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Intégrale de l’œuvre pianistique de Ullmann par Christophe Sirodeau

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Viktor Ullmann (1898-1944) : Intégrale des œuvres pour piano solo. Sonate n°1 op.10 ; sonate n°2 op.19 ; Sonate n°3 op.26 ; Sonate n°4 op.38 ; Sonate n°5 op.45 ; Sonate n°6 op.49 ; Soante n°7 ; Variations et double fugue op.3a. Christophe Sirodeau, piano. 2 cds BIS 2116. Code barres : 7318590021163. Enregistré en février/mars 2010 (sonates 1-4), et septembre/octobre 2012 à l’église évangélique Saint Marcel, Paris. Livret trilingue (anglais, allemand, français) de Christophe Sirodeau, excellent commentaire. Durée totale : 125′

 

Les Clefs d'Or 2014

51KsjNUzaaL écrivit ses sept sonates entre 1936 et 1944. La série fut interrompue par l’assassinat du compositeur en octobre 1944 à Auschwitz.
Une unité stylistique les caractérise, ainsi qu’une grande densité d’écriture, rythmique et harmonique. En complément de cette intégrale des œuvres achevées pour piano, les Variations et double fugue sur un thème d’Arnold Schöenberg (op.19/4).

Ullmann est bien l’homme de son temps qui considère le piano autrement que meuble de salon. , qui a peu enregistré, marque une fois de plus son intérêt pour les raretés éditoriales. On écoutera d’ailleurs avec intérêt des sonates de Feinberg sorties chez le même éditeur.

Le Grand Steinway D mis à sa disposition possède assez de brillance et d’assises pour être un partenaire privilégié de l’interprète, très engagé dans son programme. Engagé parce qu’on ne peut pas jouer ces œuvres sur le bout des doigts et que personnellement a dédicacé cet album à la mémoire de sa famille du côté maternel éliminée méthodiquement par les nazis entre 1942 et 1944. Peut-être y trouvera-t-on une des raisons à la fougue des tempos qu’il imprime en permanence au texte. L’intensité interprétative ira croissante, entre les quatre premières composées à Prague avant sa déportation et les trois dernières toutes écrites dans les conditions qu’on imagine au camp « culturel » de Theresienstadt. L’excellent livret en français rédigé par le pianiste nous apprend beaucoup d’éléments sur les conditions et le contenu de ces œuvres.

On ne devrait pas tant parler de Ullmann aujourd’hui comme principalement une victime du nazisme mais bien le considérer comme un auteur à part entière, qui connut certes une fin tragique, mais qui, au regard de l’histoire de la musique, a son mot à dire.

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