Philip Glass à la recherche du temps perdu en France

Philip-Glass1En ouverture de THE NEW YORK MOMENT, passionnante semaine que la ville de Saint-Etienne consacre, du 17 au 25 janvier 2014, à et, au-delà, à la musique américaine, le compositeur, qui a déjà beaucoup parlé au fil de ses 40 ans de carrière, accorde, juste avant d’entrer en scène, un entretien exclusif à ResMusica.

« Le problème est que je n’aurai jamais assez de temps pour écrire toute la musique que j’ai dans la tête ! »

L’occasion, bien sûr, de parler d’opéra (et plus particulièrement de La belle et la bête programmée le 18 janvier au Grand Théâtre Massenet), alors que se termine, au bout de 2 ans, le tour du monde triomphal de son premier opus lyrique Einstein on the beach (Paris et enfin Berlin), mais aussi de son rapport à une France qui lança sa carrière lyrique en 1976 tout en restant ensuite très circonspecte quant à son travail. Entretien avec un compositeur devenu majeur, pour avoir notamment renouvelé le paysage lyrique au moyen de 25 nouveaux titres, avec succès et, quoi qu’on en dise, sans aucune concession stylistique. Mais entretien aussi avec un humaniste essentiel de notre époque, de surcroît plein d’humour, navigant inlassablement, ce soir, entre sa langue et la langue française. , qui semble avoir fait sienne la devise de Jean Cocteau : « Ce qu’on te reproche, cultive-le.»

ResMusica : 1976, Einstein on the beach…2013, The Lost : Saviez-vous, Monsieur Glass, en composant votre premier opéra, que 24 autres suivraient ?

Philip Glass : (rires) Non. Non, non…Et bientôt il y en aura un autre! .… En 2013, il y eut The Lost (Spur der Verrirten) mais il y eut aussi The Perfect american. J’ai composé ces deux opéras en même temps. (Rires). L’un devait être créé en janvier 2013, l’autre en avril 2013 et tout s’est inversé. Alors j’ai dû arrêter l’un et commencer l’autre et achever les deux à la fois !

RM : La critique française vous désigne aujourd’hui comme « le digne continuateur d’un Haendel ou d’un Verdi. » Quelles pensée cela vous inspire-t’il ?

PG : Plaît-il? … Haendel ! Verdi !!…(rire)… Oh, mon dieu… Mais je ne suis pas fini !… Comme je vous le laissais entendre, je suis tourné maintenant vers un autre opéra. Le 25ème maintenant… Peut-être le 26ème. J’écris The Trial (Le Procès) de Kafka pour la MusicTheater Company du Pays de Galles. Cet opéra sera créé en octobre prochain à Cardiff. Je suis en pleine composition. Je travaille donc en ce moment sur Kafka. C’est très intéressant. Je suis vraiment très absorbé par cette œuvre. Je suis toujours très impliqué par les livrets que je mets en musique. Je devrais en avoir terminé la composition d’ici la fin du mois de mars…peut-être avril… Les répétitions commencent en juillet. De juillet à octobre, il y aura 4 mois pleins. …Le Théâtre a déjà la première scène. Je peux voir maintenant où l’on va. Toutes les deux semaines, une autre partie va leur parvenir. Ils pourront jouer dans les temps. Ce que je veux dire, c’est que tout se déroule bien…

RM : Peu de compositeurs jouissent de la célébrité de leur vivant. La reconnaissance est soit critique, soit publique. Rarement les deux. Stefan Zweig, eut le même privilège mais, s’il en fut ravi au début, il trouva la célébrité très dure à vivre ensuite. Avez-vous le même sentiment ?

PG : Oh, ça c’est intéressant. Non, la célébrité n’est pas un poids. Le problème est que je n’aurai jamais assez de temps pour écrire toute la musique que j’ai dans la tête! (Rire). La musique ne finira jamais mais moi, si. N’est-ce pas vrai ? La musique ne s’arrêtera pas mais moi je m’arrêterai. Que puis-je faire contre ça? C’est un problème.

RM : Stefan Zweig disait également préférer la création à l’œuvre créée. En est-il de même pour vous ?

PG : Oui, cela est vrai. C’est la même chose pour moi. Exactement. Je suis allé à Paris pour la reprise d’Einstein on the beach il y a 15 jours. Et…ça ne m’a pas intéressé plus que ça. La musique m’a intéressé mais pas toutes les paroles sur la musique de Einstein. (rire). L’œuvre est bonne. J’ai compris qu’elle avait une certaine place. Un certain poids. Mais…ce n’est plus moi.

RM : La ligne vocale d’Einstein est très différente de celle d’Akhnaten, elle-même très différente de La Belle et la bête, cette dernière différente également de celle de vos opéras les plus récents…

PG : Oui, c’est exact.

