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Flâneries musicales de Reims et les jeunes interprètes

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Depuis 3 ans, les Flâneries musicales de Reims mettent en valeur des jeunes interprètes talentueux à l’aube de leur carrière prometteuse. Devenue une véritable institution, cette série de trois concerts – sous le titre générique de « débuts » – est une occasion de belles découvertes pleines d’espoir. Pour l’ensemble du festival, qui fête cette année ses 25 ans, la diversité de la programmation est renforcée, comme le groupe Tram des Balkans jouant avec la claveciniste Violaine Cochard.

Boisseau et DahaeneDes trois concerts des « débuts », nous avons assisté à deux. D’abord un récital de l’altiste et du pianiste , rassemblant des œuvres romantiques allemandes, le 25 juin au soir, au Conservatoire.

Né en 1991, est déjà lauréat de nombreux prix, dont « Jeune Artiste de l’année 2014 » de l’International Classical Music Award (ICMA) pour le plus récent. Son jeu relève d’un grand lyrisme et d’une élégance, notamment dans Schumann (Märchenbilderop. 113 etPhantasiestückeop. 73). Dans la Sonate pour Arpeggionede Schubert, il fait chanter amplement chaque thème, dans un tempo assez retenu parfois, tout comme dans Schumann. Dans Brahms (Sonaten° 1 en fa mineur op. 120), il fait preuve d’un dynamisme, aidé par le pianiste Gaspard Dehaege qui a une musicalité innée.

Tétreault et ScarfoneLe jeudi 26 à 21 heures, deux Canadiens, le violoncelliste et la pianiste Marie-Eve Scarfone, font sensation. A 20 ans, a toutes les qualités d’un grand musicien : le sens du chant, une virtuosité incontestable, la construction réfléchie de l’œuvre, une large palette de couleurs sonores… tout cela est dominé par une profondeur surprenant pour son jeune âge. Il n’est donc pas étonnant que dès les premiers morceaux (Divertimento en ré de Haydn arrangé par Gregor Piatigorsky) il recueille des applaudissements plus que nourris. De ce classicisme viennois il passe au romantisme de Brahms avec Sonate n°1 en mi mineur, où la gravité et la maturité dans son expression nous étonnent encore, notamment dans des passages calmes avec un piano ou un pianissimo d’une grande profondeur. Dans la Sonate en sol mineur de Rachmaninov, c’est l’éclatement de sa virtuosité, mais sans qu’il ne tombe uniquement dans une technicité fulgurante. Sa complicité avec Marie-Eve Scarfone – musicienne accomplie elle aussi – contribue à créer des moments musicaux impressionnants et inoubliables. Notons que le piano est placé presque verticalement par rapport à salle, la pianiste tournant le dos à l’auditoire, afin de favoriser les contacts oculaires avec le violoncelliste et créant un excellent équilibre entre les deux instruments. En bis, Le Cygne de Saint-Saëns et La Méditation de Thaïs de Massenet, deux pièces qui en disent long sur le sens du chant du jeune homme.
Le 25 juin à 16 heures, à la Salle basse (qui remonte à l’époque carolingienne) du Palais du Tau, et concoctent un programme « Rameau en couleur : ouvertures et concerts mis en simphonie (sic) ». En cette année Rameau, le flûtiste arrange quelques Pièces de clavecin en concert, écrites initialement avec accompagnement du violon et de la viole, pour donner les couleurs d’un petit ensemble orchestral, suivant l’exemple d’un coloriste qu’était notre compositeur dijonnais. Chaque pièce est annoncée avant l’exécution, augmentant l’attente d’une recréation imaginative. Outre ces Concerts, nous entendons trois ouvertures, des Indes galantes, de Zaïs et de Pygmalion, et la Gavotte et ses doubles des Nouvelles suites de clavecin, toujours avec des commentaires plein d’humour de .

Le 26 juin à 19 heures, dans le parc du Champagne G. H. Mumm, le concert en plein air par la claveciniste et le groupe nous emmène dans un univers baroque-world-rock-électro-traditionnel, avec des arrangements tout en liberté de Vivaldi (La Follia), de Bach (Badinerieet Prélude n°2 du Clavier bien tempéré) ou de chansons de Frescobaldi et Landi, selon le programme imprimé. Mais ils jouent également beaucoup d’autres pièces de leur composition et arrangements, à la sauce orientale ou tsigane mêlées parfois de chant diaphonique. Débordants d’énergie, les musiciens offrent ainsi un nouveau type de mélange à la fois savant et populaire, montrant de grandes possibilités musicales crossover.

soeurs BizjakLe 27 juin à 16 heures, au parc du Champagne Canard-Duchêne à Ludes, Sanja et nous emmènent dans les salons français du 19e siècle et dans l’Amérique du 20e, avec (Sonateen fa mineur), (Six pièces romantiquesop. 55), (Souvenirsop. 28) et (Le Bœuf sur le toit). D’un caractère dramatique d’Onslow, compositeur que l’on découvre à peine depuis quelques années, jusqu’au joyeux défilé de fragments musicaux aux teintes fortement populaires de Milhaud, en passant par les charmantes pièces de caractère de Chaminade et Barber, le duo de deux sœurs, certainement le plus brillant de la jeune génération, fait vivre ces morceaux oubliés (excepté Milhaud) avec une interprétation moderne et dynamique.

Crédit photographique : Adrien Boisseau et ; et Marie-Eve Scarfone ; Sanja et © Axel Coeuret

 

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