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Cachafaz, retour barbare à Malakoff

La Scène, Opéra, Opéras

Malakoff, Théâtre 71. 22-III-2013. Oscar Strasnoy (né en 1971) : Cachafaz, tragédie barbare en deux actes et en vers sur un livret de Copi. Mise en scène : Benjamin Lazar ; décors : Adeline Caron ; costumes : Alain Blanchot ; lumières : Christophe Naillet ; maquillage : Mathilde Benmoussa. Avec : Lisandro Abadie, Cachafaz ; Marc Mauillon, Raulito ; Nicolas Vial, le Policier. Les Cris de Paris, Ensemble instrumental 2e2m, direction : Geoffroy Jourdain

Créé en novembre 2010 à Quimper puis parti en tournée dans toute la France sur la saison 2010/2011 (dont une série à l’Opéra Comique), Cachafaz d’, qui reprend la quasi intégralité de la pièce homonyme de Copi – la seule écrite en espagnol et en vers – reprend la scène à Malakoff, en proche banlieue. La concentration presque exclusivement parisienne des spectacles lyrique fait que, devant la rareté, l’ensemble des représentations s’est passé dans une salle comble.

La production, la même que celle de la création, n’a pas bougé d’un millimètre. On y retrouve le même couple déjanté formé par et , oscillant entre amour véritable et comédie humaine. Avec les mêmes qualités de chanteur et d’acteur pour le premier, et les mêmes soucis vocaux pour le second, qui aborde un rôle trop grave pour sa tessiture.

La mise en scène de reste à l’image de l’œuvre originale de Copi, un théâtre baroque foisonnant, passant de la relation sordide entre Cachafaz et Raulito, leurs relations difficile avec le voisinage, à l’irrationnel le plus complet quand le tabou de l’anthropophagie est levé. Les monceaux de chiffons et habits usagés, desquels émergent à la fin les fantômes venus châtier Cachafaz – à qui il tient tête puisque Raulito ne peut le suivre en enfer : celui ci est fermé aux femmes à moustaches – sont toujours là dans ce décors fait d’une structure en amphithéâtre.

La partition d’ – qui n’a pas connu la moindre retouche – fait toujours preuve d’inventivité, parodiant tour à tour Verdi, Mozart, Gardell et Piazzolla, avec son petit ensemble instrumental reprenant l’effectif de L’Histoire du soldat de Stravinsky, augmenté d’un orgue Hammond et d’une guitare (soit électrique, soit acoustique amplifiée). L’ se joue des difficultés d’écriture de Strasnoy, un compositeur fort fréquenté par ces musiciens ces dernières années, et l’ensemble vocal est, comme à l’accoutumée, excellent, sous la direction attentive de .

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