A Dijon, le Chamber Orchestra of Europe : éclectique

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Dijon. Auditorium. 29-III-2013. Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Ouverture de la Belle Mélusine, op. 32 (1834). Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur (1853) ; violon : David Grimal. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Kammersymphonie n° 2, op. 38 (1940). Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n° 1 en ré majeur, D. 82 (1813). Chamber Orchestra of Europe, direction musicale : Gérard Korsten.

dg6Un programme sur mesure pour mettre en valeur un orchestre malléable… et qui donne de l’Europe une image séduisante dont bien des politiques devraient s’inspirer réellement. Des qualités expressives diverses apparaissent au cours de ce voyage musical qui ne parcourt pas que des sentiers battus.

« La belle Mélusine » nous emmène directement au pays des fées de nos enfances, grâce à ses soli de clarinettes et de flûtes, et surtout grâce à la transparence des sonorités. Puis Mendelssohn nous entraîne dans des cavalcades héroïques sur un tempo plein d’élan que maîtrise un chef bondissant. La précision des pupitres de cordes est déjà éblouissante ; pourtant elle atteindra son point culminant dans le final de la symphonie de Schubert !

Dès les premières mesures du concerto de Schumann, on sent que l’orchestre et son chef ont cherché un son différent : plus compact, plus épais même, il correspond mieux au ressenti de ce compositeur alors en fin de vie. Cette œuvre peu connue est difficile, délicate à servir, mais on connait l’engagement de qui n’a jamais hésité à se mesurer à ce genre de défi. Il choisit d’interpréter le premier mouvement « à la tzigane », c’est-à-dire avec du rubato qui permet de rendre sensibles des répétitions de thèmes qui pourraient paraître fastidieuses. donne au second mouvement, longue rêverie du violon sur des nappes sonores de l’orchestre, le sens d’une errance tour à tour mélancolique ou apaisée : quand on se rappelle les pièces de piano de cet écorché vif qu’était Schumann, on sent que cette vision de l’interprète est sans aucun doute la bonne. Le troisième mouvement est plus superficiel : polonaise exécutée avec panache et soutenue fièrement par l’orchestre, il répond aux lois du genre.

La Kammersymphonie de Schönberg va révéler encore une autre facette de la sonorité du Chamber Orchestra ; la densité des graves et l’aspect souvent tragique de la flûte et du cor permettent de saisir, dans cette œuvre, les possibilités sombres, mais aussi l’homogénéité de cet ensemble réputé.

On retrouve, avec la symphonie de Schubert, l’atmosphère du début du concert : élan et fougue sont au rendez-vous. L’interprétation fait ressortir le côté viennois du style du jeune compositeur, notamment dans les trios. Mais on perçoit aussi que le langage harmonique de ce jeune homme de dix-sept ans laisse entrevoir du génie : grâces soient rendues à et à sa perspicacité, sa musicalité, de nous avoir fait saisir toutes les subtilités de cette œuvre de jeunesse, et surtout de nous avoir permis ce voyage musical à travers divers styles.

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