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Natalie Dessay revient au classique à Gaveau

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Salle Gaveau, 27-V-2014 : Clara Schumann (1819-1896) : Liebst du um Schönheit, Geheimes Flüstern hier und dort, Sie liebten sich beide, Er ist gekommen in Sturm und Regen ; Johannes Brahms (1833-1897) : Lerchengesang, Meine Lieder, Geheimnis ; Henri Duparc (1848-1933) : Au pays où se fait la guerre, Extase ; Richard Strauss (1864-1949) : Ich schwebe, Wasserrose, Die Naght, Frühlingsgedränge ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Après un rêve, Clair de lune, Prison, Mandoline, En sourdine ; Francis Poulenc (1899-1963) : Fiançailles pour rire (cycle de mélodies) ; Claude Debussy (1962-1918) : Apparition, La Romance d’Ariel. Natalie Dessay, soprano ; Philippe Cassard, piano.

Dessay:Cassard1Après son duo en chanson et à succès avec Michel Legrand et alors qu’elle démarre un quatuor féminin aux influences brésiliennes avec notamment Agnès Jaoui, revenait salle Gaveau à la musique classique avec , avec un programme qu’ils défendent à travers le monde : mélodies et lieder, la plupart composés dans la seconde moitié du 19e siècle.

La première partie est dominée par les lieder, de , Brahms et Strauss, avec deux mélodies de Duparc. Ce sont essentiellement des chansons d’amour (comme l’ensemble du programme) d’expressions légères ou graves, éthérées ou solennelles, caractères que tente de faire ressortir. Si son timbre, clair et si particulier, se prête à quelque chose au-delà du réel, le même aspect de sa voix nous donne une certaine frustration dans une musique qui « pèse », comme les morceaux de Strauss ou Au pays où se fait la guerre de Duparc. A quoi s’ajoute une diction parfois assez floue en allemand, ce qui diminue quelque peu le charme naturellement rigoureux et robuste de cette langue…

Dans la deuxième partie, consacrée entièrement à la mélodie française, la chanteuse semble se trouver plus à l’aise, en jouant avec la délicatesse et la subtilité propres au genre, sans toutefois se priver des notes d’humour dans le recueil Fiançailles pour rire de Poulenc (notamment un côté cabaret dans « Violon »). Elle accompagne le chant de quelques gestes spontanés, qui illustreraient les paroles et la musique : son talent de comédienne est bien partie intégrante de son interprétation. Et pourtant, ce timbre, toujours, empêche le changement de couleur, d’état d’âme, de sensation, en bref, ces éléments qui devraient être très différents d’une pièce à l’autre. Ainsi, même la pesanteur de Mon cadavre est doux comme un gant (Poulenc), malgré sa façon de chanter adaptée, se confond avec la joie tendre de Geheimes Flüstern () ou le doux paysage amoureux de La Romance d’Ariel (Debussy).

Quant à , il est à l’apogée de son art. Le piano ne s’affirme pas pour s’affirmer, mais il est là pour mettre la voix en grande valeur, avec une multitude de coloris et d’expressions, pour donner le maximum de richesse à chaque musique.

Ensemble ils donnent trois bis, Chausson, Rachmaninov et Delibes, variant à chaque fois le plaisir d’écouter une magnifique harmonie entre une belle voix et un piano chatoyant.

Crédit photographique : Natalie Dessay et Philippe Cassard © Marc Ribes – Erato

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