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Philippe Herreweghe dirige le requiem de Fauré version symphonique

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 16-XI-2013. Guillaume Lekeu (1870-1894) : Adagio pour cordes op. 3 « Les fleurs pâles du souvenir… » ; Anton Bruckner (1824-1896) : Aequales n° 1 et 2 ; Ave Maria ; Os justi meditabitur ; Vexilla regis ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem op.48 (version de 1900). Hana Blažíková, soprano ; Benoît Arnould, baryton ; Collegium Vocale Gent ; Orchestre des Champs-Elysées, direction : Philippe Herreweghe.

Festival de Saintes 2012, Herreweghe, par Michel GuérinAprès avoir contribué à faire renaître la version originale du Requiem de Fauré, en a joué et enregistré la version symphonique, qu’on n’oserait pas appeler, comme la note de programme, « définitive ».

C’est donc celle-là qu’il a donnée au Théâtre des Champs-Élysées, et, quoiqu’on pense de cette mouture pour grand orchestre, il serait difficile d’en trouver une illustration plus avantageuse. Le souci du détail et la justesse du geste caractérisent avant tout cette interprétation, donnée avec une quarantaine de chanteurs. Nul empattement des lignes vocales, nulle spongiosité de l’orchestre, comme c’est souvent le cas dans cette œuvre. Et c’est finalement cette sobriété qui rend une force émouvante aux images d’un texte trop connu (« De profondo lacu », « De ore leonis »). Au sein d’une lecture très fluide, dans des tempos sages, mais tenus avec dynamisme, on est d’autant plus surpris par certains effets de ralenti assez soulignés dans le Pie Jesu ou bien sur les mots « Jerusalem » de l’In Paradisum. La prononciation « internationale » du latin étonne aussi, tandis qu’on peut trouver un peu dommage que l’harmonium qui tient lieu d’orgue ne soit audible que par intermittence. Mais ces peccadilles n’affectent pas la réussite de l’ensemble, due également à des chanteurs solistes très appropriés et à la sûreté des pupitres d’altos et de violoncelles, qui sont disposés à la droite du chef, à la place habituelle des violons.

Du reste, le plus beau de la soirée se trouvait sans doute dans les compléments de programme. Les trois hymnes de Bruckner sont des pièces tout bonnement magnifiques. Porté par les voix limpides et strictes du Collegium Vocale, l’Ave Maria de 1861 dessine le portrait d’une gracieuse madone flamande. Aucune fadeur, cependant, grâce à la fermeté des ténors et des altos. Entre chaque hymne, deux Aequales pour trois trombones renforcent l’austérité et la perfection instrumentale de cette séquence exceptionnelle.

Quant à l’Adagio pour quatuor d’orchestre de Lekeu, c’est une pièce d’une grande beauté, et que l’interprétation donnée ici rend encore plus admirable. La clarté sonore de l’orchestre, pourtant fourni (notamment 8 violoncelles et 6 contrebasses), est un élément de cette réussite. Mais c’est également la finesse des phrasés, conduits par dans des tempos plutôt allants, qui permet d’apprécier l’étonnante complexité harmonique de l’œuvre sans s’y perdre.

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 16-XI-2013. Guillaume Lekeu (1870-1894) : Adagio pour cordes op. 3 « Les fleurs pâles du souvenir… » ; Anton Bruckner (1824-1896) : Aequales n° 1 et 2 ; Ave Maria ; Os justi meditabitur ; Vexilla regis ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem op.48 (version de 1900). Hana Blažíková, soprano ; Benoît Arnould, baryton ; Collegium Vocale Gent ; Orchestre des Champs-Elysées, direction : Philippe Herreweghe.

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