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Ballets russes mais baguette de plomb

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Darius Milhaud (1832-1974) : Le Train Bleu ; Domenico Scarlatti (1685-1757)/Vincenzo Tommasini (1878-1950) : les femmes de bonnes humeur ; Henri Sauguet (1892-1974) : La Chatte. Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern, direction : Robert Reimer. 1CD Hänssler. Référence : 93.296. Enregistré en 2011 et 2012. Notice de présentation en : allemand et anglais. Durée : 74’01.

 

Petit à petit, les Allemands de Hänssler progressent dans leur intégrale des œuvres liées aux célèbres Ballets russes. Ce volume n°9 est ainsi consacré à quelques belles partitions.

On commence avec le superbe Train bleu de Milhaud, magnifié, lors de sa création, par des costumes de Chanel, un livret de Cocteau et un rideau de scène de Picasso. Pourtant, à l’exception d’une antique gravure d’Igor Markevitch à la tête des forces de l’orchestre de Monaco, ce Train bleu est tombée dans un scandaleux oubli discographique. Ce ballet possède pourtant un « je ne sais quoi » très typique des « Années folles » avec un mélange de soleil méditerranéen estival, de nonchalance, de flirt endiablé et de piques d’humour caustiques…Le cocktail parfait pour séduite les oreilles les plus difficiles.

Malheureusement, l’orchestre de la radio de Sarrebruck/Kaiserlautern, et le chef , passent complètement à côté de l’esprit de cette musique. Tout est rectiligne, carré et massif. L’orchestration de Milhaud n’est certes pas un modèle de finesse, mais il n’était pas la peine de faire sonner les cuivres comme un bastringue municipal.

Les interprètes passent également à haute altitude des Femmes de bonne humeur, pastiche penaud d’après Scarlatti, commandé par un Diaghilev voulant refaire le coup de Pulcinella de Stravinsky. Pourtant, à la tête du Philharmonia de Londres, le grand Markevitch (Testament) avait su ciseler avec finesse cette musique pesante dans sa volonté de bien faire. Pas de changement de style dans la Chatte d’, trop rigoriste et peu sensuelle.

Ce disque a le mérite d’exister et comble une carence éditoriale, mais on attend  une lecture moderne qui rende justice à ces partitions. Les archéologues du disque chercheront les galettes de Markevitch à Monaco, de temps à autre rééditées chez certains labels (Scribendum entre autre), même si la qualité interprétative d’un chef alors abandonné par ses forces, n’était pas non plus au rendez-vous.

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Darius Milhaud (1832-1974) : Le Train Bleu ; Domenico Scarlatti (1685-1757)/Vincenzo Tommasini (1878-1950) : les femmes de bonnes humeur ; Henri Sauguet (1892-1974) : La Chatte. Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern, direction : Robert Reimer. 1CD Hänssler. Référence : 93.296. Enregistré en 2011 et 2012. Notice de présentation en : allemand et anglais. Durée : 74’01.

 
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