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Hommage à Christian Ferras par Khatia Buniatishvili et Renaud Capuçon

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 23-V-2013. Béla Bartók (1881-1945) : Sonate pour violon et piano n°2 Sz.76. Georges Enesco (1881-1955) : Sonate pour violon et piano n°3 en la mineur op.25 « dans le caractère populaire roumain ». César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en la majeur. Khatia Buniatishvili : piano; Renaud Capuçon, violon.

Disparu prématurément, aurait eu 80 ans cette année, ce qui a décidé et à proposer ce concert en forme d’hommage, reprenant des œuvres jouées et enregistrées par le grand violoniste français avec son partenaire de toujours Pierre Barbizet. Le programme avait l’avantage de l’originalité, même s’il n’était pas inédit, mais pas celui de la facilité car les œuvres choisies, en particulier avant l’entracte avec Bartok et Enesco pouvaient sembler austères.

Et il faut dire que c’est exactement ainsi que nous les avons perçues ce soir. A tort ou à raison, était-ce la volonté d’hommage qui avait quelque peu pesé sur les interprètes qu’on sentit réservés sinon timorés, comme s’ils étaient trop respectueux du texte et de l’artiste qu’ils voulaient honorer. Toujours est-il qu’on ne sentit pas la musique respirer aussi librement qu’elle aurait dû, marquée par un sensible déficit d’animation et de dynamique. A moins que cela ne soit qu’un problème acoustique.

Ainsi donc la Sonate pour violon et piano n°2 de Bartok, dont le premier mouvement Molto moderato le fut un peu trop, joué tout en douceur, avec un piano très – trop – soucieux de ne pas déranger le violon, les deux artistes jouant par ailleurs parfaitement le jeu des lignes musicales séparées, caractéristique voulue par Bartok pour cette curieuse sinon étrange sonate. Le second mouvement fut plus animé mais resta trop collé à son indication initiale Allegretto sans donner la sensation de progresser vraiment et de passer à plus d’animation dans sa deuxième partie.

Avec ma Sonate n°3 d’Enesco sous-titrée « dans le caractère populaire roumain » l’équilibre piano violon nous parut mieux correspondre à l’esprit de l’œuvre où le violon a le plus souvent la part belle et porte l’essentiel de l’expressivité. s’acquitta de cette tâche avec un incontestable talent et une magnifique sonorité. Le caractère libre et rapsodique sauta moins aux oreilles, là encore nous eûmes l’impression que les interprètes réfrénaient leurs ardeurs, jouant le plus souvent sur la demi-teinte avec de trop rares sursauts d’intensité, ainsi le cœur de l’Andante sostenuto ne trancha pas tant que ça par rapport au reste du mouvement. Le final un peu plus enlevé, Allegro con brio tout de même, montra que les deux artistes étaient bien sur la même longueur d’onde, et qu’ils maitrisaient cette difficile partition aux harmoniques hardies.

La Sonate de , qui, à l’instar de la sonate de Bartok fait partie depuis le début du répertoire de ce duo relativement récent, ne trancha pas fondamentalement avec le style et l’esprit de cette soirée. Certes le ton y était plus romantique ce qui était bien le moins compte tenu de la quasi absence d’une once de romantisme dans les deux partitions précédentes, mais on aurait quand même aimé y trouver un peu plus d’engagement, de fougue, d’élan, bref de sensation et d’émotions. La technique était là, l’ensemble Buniatishvili-Capuçon fonctionnait bien, mais ils avaient laissé en coulisse, enfermé à double tour, le célèbre Monsieur Plus qui aurait donné à cette soirée le petit quelque chose qui lui fit défaut pour soulever complètement l’enthousiasme, y compris lors des danses roumaines et hongroise offertes en bis.

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 23-V-2013. Béla Bartók (1881-1945) : Sonate pour violon et piano n°2 Sz.76. Georges Enesco (1881-1955) : Sonate pour violon et piano n°3 en la mineur op.25 « dans le caractère populaire roumain ». César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en la majeur. Khatia Buniatishvili : piano; Renaud Capuçon, violon.

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