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Tilson Thomas, un beethovénien à écouter

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Cantate sur la mort de l’Empereur Joseph II, WoO 87 ; Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 36. Sally Matthews, soprano ; Tamara Mumford, mezzo-soprano ; Barry Banks, ténor ; Andrew Foster-Williams, baryton-basse. Choeur et orchestre du San Francisco Symphony, dir. Michael Tilson Thomas. 1 CD SFS media. Réf : SFS 0058, code barre : 8 21936-00582 8. Enregistrement réalisé au Davies Symphony Hall, San Francisco, les 2-3 mai 2013. Notice trilingue : anglais, français, allemand. Durée : 73’24

 

beethoven_cantate Tilson Thomas« C’est une œuvre remarquable, colossale, d’une profondeur, d’une force et d’une maîtrise artistique, comme très peu », avança un contemporain de en 1804 à propos de la Symphonie n° 2 en ré majeur. Et, aujourd’hui encore, en oubliant les chefs-d’œuvre à venir, en se positionnant exactement dans le contexte de l’année 1803, la Symphonie en ré majeur nous étonne et nous émerveille par les sensations qu’elle nous procure, loin déjà du classicisme viennois et à deux pas du plein romantisme allemand. Le créateur surprit jadis et surprend encore avec ses splendides mélodies enrichies d’harmonies captivantes que plus tard un Berlioz loua sans réserve. Le Larghetto lumineux et intériorisé, inoubliable, raffiné et élégant, ne pourrait faire oublier l’impressionnant premier mouvement, Adagio molto-Allegro con brio, aux accents définitivement gravés dans les mémoires. Bien sûr, le Scherzo-Allegro  déstructure magistralement ce que les contemporains aimaient et voulaient entendre. Cette « grande » symphonie lança le créateur trentenaire sur la voie du génie, indifférent aux reproches inévitables de  bizarrerie, barbarie, laideur. Peut-on avec le recul blâmer ces ressentiments ?

Sûrement, les tenants d’une esthétique plus intégrée acceptèrent plus aisément la Cantate pour la mort de Joseph II survenue le 20 février 1790 et composée une quinzaine d’années plus tôt par un musicien de 19 ans qui était au service de l’électeur Maximilien-François, frère du souverain défunt, et  intimement assuré de sa valeur. Déjà, de nombreux traits, prémices du futur génie, infiltraient la partition même s’il n’entendit jamais résonner sa musique dont il réutilisera cependant des pages dans Léonore, son unique opéra, de 1805. D’excellents interprètes magnifient ces deux partitions, à savoir  le chef américain dirigeant comme il convient, avec humilité et détermination, un Symphonique de San Francisco étonnamment proche des meilleures phalanges germaniques.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Cantate sur la mort de l’Empereur Joseph II, WoO 87 ; Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 36. Sally Matthews, soprano ; Tamara Mumford, mezzo-soprano ; Barry Banks, ténor ; Andrew Foster-Williams, baryton-basse. Choeur et orchestre du San Francisco Symphony, dir. Michael Tilson Thomas. 1 CD SFS media. Réf : SFS 0058, code barre : 8 21936-00582 8. Enregistrement réalisé au Davies Symphony Hall, San Francisco, les 2-3 mai 2013. Notice trilingue : anglais, français, allemand. Durée : 73’24

 
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