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Lorenzo Soulès et Plamena Mangova : deux grands pianistes à Bagatelle

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Orangerie de Bagatelle. 8-IX-2013, 15 h : Johannes Brahms (1833-1897) : Trois Intermezzi op. 117, Quatre Bagatelles op. 10 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) 32 variations en ut mineur WoW 80 ; Thomas Adès (1971-) : Darknesse Visible. Lorenzo Soulès, piano.
8-IX-2013, 17 h : Sofia Gubaïdulina (1931-) : Chaconne ; Domenico Scarlatti (1685-1757) : Trois Sonates ; Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate n° 3 en fa mineur op. 5. Plamena Mangova, piano.

lorenzo_soules_L’an dernier, le jeune pianiste lyonnais , jusqu’alors totalement en dehors du circuit français des musiciens — à 13 ans, son diplôme au CNR de Paris en poche, il est parti s’installer à Cologne auprès de Pierre-Laurent Aimard et de Tamara Stefanovich – fut subitement révélé grâce à ses prix au concours international de Genève.

Pour ce récital à Bagatelle, il a choisi des pièces de tradition germanique, plutôt contemplatives. Dès les Trois Intermezzi de Brahms, sa musique montre d’elle-même que son sens poétique ne tombe jamais dans le sentimentalisme, mais recherche toujours plus de profondeur. Ce constat est confirmé dans la seconde série de Brahms qu’il joue à la fin du concert, les Quatre Bagatelles, avec une musicalité de grand maître et surtout une maturité surprenante pour un jeune homme de 21 ans. Dans les Variations de Beethoven, la précision sur chaque note dans des passages rapides s’entend comme une évidence, et même si la nature et l’épaisseur de son sont totalement différentes, cela fait penser à un jeu de clavecin. Pour Darknesse Visible, il joue des notes saccadées, toujours d’une extrême précision, sur un fond de trilles ou de trémolos, offrant un contraste flagrant. C’est tout simplement un grand pianiste.

Nul ne contesterait aujourd’hui le talent de , deuxième prix du Concours Reine Elisabeth en 2007. Son récital à Bagatelle a offert une autre occasion de le constater. Le fait qu’elle place l’œuvre de Gubaïdulina au début de son récital en dit long sur son audace Mangova-Plamenamusicale, car même si la pièce s’appelle Chaconne et a été composée en 1963 (création en 1966), ce n’est pas un gage pour attirer l’attention des auditeurs. Cependant, elle y parvient naturellement, avec son jeu énergique et précis. Le volume est généralement important pour Scarlatti, et quand elle joue en piano (cela peut être en forte chez certains autres pianistes), l’équilibre sonore dans l’ensemble est si juste que l’on ne sent jamais que le volume est aussi élevé. Elle pense si bien chaque motif et chaque passage par rapport aux autres, en tenant compte des caractéristiques de l’instrument moderne, que l’on pourrait croire que Scarlatti a écrit pour un Steinway construit à la fin du 20e siècle ! Et que dire de ces beaux ornements, trille, appogiatures, mordants, etc., toujours bien dosés sans aucune lourdeur ? Dans la Troisième Sonate de Brahms, c’est la virilité qu’elle met en avant, sans compter le sens aigu du rythme, notamment dans le « Scherzo ». En effet, c’est toujours un grand plaisir d’entendre cette pianiste hors du commun.

Photos : © DR ; Palmena Mangova © DR

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Orangerie de Bagatelle. 8-IX-2013, 15 h : Johannes Brahms (1833-1897) : Trois Intermezzi op. 117, Quatre Bagatelles op. 10 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) 32 variations en ut mineur WoW 80 ; Thomas Adès (1971-) : Darknesse Visible. Lorenzo Soulès, piano.
8-IX-2013, 17 h : Sofia Gubaïdulina (1931-) : Chaconne ; Domenico Scarlatti (1685-1757) : Trois Sonates ; Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate n° 3 en fa mineur op. 5. Plamena Mangova, piano.

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