Banniere-ClefsResmu-ok

Evgeny Nikitin et l’OPRL interprètent Wagner

La Scène, Opéra, Opéras

Liège. Salle philharmonique. 22-II-2015. Richard Wagner (1813-1883), extraits de Lohengrin, Tannhäuser, Le Vaisseau fantôme, Le Crépuscule des dieux et La Walkyrie ; Evgeny Nikitin, baryton-basse. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Christian Arming.

evgeny-nikitin-615_aline-paleyEn avant première d’un futur disque, l’, son chef et le baryton proposent un concert Wagner avec à peine quarante-cinq minutes de musique, ce qui peut sembler bien court lorsque l’on mobilise sur scène les larges effectifs wagnériens en plus d’un grand nom de la scène lyrique…

Si l’opéra n’est pas, par définition, le premier terrain de jeu de l’, son directeur musical entend bien le développer, fort de son expérience personnelle. Particulièrement friand des standards wagnériens, il a déjà dirigé la Tétralogie, mais en version miniature et sans paroles (l’arrangement de ) avec l’OPRL en 2013. Cette année, l’orchestre va au-delà des pages strictement orchestrales et s’associe au baryton-basse , star du Mariinsky de Saint-Pétersbourg (et des salons de tatouage) pour interpréter les scènes les plus fameuses de la Walkyrie ou du Vaisseau fantôme. En guise d’amuse-bouche, le court prélude de l’acte III de Lohengrin donne parfaitement le ton de la performance. L’orchestre est assez bien équilibré et les cordes s’affirment sans peine face au grand orchestre, discipliné et inspiré sous la baguette énergique de Christian Arming. Le tempo est judicieusement choisi. Pas trop rapide et sans esbroufe, mais avec une tension savamment entretenue dans chaque phrasé. Dans l’ouverture du Vaisseau fantôme, on perçoit les capacités du chef d’orchestre à donner vie aux images suggérées par la partition. Les pupitres de cordes nous donnent presque à toucher du bout des doigts les vagues menaçantes ou le vent qui claque sur le bateau du Capitaine maudit. On connait cependant les difficultés du répertoire abordé et force est de constater que les cors trébuchent ponctuellement sur les traits les plus difficiles.

Evgeny Nikitin possède certainement le charisme nécessaire aux héros wagnériens. Les moyens vocaux sont généreux sans être agressifs pour autant. Dans la Romance à l’étoile extraite de Tannhaüser , Christian Arming maîtrise parfaitement les rênes de son orchestre qui trouve sa juste place tantôt d’accompagnateur, tantôt de narrateur. Quant aux Adieux de Wotan à sa Walkyrie, nous les avons trouvés des plus réussis. Nous aurions tout au plus apprécié que l’orchestre qui clôt ces adieux sur la répétition du leitmotiv du « sommeil de Brünnhilde », soigne davantage le diminuendo progressif qui fait toute la beauté de ce final. Quant au glockenspiel très présent au travers de ces pages, nous espérons qu’au disque, il pourra se montrer moins présent à l’avant plan de l’image sonore.

Crédit photographique : Evgeny Nikitin © Aline Paley

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.