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Mohamed Hiber, un jeune violoniste français au grand lyrisme

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Auditorium du Louvre, 12-II-2015. Antonin Dvořák (1841-1904) : Romance en fa mineur op. 11 ; Eric Tanguy (né en 1968) : Mélancolie ; Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : « Mélodie » en mi bémol majeur, extrait de Souvenir d’un lieu cher op. 42 ; Valse scherzo en ut majeur op. 34 ; Richard Strauss (1864-1949) : Sonate en mi bémol majeur op 18. Mohamed Hiber, violon ; Itamar Golan, piano.

Mohamed HiberRemarqué par Daniel Barenboïm qui l’invite pour être premier violon du West-Eastern Divan Orchestra, le francilien donne un récital au Louvre qui remporte un grand succès.

Si son nom ne dit encore rien à de nombreux mélomanes, ils l’ont certainement déjà vu dans le célèbre West-Eastern Divan Orchestra, à la première place des violonistes, à côté du chef d’orchestre. Né en 1995, commence le violon à sept ans et intègre le CRR puis le CNSDM de Paris. En 2013, il prend la seule place disponible dans la classe de violon de la célèbre école de la Reina Sofia, à Madrid.

A midi et demi, à l’Auditorium du Louvre plein à craquer, on découvre un talent, accompagné de l’excellent . Il séduit immédiatement la salle par sa belle sonorité généreuse et par son lyrisme incontestable. Après le romantisme tardif de Dvořák, il cède à la mélancolie inquiétante et changeante, imaginée en 2000 par Eric Tanguy, mais sans quitter une seule seconde sa richesse lyrique : comme une évidence, il trouve une poésie, même dans des motifs et des fragments qui paraissent assez épars.

Pour Tchaïkovski, il continue à chanter amplement dans la Mélodie, tandis qu’il montre une facette espiègle dans la Valse Scherzo, avec une légèreté aérienne associée au son dense et serré. Ces deux éléments semblent contradictoires mais cohabitent chez lui sans aucune contrainte, ce qui est une qualité rare. La Sonate de offre en quelque sorte la synthèse de ce qu’on a entendu chez ce violoniste : grande facilité technique, très belle fluidité musicale et dynamisme de la jeunsse. La vivacité du violoniste se conjugue avec la fraîcheur de la musique, composée par un génie de 24 ans, notamment dans les deux mouvements extrêmes, mais c’est encore une fois par le beau chant de l’Andante qu’il convainc l’auditoire. C’est décidément son point fort ! Et il le sait plus que quiconque, puisqu’il choisit en bis La Méditation de Thaïs, de Massenet, dont on sait ô combien la beauté mélodique est précieuse !

Crédits photographiques © DR

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