Lionel Lhote, Pancione de grande classe à Tours

La Scène, Opéra, Opéras

Tours. Grand Théâtre. 25-V-2014. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Falstaff, opéra en 3 actes sur un livret d’Arrigo Boito. Mise en scène : Gilles Bouillon. Décors : Nathalie Holt. Costumes : Marc Anselmi. Lumières : Michel Theuil. Avec : Lionel Lhote, Falstaff ; Isabelle Cals, Alice Ford ; Enrico Marrucci, Ford ; Nona Javakhidze, Quickly ; Delphine Haidan, Meg Page ; Norma Nahoun, Nanetta ; Sébastien Droy, Fenton ; Eric Vignau, Caius ; Antoine Normand, Bardolfo ; Antoine Garcin, Pistola. Chœurs de l’Opéra de Tours (direction : Emmanuel Trenque), Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, direction : Jean-Yves Ossonc

FALSTAFF Opéra de Tours - mai 2014 © François Berthon  7696A la grandeur tragique de Bérénice succède la fantaisie douce-amère de Falstaff, point final d’une saison d’opéra tourangelle particulièrement éclectique. La production, signée par l’inévitable , a été créée en mars 2007. Avouons-le, le metteur en scène nous a offert des partitions plus abouties ; ici, il se contente d’illustrer l’ouvrage, dans un cadre épuré, en ne reculant pas devant certains effets faciles. Il en résulte toutefois un spectacle heureux et roboratif qui vaut surtout par son approche du personnage de Falstaff, bouffe lorsqu’il le faut mais capable par instants d’afficher sa dignité et sa lucidité, rond mais jamais pesant tel que l’a défini . Le chevalier ne s’est pas totalement effacé derrière le rustre…

Cette conception est servie à merveille par un épatant , parfaitement en voix, qui dresse un portrait subtil et, en définitive touchant, de Sir John. Comme, de plus, l’instrument est puissant et homogène, la conduite du chant exemplaire, nous succombons sans réserve à cette interprétation de haute classe.  se distingue également dans un Ford arraché à sa raideur et bien chantant, tandis que chante un Fenton intègre mais manquant légèrement de séduction vocale. Les autres rôles masculins sont trop chargés pour être jugés. Côté féminin, la palme revient à la gracieuse , Nannetta pleine de fraîcheur et capable de piani envoûtants : la chanson de la reine des fées est un réel instant de grâce. Ni , qui peine à contrôler le vibrato dans l’aigu, ni ne marquent les mémoires. Nous nous sommes interrogés récemment sur l’identité vocale de : une chose est sûre, elle n’est possède pas le registre grave de Quickly et se sert d’expédients pour venir à bout du rôle.

La matinée a en fait deux triomphateurs : et . Le chef d’orchestre et directeur a deux territoires d’élection : la musique française des années 1850-1914 et le répertoire verdien. Il dirige ce Falstaff avec une aisance confondante, se jouant de la juxtaposition des timbres et des voix et menant la comédie à un rythme allègre et une mise en place parfaite. Au-delà de sa qualité intrinsèque, l’orchestre a atteint un niveau de connivence qui lui permet de répondre à toutes ses sollicitations, à l’image de son corniste soliste. Comble d’élégance, a tenu, avant le début de la représentation, à faire applaudir l’inoxydable , présent dans la salle.

Crédit photographique : Lionel Lhote (Falstaff) © François Berthon / Opéra de Tours

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