Festival Un violon sur le sable, une formule bien rôdée
Pour sa 39e édition, le festival Un violon sur le sable qui se tient à Royan et ses alentours chaque année fin juillet, confirme son succès grâce à une formule bien rodée. Mêlant solistes star et jeunes talents, orchestre symphonique et instruments originaux, « Le Violon » arrive à fédérer un très large public.
Allongés sur le sable devant la scène, sur des sièges pliants bas ou hauts, les festivaliers, ont pris place, parfois depuis le matin, devant la grande scène de la plage de Royan pour assurer leur place, gratuite, pour chacune des trois grandes soirées du Violon sur le sable. Derrière eux, les tribunes, payantes, sont, elles aussi, noires de monde. Chaque soirée totalise plus de 30 000 spectateurs, grâce à une programmation éclectique et des musiciens de talent venant d’horizon divers pour composer l’orchestre symphonique du festival. Ainsi, les musiciens de l’Orchestre national de Bordeaux Aquitaine, des Pays de la Loire, du Capitole de Toulouse, de Paris ou encore de la Garde nationale sont fidèles au poste depuis des années, face au chef d’orchestre Jérôme Pillement qui se plaît à partager avec le public son amour de la musique.
Pour la première soirée, malgré une météo capricieuse, le public est nombreux pour entendre tout le brio des interprétations du ténor français Julien Dran dans Villi, Torna ai felici di de Puccini et de la soprano Vannina Santoni dans l’épineux Casto Diva de Bellini, et encore Stella Almondo au piano dans le 3ème mouvement du Concerto n°3 de Rachmaninov ou la trompette basse d’Hélène Escriva dans Music for a while de Purcell.
Le 28 juillet, la soprano Pretty Yende conquiert tous les cœurs avec l’air des bijoux du Faust de Charles Gounod, le chant à la Lune de Rusalka, du compositeur Antonin Dvorák et enfin La vie en rose, rendue mondialement célèbre par Edith Piaf. Comme chaque année, le chef d’orchestre qui introduit chaque morceau avec une anecdote sur le compositeur ou la pièce choisie présente un instrument peu connu : pour cette édition c’est au tour de l’étonnant harmonica de verre, joué par Thomas Bloch sur « Aquarium » du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. Mais c’est Astrig Siranossian, en solo, qui nous bouleverse en entonnant un chant traditionnel arménien avant de jouer le 3ème mouvement du Concerto pour violoncelle d’Aram Khatchatourian avec l’orchestre.
L’ancien danseur étoile de l’Opéra de Paris Karl Paquette, accompagné de Silvia Saint-Martin, se livre à un pas de deux guère inspiré sur le 2ème mouvement du Concerto pour piano n°2 de Chopin. L’autre pas de deux interprété par Laudeline Schor et Rémi Singer-Gassner ne brille pas non plus pas son originalité, mis à part la partie finale où les deux couples dansent à l’unisson en miroir.
En clôture du festival sur la plage de Royan, l’ouverture de My fair Lady de Frederick Loewe, Tzigane de Maurice Ravel avec le jeune soliste Luka Faulisi ou encore le 6ème mouvement de la Symphonie n°3 de Mahler sont au programme. Mais c’est aussi l’occasion de découvrir l’étonnant hang, instrument à percussion en métal créé au début de ce siècle par une société suisse et joué par le percussionniste allemand David Kuckermann, un des seuls musiciens à maîtriser les spécificités de cet instrument aux sonorités métallique qui n’est pas sans rappeler les steel bands des Caraïbes. Enfin, ce concert met en lumière d’une part le formidable ténor Cyrille Dubois, d’autre part la jeune pianiste Arielle Beck dans le complexe 3ème mouvement du Concerto pour piano de Grieg.

En marge de ces trois concerts symphoniques sur la grande plage de Royan, se tiennent d’autres performances dans les alentours de la station balnéaire. Ainsi, le 29 juillet, les quatre danseurs menés par Karl Paquette se produisent sur le green du golf de Royan, pour des pas de deux. Le duo formé par Paquette et sa partenaire, première danseuse à l’Opéra de Paris, Silvia Saint-Martin, se révèlent assez acrobatique et original, avec de nombreux passages au sol. Le second duo, très aérien, avec de nombreux portés permet notamment de voir une autre facette du talent des artistes Laudeline Schor, quadrille de l’Opéra de Paris et surtout Rémi Singer-Gassner, coryphée à l’opéra de paris, particulièrement impressionnant dans les sauts.
Entre les passages dansés, le premier chœur académique d’adolescents français, Acad’Ô Chœur livre une prestation remarquée avec des chansons agrémentés de petites chorégraphies. Le groupe, venu de Poitiers, interprète des chansons populaires en français et en anglais, pour agrémenter cette fin d’après-midi sur le gazon du golf de Royan.
Le jeudi 30, les cuivres de l’orchestre déplacent également les foules au kiosque de Pontaillac avec des morceaux marqués du sceau de l’Espagne, notamment des extraits de Carmen ou de la Danse du feu de Manuel de Falla.
Quant à la pianiste de 17 ans Arielle Beck, elle illumine les falaises de Talmont à l’heure du coucher du soleil pour le dernier spectacle du festival, le 1er août, avec un récital époustouflant, allant de Beethoven à Chopin, en passant par Mendelssohn, avec une virtuosité rare.
Autant dire que l’on attend avec impatience l’édition des 40 ans du festival créé en 1987 par Philippe Tranchet.













