° 2 en si bémol majeur op. 83; Antonín Dvořák (1841-1903) : Symphonie n° 7 en ré mineur op. 70. François-Frédéric Guy, piano. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Christian Arming.

Un ambitieux programme était proposé ce jeudi par l’OPRL, proposant à l’auditeur un voyage dans les paysages de Bohème. Et pour installer d’emblée un tableau significatif  de l’Europe Centrale, quelle excellente idée que d’avoir retenu une pièce de Janácek! Dès les premiers coups d’archets des violonistes, les sonorités singulières et pourtant si familières du compositeur de Jenůfa ou de La Petite Renarde rusée se rappellent à nous. Mais ce soir, point d’histoire d’infanticide ou d’évocation des cycles de la nature: c’est le prélude de l’opéra De la Maison des Morts et ses chaînes qui claquent qui occupait les pupitres…   en traduit l’essentiel mais on regrette de n’avoir goûté à quelques parfums typiques des orchestrations de Janácek. Ainsi, le pupitre de cordes manque d’un certain velouté et de brillance dans les aigus. Cette réserve s’applique également aux vents chez lesquels l’absence de certains chefs de pupitres fut ressentie. Soulignons cependant l’excellent travail du concermeister , sollicité dans un solo redoutable dont il sort avec les honneurs! Enfin, les cuivres tirent assez bien leur épingle d’un jeu qui nous apparait finalement bien trop court. L’incroyable tension déployée au final de ce prélude nous laisse ainsi cruellement sur notre faim et c’est regrettable, étant donné qu’une jouissive suite orchestrale existe au répertoire…

On enchaîne donc rapidement avec le Concerto pour piano n°2 de Brahms qui permet à de s’installer au clavier, en remplacement de qui aurait dû interpréter le concerto si la maladie n’en avait décidé autrement. Chef et soliste s’entendent efficacement tout au long de la partition même si, fait de l’acoustique de la salle ou juste reflet du jeu du soliste,  le piano nous a semblé le plus souvent en second plan avec l’orchestre en termes de dynamiques. Le toucher de , cotonneux dans un premier temps apparaît mieux articulé dès le second mouvement. Aucune esbroufe à signaler dans le chef de ce pianiste expérimenté, mais bien au contraire une  manière d’approcher la partition très simple. Une simplicité sans connotation péjorative car même si l’esthétique de ce concerto manque parfois de fantaisie, elle a le mérite d’offrir à l’auditeur une lecture aisée, voire immédiate du discours musical.  De l’orchestre, nous avons surtout retenu la prestation du violoncelliste-soliste ayant sculpté une extraordinaire introduction à l’andante.

Enfin, comme en écho au solo de violoncelle du concerto joué en première partie de concert (quelle troublante similitude mélodique !), la Symphonie n°7 de Dvořák vient clore un programme décidemment copieux. Oscillant entre références tchèques et une esthétique résolument romantique, cette symphonie est sans doute l’une des plus complexes à aborder pour tout chef d’orchestre. et sa phalange liégeoise n’ont pas fait le choix franc du folklore slave. Soit. Ils ne semblent par contre pas davantage vouloir plonger dans une lecture analytique de la partition, d’où une impression de neutralité qui, si elle ne bouscule pas l’auditeur ne déchaîne pas non plus les passions. Les petites faiblesses évoquées en première partie de concert persistent chez les bois. Le pupitre de cors, remanié, fait ici preuve d’une plus grande éloquence. Ce qu’il a manqué à cette symphonie était certainement une balance mieux définie entre les timbres permettant de ne pas laisser se perdre l’oreille dans les profondeurs de l’orchestre. L’OPRL n’est certes pas une phalange rompue à la pratique du répertoire tchèque. Son directeur musical est néanmoins volontaire et on ne peut donc que l’encourager à explorer davantage les extraordinaires symphonies d’Antonin  Dvořák.

Crédits photographiques : François-Frédéric Guy © Benjamin de Diesbach

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Liège. Salle Philharmonique. 22-XI-2012. Leoš Janácek (1854-1928) : De la maison des morts, prélude; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n° 2 en si bémol majeur op. 83; Antonín Dvořák (1841-1903) : Symphonie n° 7 en ré mineur op. 70. François-Frédéric Guy, piano. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Christian Arming.

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