L’orchestre de la Radio Bavaroise montre ses muscles

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Munich. Herkulessaal. 13-XI-2014. Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 9 du nouveau monde ; Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition dans l’orchestration de Maurice Ravel. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise ; direction Mariss Jansons.

Jansons BRSO répétition 12.11.14 dirige l’ dans Dvořák et Moussorgski.

La Herkulessaal, la salle où l’orchestre de la Radio Bavaroise donne la plupart de ses concerts, a beaucoup de défauts : sa contenance (1300 places seulement, malgré l’étroitesse des sièges) est nettement insuffisante pour le public de l’orchestre, même si les concerts sont toujours doublés ; le parterre est ainsi fait qu’on n’y voit que les musiciens en bord de plateau ; et surtout la sortie du public et l’accès aux vestiaires fait passer l’heure de pointe du métro parisien pour le désert de Gobi.

La réflexion sur la construction d’une nouvelle et très nécessaire salle de concert dure depuis tellement longtemps qu’il n’y a pas de raison qu’elle s’arrête ; pourtant, avouons-le : entendre un concert comme celui-ci dans une salle à taille humaine, qui supporte les grands effets orchestraux sans interdire l’intimité, est un véritable privilège qu’il faut apprécier à sa juste valeur.

Ce qui réunit les deux œuvres de ce soir, plutôt qu’une introuvable parenté stylistique, n’est pas seulement l’ambition descriptive, des grandes plaines américaines à la place du marché de Limoges : c’est surtout que ces deux œuvres sont de celles qui permettent à un orchestre de briller à bon prix, avec du travail à foison pour tous les solistes possibles ; aucune déception possible avec l’orchestre de la Radio bavaroise, où chaque soliste apporte une touche personnelle qui va bien au-delà de la simple et finalement banale perfection instrumentale. est de ces chefs qui savent mettre en valeur les qualités de ses musiciens, et sa maîtrise du discours orchestral chez Dvořák, son sens des contrastes chez Moussorgski et Ravel, enthousiasment à juste titre le public comme ils le feront certainement lors d’une vaste tournée en Asie dans les deux prochaines semaines. Il faut avouer, cependant, qu’il y manque encore ce qui fait le prix des meilleurs concerts de cet orchestre avec ce chef, le sentiment d’une nécessité, d’une âme sensible qui emporterait tout à fait. Un très beau concert, sans nul doute, mais dont la beauté manque d’émerveillement.

Photo : Répétition générale, 12 novembre 2014 , crédit BR

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