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L’élégante My Fair Lady signée Robert Carsen de retour à Paris

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Paris. Théâtre du Châtelet. 05-XII-2013. Frederick Loewe (1901-1988) : My Fair Lady (1956) sur un livret d’Alan Jay Lerner, d’après la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw et le film de Gabriel Pascal. Orchestration : Robert Russel Bennett et Philip J. Lang. Mise en scène : Robert Carsen. Décors : Tim Hatley. Costumes : Anthony Powell. Chorégraphie : Lynne Page. Lumières : Adam Silverman. Dramaturgie : Ian Burton. Avec Katherine Manley, Eliza Doolittle ; Alex Jennings, Henry Higgins ; Nicholas Le Prevost, Colonel Pickering ; Donald Maxwell, Alfred P. Doolittle ; Caroline Blakiston, Mrs. Higgins ; Lee Delong, Mrs. Pearce ; Ed Lyon, Freddy Einsford-Hill. Chœur du Châtelet (chef de chœur : Stephen Betteridge), Orchestre Pasdeloup, direction musicale : Jayce Orgen.

Katherine Manley (Eliza Doolittle) Alex Jennings (Henry Higgins) © Marie-Noëlle Robert - Théâtre du ChâteletCréée pour le Châtelet en décembre 2010, cette production signée de la célèbre comédie musicale de et d’Alan Jay Lerner My Fair Lady revient dans son berceau parisien qu’elle s’apprête à illuminer pour les fêtes de fin d’année 2013, après avoir fait pas moins de sept détours pour une quarantaine de représentations par le Théâtre Mariinski de Saint-Petersbourg, où elle fut la première comédie musicale à y être présentée. Incontestable succès que les nouvelles représentations à la distribution à peine retouchée ne démentiront pas.

Ceux qui connaissent leurs classiques, à savoir le chef-d’œuvre de George Cukor avec Rex Harrison (également créateur du rôle à Brodway) et la craquante Audrey Hepburn (qui, pour l’occasion, succédait à Julie Andrews) ne seront nullement dépaysés par la mise en scène ou la direction d’acteurs, extrêmement proches du film de 1964. Seul un subtil glissement temporel de quelques années déplace l’action d’avant la première guerre mondiale à l’avant seconde sans que cela ne change quoique ce soit à la cohérence ou la crédibilité du tout, la société anglaise avec ses classes et ses comportements typiques sur lesquels jouent les auteurs n’ayant que peu évolué entre temps. Les différents tableaux se déroulent donc exactement où ils sont sensés, dans des décors sobres et élégants, joliment éclairés, qui permettent réaliser avec une belle fluidité les nombreux enchaînements qui composent ce spectacle.

Au cinéma comme sur scène, la réussite de My Fair Lady repose d’abord sur sa distribution, et celle réunie ici, où chacun est rompu à son personnage, fonctionne admirablement. Et d’abord pour les deux principaux personnages, le professeur Higgins et Eliza Doolittle. Si , comme Rex Harrison hier, est avant tout un grand acteur, et qu’il maîtrise sur le bout des doigts son personnage misogyne voire misanthrope, il possède une voix franche et claire qui lui permet de pousser la mélodie avec une facilité au moins apparente. A l’inverse, est avant tout une chanteuse lyrique, que les parisiens ont toutefois déjà pu admirer dans un autre musical The Sound of Music en 2011 sur cette même scène. Son Eliza est délicieuse à voir et à entendre, même quand on n’y comprend presque rien lorsqu’elle broie littéralement la langue anglaise dans un horrible accent (merci le sur titrage). Ses parties chantées sont les plus belles de la soirée, d’autant qu’elle sait jouer avec toutes les couleurs de sa belle voix lyrique sans créer de rupture trop nette entre dialogue et chant. Un vrai régal que n’égalera pas totalement son soupirant Freddy interprété par le ténor dont le timbre manquait ce soir d’un poil de douceur pour réellement émouvoir, le réservant ainsi au rôle de faire valoir. La grosse voix de allait par contre comme un gant au dustman Alfred P. Doolittle. Le reste de la nombreuse distribution, acteurs, chanteurs, danseurs, se montra tout à fait épatant.

Ed Lyon (Freddy Eynsford-Hill) Katherine Manley (Eliza Doolittle) Caroline Blakiston (Mrs Higgins) Alex Jennings (Henry Higgins) Nicholas Le PrevoC’est le jeune chef américain , entre autre assistant de Franz Welser-Möst à Cleveland, qui dirigeait l’ avec un agréable entrain (encore que With a little bit of luck nous parut un peu lent) mais avec une certaine neutralité ou uniformité de couleurs orchestrales qui ne permirent pas à la fosse de procurer autant de plaisir que la scène. Ce qui n’empêcha pas ce spectacle, subtilement sonorisé, de pétiller de bonne humeur et d’être un parfait show plein de classe, d’élégance et d’intelligence, pour cette fin d’année.

Crédit photographique :  (Eliza Doolittle),   (Henry Higgins) / Scène à Ascot – © Marie-Noëlle Robert – Théâtre du Châtelet

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Paris. Théâtre du Châtelet. 05-XII-2013. Frederick Loewe (1901-1988) : My Fair Lady (1956) sur un livret d’Alan Jay Lerner, d’après la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw et le film de Gabriel Pascal. Orchestration : Robert Russel Bennett et Philip J. Lang. Mise en scène : Robert Carsen. Décors : Tim Hatley. Costumes : Anthony Powell. Chorégraphie : Lynne Page. Lumières : Adam Silverman. Dramaturgie : Ian Burton. Avec Katherine Manley, Eliza Doolittle ; Alex Jennings, Henry Higgins ; Nicholas Le Prevost, Colonel Pickering ; Donald Maxwell, Alfred P. Doolittle ; Caroline Blakiston, Mrs. Higgins ; Lee Delong, Mrs. Pearce ; Ed Lyon, Freddy Einsford-Hill. Chœur du Châtelet (chef de chœur : Stephen Betteridge), Orchestre Pasdeloup, direction musicale : Jayce Orgen.

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