Fin de l’intégrale Bruckner de Marek Janowski

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°4 en mi bémol majeur « Romantique » (version 1878/1880). Orchestre de la Suisse Romande, direction : Marek Janowski. 1 SACD hybride PentaTone Classics PTC 5186 450. Code barre : 827949045066. Enregistré au Victoria Hall de Genève en octobre 2012. Notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée : 63’27’’

 

CD_Pentatone_bruckner_4_janowskiEnregistrée au Victoria Hall de Genève en octobre 2012 comme la Symphonie n°2 qui l’a précédée de quelques semaines dans les rayons des disquaires, cette Symphonie n°4 en mi bémol majeur « Romantique » vient donc clore l’intégrale des symphonies de Bruckner par l’ en SACD chez  PentaTone.

Et plutôt de belle manière puisqu’on y retrouve le chef à son meilleur, manifestement très à l’aise avec cette musique à qui il donne un allant et une pulsation permanente, ce qu’il n’avait pas réussi à ce point dans les enregistrements des trois premières symphonies qui ont précédé la sortie de ce nouveau disque (voir cependant l’enregistrement radieux de la Symphonie n°7). Mais par moment si, comme dans le finale de la symphonie n°2 où nous avions écrit « ça avance, ça pulse, ça bondit et ça progresse irrésistiblement vers une brillante coda, tout en réussissant mieux que jusqu’alors l’alternance des passages dynamiques et lyriques ». Eh bien cette fois nous appliquerons volontiers cette même phrase aux quatre mouvements de cette Romantique au dynamisme constant qui jamais ne donne la sensation de faire du surplace, radical et heureux changement par rapport à la récente Symphonie n°9 signée Bernard Haitink parue simultanément. Si le tempo est généralement allant mais sans extravagance, c’est surtout dans la façon dont le chef nous fait percevoir l’enchainement des événements musicaux aussi bien verticaux qu’horizontaux sans jamais perdre la ligne musicale ni l’essentielle pulsation brucknérienne qu’elle vienne des basses, des pizzicatos ou des coups d’archets des violons, c’est là que se trouve la clé de cette sensation d’irrésistible avancée qui parcourt toute la symphonie. Pour autant cette belle constance n’uniformise jamais le discours, et même si chacun des mouvements 1, 2 et 4 commencent par le mot Bewegt (Animé) ils ont chacun leur personnalité, progressant et s’enchaînant sans rupture jusqu’à la coda finale sans oublier de respirer. De son côté l’Andante quasi allegretto (de 15’30) fait partie des versions relativement rapides mais ne manquent pas de beaux moments d’émotion. La couleur assez claire de l’orchestre alliée à la transparence de la prise de son permet de tout entendre, faisant de ce SACD un outil exemplaire pour qui voudrait faire le parcours partition en main.

Ceux qui cherchent une Romantique poussée dans ses derniers retranchements resteront sans doute fidèles aux références historiques, mais prendront sûrement plaisir à écouter la nouvelle venue qui, dans ce style d’interprétation rigoureux, simple, droit et sans chichi, fonctionne cette fois impeccablement grâce à son animation constante. Elle rejoint les meilleurs opus de cette intégrale PentaTone désormais achevée et devient sans doute la plus recommandable des versions SACD (hors marché japonais) disponibles à ce jour, juste  devant ou à côté selon les goûts, de Jansons Amsterdam.

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