Eternelle Traviata à Nantes

La Scène, Opéra, Opéras

Nantes. Théâtre Graslin. 2-VI-2013. Giuseppe Verdi (1813-1901) : La Traviata, opéra en 3 actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : Emmanuelle Bastet. Décors : Barbara de Limburg. Costumes : Véronique Seymat. Lumières : François Thouret. Avec : Mirella Bunoaica, Violetta Valéry ; Leah-Marian Jones, Flora Bervoix ; Cécile Galois, Annina ; Edgaras Montvidas, Alfredo Germont ; Tassis Christoyannis, Giorgio Germont ; Christophe Berry, Gastone ; Frédéric Caton, Grenvil ; Laurent Alvaro, Douphol ; Pierre Doyen, D’Obigny. Chœur d’Angers-Nantes Opéra (direction : Sandrine Abello), Orchestre National des Pays de la Loire, direction : Roberto Rizzi Brignoli.

, qui signe sa quatrième mise en scène pour Angers Nantes Opéra, cherche à souligner l’intemporalité et l’universalité de l’ouvrage en refusant tout cadre précis. Le rideau s’ouvre sur la chambre de Violetta entièrement recouverte de miroirs symbolisant l’idée de narcissisme mais aussi d’apparences trompeuses. Pendant l’ouverture, à rideau ouvert, c’est la maladie qui est d’abord évoquée, puis aussitôt la frivolité avec cet extravagant placard contenant des dizaines de paires d’escarpins aux couleurs vives. Bientôt, l’irruption massive des convives dans cet espace est vécue comme une violation d’intimité et Violetta n’est plus dès lors qu’un objet de désir.

Le dispositif scénique se couvre de treillages de roses au deuxième acte, pour se dépouiller entièrement dans le final lorsque les illusions se sont totalement dissipées… livre un travail très approfondi sur la psychologie des personnages et soigneusement réglé, qui se révèle de bout en bout très intéressant. La qualité des éclairages et des jeux de miroirs mérite tout particulièrement d’être soulignée.

La jeune soprano roumaine , future pensionnaire de la troupe de l’Opéra de Stuttgart, campe une Violetta fraîche et juvénile. Elle répond sans faillir aux exigences du rôle et délivre d’envoutants piani, mais l’aigu reste un peu vert. L’expérience lui permettra de gagner encore en souplesse vocale et d’approfondir le portrait du personnage au troisième acte, conférant davantage d’émotion à Addio del passato qui reste ici un peu scolaire. Plus expérimenté, fait preuve d’aisance technique et de séduction vocale et ne fait qu’une bouchée du rôle d’Alfredo. Les seconds rôles se révèlent assez luxueux, à l’image de et .

Mais le triomphateur de cette matinée est , impérial dans le rôle de Germont père. La voix a gagné en volume, elle est d’une parfaite homogénéité et d’un beau grain. L’acteur est investi et le musicien capable de plier son instrument à de subtiles nuances, attaquant le deuxième couplet de Di Provenza sur le fil de la voix. Ce Giorgio est d’ores et déjà prêt pour les plus grandes scènes européennes et mondiales.

adopte au premier acte des tempi très vifs, sa direction confinant parfois à la brutalité, ce qui se traduit par une certaine confusion dans les points d’orgue. Il laisse davantage respirer la musique dans les actes suivants et mène le spectacle à bon port avec le soutien d’un orchestre irréprochable.

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