Carte Blanche pour Oslo à l’opéra de Dijon

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Dijon. Auditorium, 16-01-2014. Ten Duets on the Theme of Rescue. Chorégraphie : Crystal Pite ; Lumières : Jim French ; Costumes : Linda Chow ; Musique : extraits du film Solaris par Cliff Martinez ; Répétitrice : Jermaine Spivey. Danseurs : Jennifer Dubreuil Houthemann, Sara Enrich Bertran, Mathias Stoltenberg, Hugo Marmelada et Ole Martin Meland. Shadows remain silent. Chorégraphie et costumes : Hooman Sharifi ; Lumières et décors : Jens Sethzman ; Musique : Markus Eriksen Hernes. Danseurs : les mêmes que précédemment, avec Nuria Navarra Vilasaló, Christine Kjellberg, Irene Vesterhus Theisen, Christopher Flinder Petersen et Timothy Bartlett. Carte Blanche, Compagnie nationale norvégienne de Danse contemporaine.

Portrait Crystal Pite - -®photo Chris RandleDeux ballets dansés avec brio nous permettent de prendre contact avec Carte Blanche, cette compagnie nationale norvégienne de danse contemporaine, et nous ouvrent ainsi des horizons pleins de promesses sur les capacités de ces jeunes talents d’un dynamisme assez étourdissant.

Que ce soit dans Ten Duets on the Thème of Rescue ou dans Shadows remain silent, les corps en mouvements sont expressifs, sans limites dans des évolutions qu’ils savent rendre d’aspect aisé. Aussi, le message des chorégraphes est reçu : celui de , poétique et optimiste, et au contraire, délivre celui de l’enfermement.

Ten Duets on the Theme of Rescue (Dix duos sur le thème de la délivrance) ne fait pratiquement intervenir que des paires de danseurs, et dans ces duos, il n’y a pas forcément une connotation sexuelle ; il s’agit plutôt d’évoquer les rapports de force qui existent entre deux êtres, comme une sorte de peinture de la défense d’un territoire en somme. Il y a donc un côté animal dans cette prestation toute en souplesse féline : corps à corps enroulés, basculements, poursuites rapides, scènes à terre, tout se passe sans à-coups sur la musique assez planante de Solaris. Ces joutes sont assez rapides, et laissent le spectateur deviner qui a gagné finalement. L’humour est présent, comme dans la séquence dans laquelle un homme poursuit sa belle qui se veut inaccessible ! Les lumières jouent un rôle essentiel en sculptant les corps par d’habiles contre-jours. L’impression d’ensemble de cette chorégraphie est celle de la beauté, de la plasticité, de l’élégance.

Shadows remain silent (Les ombres restent muettes), création de , danseur et chorégraphe iranien installé en Norvège depuis l’âge de quinze ans, nous plongent au contraire dans le monde de la coercition. « Art is politics » dit-il : il s’agit donc d’explorer, dans différentes séquences de tempi différents, les diverses attitudes qui laissent à penser que les danseurs subissent une contrainte effroyable. L’histoire commence par un chant en espagnol exécuté par toute la troupe sur le devant de la scène, et dont on aimerait savoir l’origine, ou avoir la traduction sur prompteur. Ensuite, chaque danseur semble ne devoir exister qu’avec peine dans un tout petit espace, chacun possédant sa propre attitude, soumise ou bien torturée. Ils vont tenter de conquérir un espace de plus en plus grand, mais on comprendra vite que ce n’est qu’un leurre. Aucune bande-son ne vient agrémenter la chorégraphie, les seuls bruits sont ceux des corps, et impressionnants sont ceux des frappements de pieds qui évoquent des bruits de bottes, ou bien des lumières qui semblent éclater comme des coups de fusils. On en reste sans voix…Tout est écrit, semble-t-il : bravo encore aux danseurs qui réussissent à transmettre cette œuvre oppressante.

Crédit photographique : © Chris Randle

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