RM : Un peu comme Wagner, entre Die Feen et Parsifal ?

PG : Oui, peut-être…Je ne sais pas… Mais, vous savez, les choses évoluent, s’améliorent. Elles s’améliorent mais en même temps continuent à s’améliorer. Les choses se mettent en place d’elles-mêmes de façons différentes. Et cela parce que mon cerveau n’est pas le même. C’est tout simple. C’est vraiment très simple : mon cerveau n’est pas le même cerveau. Il continue. Peut-être il évolue, peut-être il régresse : on ne sait pas… (rires) Mais si j’écoute une de mes dernières oeuvres, Kepler, je me dis que mon cerveau ne va pas si mal… Connaissez-vous cet opéra?

RM : …Qui est presque un oratorio.

PG : Oui, mais il peut être mis en scène, comme au Stadttheater de Linz où il a été créé par Dennis Russell Davies. Cependant ce que vous dites au sujet de Kepler est vrai. Cette impression d’opéra-oratorio qu’il peut dégager est certainement due fait est que le langage de Kepler est un langage complet. Très différent de celui que j’ai employé ensuite pour The Lost ou The Perfect american.

RM : Vos livrets sont toujours très humanistes. Votre musique est le plus souvent mélancolique.

PG : Oh, vous pensez vraiment cela ?

RM : Tout à fait ! Cet humanisme et cette mélancolie qui caractérisent vos opéras sont-ils un reflet des temps que nous vivons ?

PG : Revenons à Kepler. Kepler, l’homme, était quelqu’un de très intéressant. L’époque de Kepler… Le XVIème siècle… Cette époque lointaine a beaucoup de points communs avec celle que nous vivons : à cette époque-là, il y a eu la Contre-réforme, la Guerre de Trente ans, les catholiques contre les protestants…Kepler disait que le sang coulait dans les rues…Il regardait le monde autour de lui…C’était horrible ! Il disait : « La seule chose que l’on peut faire c’est poursuivre ses études et se fondre dans l’éternité. » Très actuel ! Il pourrait se promener sur la Terre maintenant : il verrait la même chose ! C’est effectivement une constatation mélancolique mais c’est le monde qu’habitait Kepler, et c’est aussi le monde que nous habitons ! Lisez la philosophie moderne …(on devrait être un peu moins mélancolique)…La philosophie moderne dit que tout change tout le temps…que rien n’a de vraie réalité…que tout est un petit peu irréel. Ca, c’est la façon moderne de vivre ! N’est-ce pas vrai ? Vous comprenez ? C’est horrible, ça ! N’êtes-vous d’accord avec moi ?

RM : La critique française a été très contrastée à votre égard. Pendant longtemps il fut même très difficile en France de parler sérieusement de vous. Pensez-vous que cette attitude est due à la pensée structuraliste, très ancrée dans notre pays ?

PG : Vous allez comprendre… Ce fut difficile pour eux. Ce ne fut pas difficile pour moi. Je n’avais pas de problème. Je n’avais pas de problème d’être qui j’étais. Je suis venu jouer mes œuvres en France quelques fois, pas aussi souvent que je l’aurais souhaité. Mais j’ai fini mes études à Paris. J’ai une formation musicale française. Et pourquoi personne ne m’invitait ?

RM : Aujourd’hui, davantage…

PG : Maintenant j’ai 77 ans !

RM : Si l’on regarde de près l’évolution de cette même critique française, on note qu’au bout de près de 40 ans, elle semble rendre peu à peu les armes. Le tout récent triomphe d’ Einstein on the beach à Paris est un signe.

PG : Non. Elle ne rend pas les armes : ils sont morts. Ce n’est pas la même chose. Excusez-moi mais ce n’est pas la même chose. Mes ennemis n’ont pas changé d’avis : ils sont morts ! Et des gens plus jeunes sont arrivés, qui ne partagent pas le même point de vue. C’est cela qui s’est réellement passé. Ils n’ont pas changé d’avis : ils sont morts !

RM : Je tiens quand même à vous faire savoir qu’autour de moi, des amis, très férus de musique contemporaine et, au départ, très rétifs à votre musique, semblent avoir un peu changé. L’un d’eux me disait avoir trouvé très belle votre partition pour The hours.

PG : Oh, c’est vraiment un jour merveilleux ! Je suis très heureux d’entendre cela car je n’étais pas au courant et pensais qu’aujourd’hui encore, ils étaient incapables d’entendre quelque chose de nouveau. Mais ce que vous dites prouve que c’est possible. Peut-être est-ce possible… Cependant, vous devez en convenir, la plupart des anciens ont disparu. Et ils ont emporté leurs idées dans l’autre monde.

