La 9e de Bruckner trop figée de Bernard Haitink

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°9 en ré mineur. London Symphony Orchestra, direction : Bernard Haitink. 1 SACD hybride LSO Live LSO0746. Code barre : 822231174622. Enregistré en public, au Barbican Center, Londres, les 17 et 21 février 2013. Notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée : 67’10’’

 

CD_LSO_Bruckner 9_HaitinkAprès une « Romantique » enregistrée en 2011 qui ne nous avait pas totalement convaincu, et le LSO nous reviennent deux années après avec la dernière symphonie d’, symphonie inachevée que ce nouvel enregistrement nous offre dans ses trois mouvements classiques, sans tentative d’achèvement.

Sans surprise, nous retrouvons ici la continuité de ce que nous offrait déjà le précédent enregistrement, avec un style qui a peu varié entre temps. Et il nous fend le cœur de le dire : malheureusement. Car on y retrouve poussé à l’extrême un statisme métronomique et une monotonie des phrasés, souvent répétitifs chez Bruckner, qui plombent littéralement cette nouvelle interprétation. C’est surtout le premier mouvement Feierlich, misterioso qui en souffre le plus, voyant ses montées vers les sommets d’intensité souvent laborieuses, et les descentes vers un climat apaisé trop mécaniques pour susciter la moindre émotion (le dernier climax du mouvement et sa désagrégation progressive en sont symptomatiques), ailleurs la musique n’avance tout simplement pas, donnant la sensation par ses répétitions sans nuances et sa pulsation figée de faire du surplace.

Avec son caractère plus marqué, le Scherzo échappe quasiment à ces symptômes et constitue sans conteste le meilleur moment de cette interprétation. Pourtant avec ses près de 12 minutes il fait partie des versions longues, proche d’un Knappertsbusch, un peu plus court que Bernstein et encore loin de Celibidache. Mais la musique s’y écoule avec plus de simplicité et de naturel et ne semble pas retenue les deux mains sur la bride. Dommage que l’Adagio final ne conserve pas cette fluidité et qu’au milieu de très beaux passages, retombe dans les travers qui avaient gâchés le premier mouvement et se retrouve figé dans le marbre.

A l’écoute de cette nouvelle version on peut penser que a voulu donner à son interprétation un caractère sombre, puissant et surtout inexorable en jouant sur une stabilité totale du tempo et l’absence de rubato ou de souplesse dans les transitions. Le risque habituel est de devenir lourd et caricatural, et c’est malheureusement ce qui nous semble être arrivé ici.

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