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Les contreténors contre attaquent

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Niccolò Jommelli (1714-1774) : « Spezza lo stral piagato » extrait de Tito Manlio; Nicola Porpora (1686-1768) : « Odi spietato Numi … Tu spietato no farai » extrait de Ifigenia in Aulide ; Baldassare Galuppi (1706-1785) : « A questa bianca mano » extrait de Penelope ; Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : « Crude furie » extrait de Serse, « Otton, Otton … Voi che udite il mio lamento » extrait de Agrippina ; Josef Mysliveček (1737-1781) : « Ti parli in seno amore » extrait de Farnace ; Johann Christian Bach (1735-1782) : « Ch’io parla » extrait de Temistocle ; Ferdinando Bertoni (1725-1813) : « Addio miei sospiri » extrait de Tancredi ; Johann Adolf Hasse (1699-1783) : « Ah, non è ver ben moi » extrait de Piramo e Tisbe. Avec : Max Emanuel Cencic, Yuri Minenko, Valer Sabadus, Xavier Sabata et Vince Yi, contreténors. Armonia Atenea, direction : George Petrou. 1 CD. Decca 478 8094. 63’48’’.

 

5 CTNeuf compositeurs pour cinq chanteurs ! Les cinq contreténors, en rien interchangeables font valoir des qualités différenciées. Au pupitre, fait des merveilles.

Les contreténors du moment seraient donc au nombre de cinq ! Et parmi cette sélection pour le moins arbitraire, dictée par la loi des contrats commerciaux, ne figurent ni le mieux doté vocalement de tous, Franco Fagioli, ni le plus musical, notre Philippe Jaroussky national. Passons donc sur cet effet de marketing pour le moins douteux, qui n’ira pas jusqu’à gâcher notre plaisir d’entendre cinq valeureux artistes aux qualités différentes mais tellement complémentaires. La réunion opérée par le label Decca aura en tout cas eu le mérite de rappeler que la voix de contreténor peut, comme toutes les autres, avoir des tessitures variables et des timbres spécifiques. À l’instar évidemment de celle des castrats d’autrefois, selon les cas plutôt « sopranos » ou plutôt « altos », dont ils interprètent ici le répertoire.

Dans la famille des « sopranistes » on trouvera donc le jeune Roumain , bien connu déjà des publics « baroqueux » de la planète. Sous la baguette incisive, dynamique et imaginative de , il trouve les couleurs qui font parfois défaut dans certaines de ses interprétations. La technique et la virtuosité, on le sait, ont toujours été exemplaires. Légèrement plus haut perchée, la voix du Sud-coréen ne parvient pas à convaincre, en raison de l’acidité et de l’aigreur de son timbre.

Parmi les contreténors plutôt « mezzo », on dénombre une valeur sûre, , ainsi que deux jeunes gloires montantes, et . Du premier, on retrouve le timbre doré toujours aussi envoutant, doté de ce léger grelot qui, dans l’air de Galuppi, pourrait presque se faire un rien déstabilisant. Des deux autres, on appréciera tout particulièrement la rondeur et la chaleur de la voix de l’Espagnol , même si elle n’a sans doute pas la puissance de celle du Russe , très convaincant dans le redoutable « Crude furie » du Serse de Haendel.

Emprunté aux ouvrages de neuf compositeurs de l’ottocento, tous nés entre 1685 et 1735, le programme fait état autant de la primauté des conventions d’écriture de la période que de la diversité stylistique de musiciens de génie. À la tête de son ensemble , qui ne cesse de nous enchanter depuis sa création, l’indispensable George Petrou donne à cet album l’unité et la variété que ne faisait pas espérer le titre accrocheur, pour ne rien dire du ridicule de la pochette.

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Niccolò Jommelli (1714-1774) : « Spezza lo stral piagato » extrait de Tito Manlio; Nicola Porpora (1686-1768) : « Odi spietato Numi … Tu spietato no farai » extrait de Ifigenia in Aulide ; Baldassare Galuppi (1706-1785) : « A questa bianca mano » extrait de Penelope ; Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : « Crude furie » extrait de Serse, « Otton, Otton … Voi che udite il mio lamento » extrait de Agrippina ; Josef Mysliveček (1737-1781) : « Ti parli in seno amore » extrait de Farnace ; Johann Christian Bach (1735-1782) : « Ch’io parla » extrait de Temistocle ; Ferdinando Bertoni (1725-1813) : « Addio miei sospiri » extrait de Tancredi ; Johann Adolf Hasse (1699-1783) : « Ah, non è ver ben moi » extrait de Piramo e Tisbe. Avec : Max Emanuel Cencic, Yuri Minenko, Valer Sabadus, Xavier Sabata et Vince Yi, contreténors. Armonia Atenea, direction : George Petrou. 1 CD. Decca 478 8094. 63’48’’.

 
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