RM : La ligne vocale de La Belle et la bête, très lyrique, fait beaucoup penser à celle du chef-d’œuvre de Francis Poulenc Dialogues des Carmélites. Etes-vous d’accord avec ce rapprochement ?

PG : Je ne sais pas…Mais Poulenc est un excellent compositeur. Il faut comprendre que, si j’ai une formation française, elle transparaît forcément. Mon maître, c’est-à-dire Nadia Boulanger, avait pour maître Fauré. Elle étudiait avec Fauré ! Fauré !!!Nous parlons là en ce moment du lignage vraiment français. L’Ecole française. Il y a une Ecole française. Elle vient de Berlioz. Il n’y a rien de meilleur que Berlioz ! Et, pourtant ce fut très dur en France pour lui aussi, n’est-ce pas ?

RM : Vous avez eu une idée très originale avec La Belle et la bête. Cela a incité des compositeurs contemporains à en faire autant.

PG : Oh vraiment ? Je n’ai pas entendu dire que d’autres aient fait la même expérience…

RM : En France, en suivant votre exemple, le compositeur Christian Girardot va créer à Besançon la semaine prochaine, un opéra-cinéma sur un film d’Otto Preminger Un si doux visage…Il avait vu votre travail sur La Belle et la bête en 2006 aux Nuits de Fourvière…

PG : Et avec la synchronisation de la musique sur les lèvres des acteurs ?

RM : Exactement comme vous l’avez pratiqué sur La Belle et la bête.

PG : Cela me rend très heureux ! Car, lorsque j’ai imaginé cette expérience avec le film de Cocteau, j’ai pensé qu’il y aurait beaucoup d’autres compositeurs qui feraient de même. J’ai ouvert les portes en imaginant que beaucoup me suivraient. Mais à ce jour, je n’ai vu personne en faire autant. Quel âge a ce compositeur français ?

RM : 55 ans.

PG : Maintenant c’est plus facile, parce qu’avec les ordinateurs, on peut faire des choses plus précises. Va-t’il aussi présenter son œuvre avec les musiciens en live, avec un chef d’orchestre ?

RM : Oui, sur scène, sous l’écran, il aura aussi son Michael Riesman… Depuis sa création en 1995, combien de fois, depuis qu’elle a entamé son World Tour, La Belle et la bête a-t elle été jouée dans votre version ?

PG : Je ne sais pas…Nous l’avons tellement donnée… Peut-être 200 fois…

RM : La Belle et la bête a-t’elle déjà connu une version scénique, comme un opéra à part entière, avec un metteur en scène ?

PG : Oui. Ca a déjà été fait de cette façon en Allemagne. A Dortmund. Comme La Belle et la bête est prévue à l’origine pour mon ensemble, j’ai conçu, pour l’occasion, une nouvelle orchestration plus classique, assez légère, pour environ 30 musiciens. C’est assez. Le théâtre s’est chargé de la distribution, des décors. Et l’œuvre a été présentée ainsi. Dorénavant on peut louer la musique. Et tout le monde peut présenter La Belle et la bête dans cette version.

RM : Woodkid, ce jeune réalisateur et chanteur français qui a réalisé en 2013 un magnifique premier album quasi-opératique, Woodkid, que vous rencontrerez demain lors de la Table ronde organisée par l’Opéra de Saint-Etienne, a déclaré en 2013 : « Un jour, j’ai entendu pour la première fois la musique de Philip Glass. Ca m’a fasciné et j’ai ressenti des émotions que je ne savais pas qualifier.» Pour vous qui vouliez ouvrir une nouvelle voie, pensant que l’on ne pouvait aller plus loin ni faire mieux que Boulez, n’est-ce pas là le plus beau compliment ? Et n’avez-vous pas alors le sentiment d’avoir accompli votre mission ?

PG : Boulez a trouvé une voie, c’est juste. C’est un fait. Et il a eu tout à fait raison. Mais le problème, pour beaucoup de jeunes compositeurs, c’est qu’ils ne peuvent aller au-delà de Boulez. J’ai toujours été très attentif au destin de Boulez… Il fut un si grand maître. Et c’est un grand maître, Boulez ! Mais personne ne pouvait imaginer le moyen d’aller au-delà ! Cela dit, il fallait tout de même le trouver, ce moyen, n’est-ce pas ? Nous devions trouver ! Il fallait trouver ! L’héritage de Boulez, pour ma part, je l’ai mis de côté. Ça n’a pas été difficile pour moi de faire comme ça. Mais pour lui…enfin… j’imagine pour les jeunes gens qui le suivent, c’est impossible. On n’en voit aucun parmi eux qui soit vraiment à même de perpétuer cet héritage, n’est-ce pas ? Mais je le regrette pour lui, pour eux…

RM : Savez-vous qu’en France, des enfants ont joué Akhnaten et La Belle et la bête sur scène ? Sans chanter. En utilisant la bande-son des enregistrements officiels. Votre musique à l’Ecole primaire : est-ce un signe que vous êtes devenu un compositeur classique ?

