Clap de départ du Jubilé de Notre-Dame de Paris

Concerts, La Scène

Paris. Cathédrale Notre-Dame. 18-XII-2012. Claudio Monteverdi (1567-1643) : Vespro della beata Vergine. Cécile Achille, Aurore Bucher, sopranos ; Marie-Georges Monet, Marie Pouchelon, altos ; Bruno Boterf, Marc Mauillon, Vincent Bouchot, ténors ; Virgile Ancely, Frédéric Bourreau, basses. Maîtrise Notre-Dame de Paris (direction du choeur d’enfants : Emilie Fleury), orchestre (Yves Castagnet, orgue ; Hélène Houzel, violon solo), ensemble Les Sacqueboutiers (direction artistique : Jean-Pierre Canihac), direction : Lionel Sow

Lionel Sow : Crédit photographique : DRC’est avec les Vespro della beata Vergine de Monteverdi que MSNDP (Musique sacrée à Notre-Dame de Paris) inaugure avec un peu d’avance sa saison 2013 et son année jubilaire, puisque la première pierre de la cathédrale de Paris a été posée en 1163, soit il y a 850 ans. Paradoxe de l’histoire, c’est dans un des plan grands et prestigieux monuments du catholicisme qu’est jouée cette oeuvre majeure, refusée en son temps par Rome.

L’aspect hétéroclite de ces Vêpres est accentué par son orchestration, comme à l’accoutumée non définitive, la répartition des voix entre choeur et solistes, l’ajout – ou non – de pièces instrumentales et d’antiennes grégoriennes et le choix d’un des deux Magnificat qui ferment l’oeuvre. Chaque interprétation est unique, allant de l’austérité (Jordi Savall) à l’exubérance (Christina Pluhar) en passant par des versions plus lyriques (Gabriel Garrido) ou intériorisées (John Eliot Gardiner).  a pris le parti d’un effectif instrumental fourni, d’une majorité de passages polyphoniques confiés au choeur, du Magnificat a sette voci (ou Magnificat I) et a supprimé toutes les antiennes grégoriennes introductives.

En accord avec la magnificence et la dimension des lieux (et surtout la résonance), le chef de chœur prend volontairement des tempos amples. Point d’ascétisme pseudo-recueilli, pas de spectacle non plus, un juste équilibre se trouve dès le Deus in adjutorium meum intende, avec un choeur sonore qui n’est jamais couvert par l’ensemble instrumental. Aucune préciosité – souvent considéré comme un « summum » en interprétation baroque – n’est de mise. Plénitude sonore, mise en place, justesse, équilibres des plans sonores et de la polyphonie sont les maîtres mots de cette interprétation. Si la lecture de ne révolutionne pas l’oeuvre, elle la sert avec respect.

Coté solistes, nul n’a oublié que Monteverdi est aussi un compositeur d’opéra. Mention spéciale pour les sopranos et , souvent exposées, ainsi que pour le ténor . Présentés comme ténors – alors qu’ils sont barytons – et connaissent ce répertoire parfaitement et équilibrent par leurs timbres – rappelant le pupitre de tailles, voix de ténor assez centrale – l’ensemble vocal de solistes. La , chœur de jeunes filles comme choeur mixte, mériterait de sortir plus souvent de la cathédrale. Aux instruments, confirment leurs positions inévitables dans ce répertoire.

L’année jubilaire commence sous les meilleurs hospices musicaux et annonce une saison 2013 riche en événements, laissant la part belle au répertoire des lieux, de Pérotin à nos jours. Rendez-vous au plus tard dans un an pour la création mondiale des Vêpres de la Vierge de Philippe Hersant.

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