Festival d’Ambronay : Leonardo García Alarcón ouvre les festivités

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Ambronay. Abbatiale. 14-IX-2013. Claudio Monteverdi (1567-1643) : Vespro della Beata Vergine. Mariana Flores, Céline Scheen, sopranos ; Fabián Schofrin, contre-ténor ; Zachary Wilder, Fernando Guimarães, ténors ; Victor Torres, baryton ; Sergio Foresto, basse ; Chœur de Chambre de Namur ; Cappella Mediterranea, direction : Leonardo García Alarcón.

Ambronay. Abbatiale. 15-IX-2013. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Suite pour orchestre n°4 BWV 1069 ; Cantate BWV 170 «Vergnügte Ruh, beliebte Seelenlust » ; Cantate BWV 35 « Geist und Seele wird verwirret » ; Sinfonia de la Cantate BWV 42 ; Carlos Mena, contre-ténor ; Ensemble Zefiro, direction et hautbois : Alfredo Bernardini.

leonardo garcia alarconEvènement bien ancré dans le paysage musical européen, le Festival d’Ambronay propose comme chaque année à pareille époque une série de concerts étalés sur les mois de septembre et d’octobre avec la fine fleur de la musique ancienne et baroque (Christie, Savall, Jacobs, McCreesh, Rousset, Jaroussky…). Le célèbre festival situé dans le département de l’Ain offre également depuis 2007 une carte blanche à de jeunes ensembles que le Centre Culturel de Rencontre accueille en résidence (six cette année, dont le prometteur ensemble Epsilon, écouté dans un programme pointu de madrigaux italiens de la Renaissance).

La 34e édition, intitulée « la machine à rêves » prend une tonalité toute particulière avec le passage de relais entre le directeur et fondateur et , son successeur à compter de novembre 2013.

Clôturant cette année une résidence d’artiste à Ambronay entâmée en 2007, , coqueluche du festival (et invité de scènes prestigieuses : Venetian Centre for Baroque Music, Festival d’Aix-en-Provence, Opéra Royal de Versailles…) avait l’honneur d’ouvrir les festivités dans l’abbatiale avec un monument du répertoire, les Vespro della Beata Vergine de Monteverdi, première incursion à notre connaissance du fougueux argentin dans le chef-d’œuvre sacré du compositeur italien.

, à la tête de ses formations et solistes habituels, un effectif relativement fourni, opte pour une version guère spacialisée, avec un unique chanteur entonnant en coulisse les antiennes grégoriennes. La diversité stylistique des pièces composant ce recueil de Vêpres, l’alternance de parties chorales polyphoniques (les psaumes, l’Ave Maris Stella et le Magnificat qui clôt l’oeuvre) et de motets confiés à un ou des solistes laisse une impression plus ou moins impérissable. Si les ensembles, festifs, grisants même, suscitent l’enthousiasme, on reste plus nuancé sur les solistes, notre préférence allant au baryton , impérial. Le chef semble en effet privilégier une approche théâtrale, opératique même, trop souvent au détriment de la dimension religieuse, sacrée de l’œuvre. Une interprétation très contrastée, parfois un peu caricaturale, qui impressionne néanmoins à défaut de réellement toucher, émouvoir. Toujours enthousiaste et généreux, Leonardo García Alarcón offre au public plusieurs bis tirés des Vêpres, ainsi qu’un Salve Regina redécouvert récemment par le musicologue (édité en 2011).

Epsilon (a) Gilles Soen-WerLe lendemain, toujours dans l’abbatiale, se produisait l’ du hautboiste , en formation « orchestre baroque » (dix instrumentistes) comprenant notamment Gaetano Nasillo au violoncelle et aux claviers (clavecin, orgue), dans un programme mélangeant musique sacrée et musique profane de , en compagnie de . Le concert débutait par la Suite pour orchestre n°4 BWV 1069, qui malgré le maigre effectif et la curieuse absence de trompettes et timbales, a une certaine allure, sonne bien. Dans les deux célèbres cantates pour alto solo qui mettent en valeur également le hautbois, la BWV 35 contenant par ailleurs deux sinfonia (réutilisées dans le Concerto pour clavecin BWV 1059) donnant une place concertante à l’orgue, fait forte impression. Habitué à ce répertoire, notamment avec le Ricercar Consort de Philippe Pierlot, le contre-ténor sait être expressif, donner du sens à ce qu’il chante, avec un timbre magnifique, une voix ayant une certaine puissance dans tous les registres, alliée à un sens de la musicalité évidente. L’ semble sur la même longueur d’onde et s’avère un subtil accompagnateur du chanteur, clôturant ainsi de belle manière ce premier des quatre longs week-ends de cette 34e édition du Festival d’Ambronay.

Crédits photographiques : Les Vêpres à la Vierge de Monteverdi dirigées par Leonardo García Alarcón © Bertand Pichène – CCR d’Ambronay 2013

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