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Michael Volle voyage avec Schubert à Munich

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Munich. Prinzregententheater. 21-VII-2014. Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise (Le Voyage d’Hiver) D. 911, cycle de mélodies sur des poèmes de Wilhelm Müller. Michael Volle, baryton ; Helmut Deutsch, piano.

Photo Wilfried Hösl

Ce devait être René Pape, ce fut . Tessiture proche, donc, mais programme bien différent, puisqu’au lieu de la large sélection prévue par René Pape a choisi d’interpréter le plus connu de tous les cycles romantiques. Le changement de soliste et de programme n’a pas diminué ni l’affluence (la salle est pleine malgré la possibilité de remboursement offerte), ni l’enthousiasme du public, qui accueille le chanteur avec de longues ovations à la fin du cycle.

a une longue relation avec l’Opéra de Munich, qui a passé par quelques années d’engagement dans la troupe et une brouille momentanée avec l’intendant actuel Nikolaus Bachler, qui ne l’en a pas moins invité, il y a quelques semaines, pour le rôle titre du Guillaume Tell  de Rossini. Volle a cependant aussi un attachement très fort au lied, et il est bien évident que son timbre glorieux, admirablement projeté et expressif, trouve aussi à s’y employer. On pouvait cependant craindre ici une certaine tendance à la véhémence qui vient chez lui parfois dépasser un peu les nécessités rhétoriques des partitions qu’il interprète : il n’en est rien, et même si Volle ne se refuse pas dans les quelques lieder les plus tourmentés le plaisir de laisser parler les décibels, il le fait généralement à bon escient.

D’où vient pourtant la légère insatisfaction qu’on ressent tout au long du concert ? Peut-être, en partie, de , qui pourtant connaît la partition comme personne et sait se mettre au service des chanteurs ? Ce serait un peu injuste, mais c’est que notre oreille est pervertie par toutes ces grandes rencontres, quand Brendel, Richter ou Pollini sont venus dialoguer avec les grands chanteurs de leur temps : ici, le pianiste n’est qu’un accompagnateur, si compétent soit-il. Mais aussi, il faut bien le dire, du chanteur, qui ne parvient pas toujours à se plier au travail de miniaturiste qui est celui du lied : une fois la couleur générale de chaque lied posé, cette voix habituée aux grands espaces de l’opéra n’a plus la souplesse nécessaire pour différencier les différentes strophes, ou même pour mettre en valeur les subtils changements d’éclairage qui dans l’écriture de Schubert marquent les états d’âme du narrateur. Mettons-le sur le compte de cette situation difficile qu’est un remplacement, même avec préavis.

Crédit photographique : © Wilfried Hösl

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Munich. Prinzregententheater. 21-VII-2014. Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise (Le Voyage d’Hiver) D. 911, cycle de mélodies sur des poèmes de Wilhelm Müller. Michael Volle, baryton ; Helmut Deutsch, piano.

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