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Autour de Pelléas à l’Opéra-Comique : la musique d’orchestre

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Opéra-Comique. 26-II-2014. Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après-midi d’un faune L87 ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Pelléas et Mélisande op.80 ; Ernest Chausson (1855-1899) : Symphonie en si bémol majeur op. 20. Orchestre des Champs-Elysées, direction : Louis Langrée.

louis langrée 2012Après l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique en 2010, c’est l’Orchestre des Champs-Elysées qui prête à Pelléas les couleurs des instruments d’époque. On était donc curieux de les voir aborder le répertoire symphonique des années 1890. Il y a en effet encore beaucoup à faire dans ce domaine.
L’orchestre se caractérise avant tout ce soir par la pondération des masses sonores, car les cordes sont moins d’une dizaine par pupitre. C’est assez pour donner un tour nouveau à la Symphonie de Chausson, qui évite ici la lourdeur cuivrée dont on l’accable trop souvent. Pour le reste du programme, on ne peut pas dire que l’authenticité apporte quelque chose de flagrant. Les couleurs instrumentales sont généralement assez belles (surtout les cors et le hautbois), mais pour certaines trop discrètes (la clarinette), et parfois même peu amènes (les tenues sans vibrato des violons).
Cela dit, les interprétations sont en elles-mêmes dignes d’éloge, obtenant à la fois une cohérence du mouvement général et un riche détail. Dans la première partie (le Faune et les quatre pièces de Fauré — orchestrées par Koechlin — écrites pour accompagner la pièce de Maeterlinck), on peut faire deux observations de détail. La première est la respiration malheureuse de la flûte au milieu de la phrase initiale de Debussy. Une réaction au trac, peut-être, car l’artiste fait preuve par la suite d’une belle rondeur et d’une élégante simplicité. Le second problème se manifeste dans les deux œuvres : il s’agit d’un manque de cohérence des coups d’archets. Cela n’aide sûrement pas à la qualité d’un son de cordes dont on a déjà dit la fragilité.
Quelle œuvre vivifiante que la Symphonie de Chausson ! Et quelle variété d’effets elle offre ! L’Orchestre des Champs-Elysées semble plus enthousiaste dans cette seconde partie. La cohésion des cordes s’en trouve améliorée. Le premier mouvement est remarquablement bien mené : après une entrée en matière efficace, le thème de l’Allegro vivo pourra sembler lancé avec un rien de nonchalance. Mais les cordes le reprennent bientôt avec flamme, avant un développement riche de beautés et de climats divers. Ensuite, le Très lent avance tout de même d’un bon pas, ce qui permet de beaux ralentis lors des transitions et n’empêche pas d’heureuses interventions des cuivres. Enfin, le dernier mouvement, qui commence avec une vigueur appréciable, se termine de façon décevante. La fatigue semble gagner à peu près tous les pupitres, à moins que ce ne soient les effets de la chaleur, toujours redoutable dans cette salle, sur la justesse. En outre, peut-être pour limiter ces problèmes, le chef choisit de prendre le choral de cuivres (noté « Grave ») à un tempo assez rapide, et d’élargir le mouvement lors de la reprise du thème par les cordes. L’ampleur de la conclusion s’en trouve notablement amoindrie, et ce n’est pas l’emphase qui peut la remplacer.

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