PG : (éclats de rires) Je ne savais pas ça! Avec des costumes, une mise en scène ? Oh, mon dieu !!

RM : Si l’on vous dit que vos trois chefs-d’œuvre sont Koyaanisqatsi, Akhnaten et La Belle et la bête, êtes-vous d’accord ?

PG : Oh, vous pouvez dire cela ? Je ferais quant à moi un autre choix. Je dirais : Satyagraha, puis Kepler…et j’ajouterais Einstein on the beach.

RM : Quel est l’opéra dont vous êtes le plus fier ?

PG : Je pense que, de toutes façons, c’est Satyagraha. Et je vais vous dire pourquoi : c’est parce qu’il continue d’avoir une influence sur le Monde au quotidien. Il a été repris récemment à New York et à Londres et la presse a été très laudative.

RM : Vous avez réconcilié beaucoup de nos contemporains avec l’art lyrique du XXème siècle. Assister à une représentation d’un de vos opéras est effectivement toujours une expérience puissante pour chaque spectateur, d’où qu’il vienne, qu’il soit ou pas néophyte…

PG : Oui, mais vous savez, Satyagraha, par exemple, véhicule des idées de changement sur l’évolution de la société. Sans violence. C’est une idée fondamentale. La plus importante de toutes. Galileo Galilei et Akhnaten véhiculent eux aussi des idées importantes mais Satyagraha va plus loin encore, au cœur du problème : le problème du changement social. Voyez la Syrie aujourd’hui. Ce pays se détruit lui-même. La Syrie se tue elle-même, n’est-ce pas la vérité ? Le pays est contre lui-même. Et cela n’est pas propre à la Syrie. Vous voyez cela ailleurs. A l’intérieur d’une même nation mais également entre nations! Comment dire : comme s’il y avait un goût pour la violence. C’est la joie mondiale, n’est-ce pas ? C’est incroyable, ce goût pour la violence ! On peut même parler d’un véritable appétit. On le remarque partout. J’ai peur pour mes 4 enfants. Comment peut-on préparer les enfants pour le Monde au quotidien ?……..

RM : Avec la Musique ?

PG : Oui, certainement. Néanmoins on rencontre la violence partout.

RM : Votre très beau Galileo Galilei (2002) vient de paraître sur votre label Orange Mountain Music…Sur les 25 opéras que vous avez composés, 6 manquent encore au catalogue. Une intégrale discographique de vos opéras est-elle programmée ?

PG : Oh oui, bien sûr ! Ca viendra mais je ne sais pas quand. Cela dit, maintenant, on fait aussi des films avec les opéras. On peut dire que dorénavant, il en y en aura pour les oreilles mais aussi pour les yeux.

RM : Aucun livre en français sur vous. Pourquoi ?

PG : Il y a une bonne raison à cela. Les Français aiment beaucoup les idéologies. Et je parle très peu d’idéologie. Je ne construis pas un bâtiment idéologique.

RM : Donc pas de Festival façon Bayreuth avec les 26 opéras de Philip Glass …

PG : Ah, ça, ce n’est pas la même chose. Je voulais dire : pas d’idéologie commode pour les écrivains, ou pour les philosophes…Le problème c’est que je ne parle pas beaucoup d’idéologie dans la musique. Parce que je crois que, comment dire… pour comprendre la musique…je crois vraiment que l’on comprend la musique avec le cœur, pas avec l’esprit. Le cœur, pas la cérébralité.

RM : Il existe un livre en français sur John Adams, qui est pourtant un de vos hétitiers. Personne, en France, ne vous a demandé d’écrire un livre sur vous ?

PG : Non. Il est plus facile d’écrire un livre sur lui que sur moi (rires). J’ai écrit quelque chose en anglais, qui n’a pas encore été traduit car ce n’est pas achevé. Ce le sera peut-être cet été. Il me faut encore 6 mois. La première mouture est faite. J’en suis à la deuxième. Il en faudra, comme c’est l’usage, une troisième. Ce sera un livre d’environ 250 pages….

RM : Et si je vous confiais, pour finir, que je me suis adressé à un éditeur pour écrire un livre sur vous et que l’on m’a demandé d’attendre…

PG : (rires): Pourquoi attendre ?…

Propos recueillis à Saint-Etienne, le 17 janvier 2014

Crédits photographiques : © Jack Mitchell

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